Satoshi Kon
Le réalisateur de Paprika, Satoshi Kon est mort le 24 août 2010… Satoshi Kon est né le 12 octobre 1963 à Kushiro, ville à l’est de l’île Hokkaidō, au nord du Japon. Depuis son enfance, il s’intéresse à l’animation et notamment celle de science-fiction comme Yamato (1974), Conan, le fils du futur (1978) ou encore Mobil Suit Gundam (1979). À sa sortie du lycée en 1982, il commence des études de design visuel à l’Université d’Art de Musashino, dans la banlieue de Tokyo. A cette époque, il s’intéresse au cinéma américain et devient également un lecteur assidu des romans de l’hyper fictionaliste Yasutaka Tsutsui.
En parallèle à ses études, il dessine son premier manga, Toriko, parue en 1985 dans la revue Young Magazine, qui remporte le prix Tetsuya Chiba d’excellence pour débutant. Il travaille ensuite avec Katsuhiro Otomo en tant qu’assistant sur le manga Akira. Après avoir fini ses études en 1987, il continue dans le milieu du manga et publie en 1991 Kaikisen, première de ses œuvres étant sorti en format relié aux éditions Kodansha. Avec son mentor Katsuhiro Ōtomo, il participe la même année au film-live, World apartment horror, dont il fait une adaptation en manga.
Toujours en 1991, il fait ses premiers pas dans l’animation avec l’OAV Roujin Z où il occupe le poste de concepteur des décors. C’est là encore Katsuhiro Ōtomo, lui-même au scénario, qui forme son ancien assistant au métier d’animateur. Satoshi Kon continue dans cette voie et participe à plusieurs projets dont le film Patlabor 2 de Mamoru Oshii. Il collabore par la suite avec ce dernier sur le manga Seraphim (1995-1996) puis finalement décide d’arrêter le manga pour se consacrer à l’animation.
En 1995, il travaille sur le nouveau projet de Katsuhiro Ōtomo, le film omnibus Memories où il s’occupe du layout, du design des décors et du scénario sur le segment Magnetic Rose. C’est à cette occasion que Satoshi Kon va pour la première fois utiliser la notion de la réalité subjective sur l’une des scènes du film qui n’était pas prévu par le script orignal.
C’est en 1993, alors qu’il travaille sur les OAV de JoJo’s Bizarre Adventure, que lui vient l’idée de passer à la réalisation, souhaitant pouvoir contrôler l’ensemble du processus créatif d’une œuvre.
Ca sera chose faite en 1997, avec la réalisation de son premier film d’animation, Perfect Blue, tiré d’un roman de Yoshikazu Takeuchi. Il met en scène une jeune idole pop qui décide de réorienter sa carrière vers le cinéma et la télévision. Ce film, première collaboration avec le studio Madhouse, devait être à l’origine un OAV mais parait finalement dans les salles. Lors de l’élaboration du film, Satoshi Kon n’était pas du tout satisfait du scénario proposé par l’auteur original et demanda à ce qu’il soit modifié On finit par lui accorder carte blanche à condition que les thèmes « idole », « horreur » et « stalker » soit présente dans l’histoire. Il a donc considérablement remanié le scénario avec l’autre scénariste, Sadayuki Murai, en y incorporant la notion de réalité subjective qu’il avait déjà esquissé dans Magnetic Rose.Le film connait un fort succès et se voit récompenser dans plusieurs festivals spécialisés.
Après Perfect Blue, Satoshi Kon veut adapter le roman Paprika de Yasutaka Tsutsui, dont il est un grand fan. Cependant, l’entreprise de production avec qui il veut collaborer fait faillite et le projet est rangé au placard. Parallèlement, un des producteurs de Perfect Blue, séduit par le concept de réalité subjective, demande à Satoshi Kon de réaliser un nouveau film développant la même thématique.
C’est chose faite en 2002 avec Millennium Actress, film qui raconte la vie d’une grande actrice de cinéma ayant mystérieusement arrêté sa carrière alors qu’elle était à son apogée. Les scènes de cinéma ayant marqué sa carrière s’entrecroisent avec les événements qui ont réellement influencé sa vie. Film à petit budget comme Perfect Blue, le film connait un succès encore plus grand que le précédent et gagne encore plus de récompenses. Une fois encore, il collabore avec le scénariste Sadayuki Murai avec qui il co-signe le scénario et développe la aussi la notion de réalité subjective. Cependant, il joue davantage sur les notions de trompe l’œil ainsi que sur la perte de la notion du temps.
En 2003, il réalise son troisième film, Tokyo godfathers, dont les personnages principaux sont trois sans-abris à Tokyo qui, la veille de Noël, trouvent un bébé abandonné dans les ordures et décident de retrouver ses parents. Film au budget un peu plus élevé (2,4 millions de dollar environ) que ses précédentes réalisations, Satoshi Kon abandonne cette fois-ci la réalité subjective pour la comédie et des thématiques plus sociales comme l’exclusion ou la fuite des réalités. Il change également de co-scénariste, s’appropriant les services de Keiko Nobumoto, connue pour avoir signée les scénarios des séries animés Cowboy Bebop et Wolf’s Rain.
L’année suivante, il réalise sa première série télévisée Paranoïa Agent, composée de treize épisodes. Cette fois-ci, il renoue avec le fameux thème fiction-réalité et aborde de nombreux thèmes plus sociaux. La série, animée par le Studio Madhouse comme l’ensemble de ses films, est à la base un projet visant à travailler les idées qu’il a eut pendant ces dernières années et qu’il n’a pas pu exploiter dans ses films.
En 2006, il réalise Paprika, un film de science-fiction tiré du roman de Yasutaka Tsutsui (1993). Il raconte l’histoire d’une équipe de scientifiques qui pénètrent l’univers des rêves dans le but de soigner leurs patients.
Le film est un succès et est primé dans de nombreux festivals internationaux. Dans Paprika, Satoshi Kon ne souhaitait pas faire un simple « résumé » du roman de Tsutsui mais davantage en transmettre l’ »esprit » et le message. Satoshi Kon travaille la-encore sur la notion de réalité subjective mais en mettant beaucoup plus l’accent sur les rêves et leurs interconnexions dans le réel.
Après Paprika, Satoshi Kon travaille avec d’autres grands noms de l’animation comme Mamoru Oshii et Makoto Shinkai sur le projet Ani-Kuri , programme TV de la NHK diffusé en 2007. Il y réalise un court métrage d’une minute nommé Ohayō (litt. Bonjour) qui montre une jeune femme à son réveil.
Récemment, il travaillait sur un nouveau film nommé Yume Miru Kikai qui devait viser un public plus jeune que ses anciennes productions. Il est mort le 24 août 2010 des suites d’un cancer.
Cette biographie est remaniée à partir de celle issue du site wikipedia.
Manga :
-Toriko (1985)
-Kaikisen (1 vol) (1990)
-World apartment horror (1 vol) (1991)
-Seraphim 266613336 no tsubasa (avec Mamoru Oshii) (1995-1996)
-Opus (inachevé et non-publié) (1995-1996)
Filmographie :
-Yumemiru kikai (2010) (pre-production)
-Papurika (2006)
- »Paranoïa Agent » (2004) Série TV
-Tokyo Godfathers (2003)
-Millennium Actress (2001)
-Perfect Blue (1998)








































