Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier

4
Posted 30 août 2010 by Dextarian in

Rating

Réalisation
0%


Casting
0%


Scénario
0%


Photo
0%


Musique
0%


Intérêt
0%


Total Score
0%


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
by Dextarian
Full Article
Après cinq années de pause depuis Combien tu m’aimes ?, Bertrand Blier revient avec un film tourné vite, en steadycam, avec une petite équipe et presqu’exlusivement dans une belle maison située dans le Gard (décidément, ce département veut à tout prix briller dans le paysage cinématographique français, étant donné le nombre de projets tournés dans cette contrée) avec un sujet chargé d’humour noir, le Cancer, matérialisé par une personne physique, qui rend visite à son « propriétaire » pour assister à ses derniers mois de vie. Moins ambitieux, avec moins d’envolées lyriques et acides, Le Bruit des glaçons n’est pas le meilleur film de Blier. Mais le tandem Dujardin/ Dupontel, associé plus tard au tandem Alvaro/ Boyer est très efficace. Pour peu que l’on aime les pièces de théâtres filmées…


L’écrivain Charles Faulque (Jean Dujardin) n’a plus goût à la vie. Aucune page écrite depuis des lustres, il promène sa misanthropie, son alcoolisme et son bac à glaçons partout où il se déplace chez lui.
Mais tout ceci va changer lorsqu’il reçoit la visite de son cancer (Albert Dupontel), qu’il est le seul à voir tout d’abord. Ce dernier voulait lui rendre une petite visite, faire connaissance avant qu’il ne passe l’arme à gauche. Très inquiétant et très antipathique, il va s’immiscer progressivement dans la vie de l’écrivain.
Il s’ensuit de là une grosse remise en question pour Charles, une passion naissante pour sa bonne et surtout une volonté farouche de se débarrasser de son cancer.

http://www.youtube.com/v/OiygFUkElCg?fs=1&hl=fr_FR
Le Bruit des glaçons – bande annonce – 2010

Le Bruit des glaçons est le fruit de cinq ans durant lesquelles Bertrand Blier a profité pour écrire et réfléchir au cinéma. Après avoir constaté que les plans sublimes et la belle lumière n’intéressent plus grand monde, il a pris la décision de faire des films d’une manière sans doute moins ambitieuse et moins esthétique en arrêtant les grands travellings latéraux du cinéma d’Alain Resnais. Il a donc utilisé donc une steadycam, qui permet une fluidité et un naturel qui vont bien avec l’histoire. Et on l’en remercie.

D’ailleurs, cela se voit dès la scène d’ouverture du film qui est assez angoissante. Elle a tournée dans le but de mettre tout le monde mal à l’aise dès le début, grâce à un plan d’Albert Dupontel vu de dos puis de face, qui marche sur un chemin de campagne, les bras écartés et à grandes enjambées. C’est assez efficace même si Dupontel reste quand même le mec qui a démarré sa carrière en faisant le pitre. Pour le coté angoissant, ca ne reste pas toujours évident, même si c’est au siècle dernier.

Film court et assez incisif, tranchant et furieusement ironique et teinté en permanence d’un humour noir qui colle bien au sujet, Le Bruit des glaçons (le titre fait référence au personnage de Jean Dujardin qui adore le bruit des glaçons quand il sort sa bouteille pour se servir un verre) ne peut que se dégager du lot dans un paysage cinématographique qui manque cruellement de ce type d’humour et d’une mise en scène travaillée.

Bien sur, on n’échappe pas aux manies du réalisateur : personnages qui s’adressent de temps en temps au spectateur, une mise en scène très théâtrale et des dialogues très tranchants. Mais ça fait partie du charme du bonhomme (ou ça devrait). On dirait d’ailleurs presque que ce film a quelques relents autobiographique tant le personnage de l’écrivain est d’un commode et d’un caractère assez fort, comme le monsieur en vrai. D’ailleurs, la barbe de Dujardin pourrait même nous le faire penser…

Le Bruit des glaçons, avec peu d’actrices et d’acteurs arrivent à faire mouche. Les Anne Alvaro et Myriam Boyer sont magistrales. On note également la présence d’Audrey Dana, qui fait une petite apparition comme femme de cet écrivain devenu maudit. Et on peut noter aussi la présence de Christa Theret, l’actrice très connue des spectateurs depuis LOL – Laughing Out Loud, qui joue une russe qui se balade soit en maillot, soit les seins nus. C’est bien quand on est un vieux réalisateur connu, on peut faire faire n’importe quoi à n’importe qui. Dommage qu’elle ait une voix un peu trop grave pour jouer la petite russe toute pimpante, bonnasse, un peu paumée et donc fragile.

Avec Le Bruit des glaçons, Bertrand Blier cherche à faire autre chose. Le bonhomme ne cherche plus à faire de l’improbable entre un top de chez top et un homme ordinaire, comme avec Bellucci et Campan mais un truc plus réaliste, voir un fantasme ordinaire, entre un homme et sa servante, dévouée corps et âme à lui. Ca sentirait presque le Leaving Las Vegas mais je n’irais pas plus loin dans le parallèle (qui n’a pas forcément lieu d’être d’ailleurs).

Toujours est-il que Le Bruit des glaçons permet à Blier, avec des acteurs plus jeunes et plus connus du grand public, d’élargir son cercle de spectateurs dévouées. J’ai vu des gens attirés par ces deux noms qu’ils connaissent s’être un peu perdu en allant voir ce film, beaucoup plus que pour la Bellucci quelques années plus tôt. Peut-être le fait que les internautes aient misé quelques billes dans le film avec le site peopleforcinema, a contribué aussi à renouveler un public qui avait tendance à s’épuiser au fil des décès.

Avec une bande son assez bien choisie et très accrocheuse (on retrouve Pascal Dusapin, Eddy Louiss, Lester Bowie, Maurice Ravel, Les Yeux Noirs, Claudio Monteverdi, Clara Schumann, Bohuslav Martinu, Georges Frederic Haendel, Félix Leclerc, Léonard Cohen ou encore une interprétation de Ne me quitte pas, de Jacques Brel), une photographie naturelle qui rend hommage à la région gardoise (et à sa lumière naturelle) et une mise en scène plus dynamique qu’à l’accoutumée, Le Bruit des glaçons, avec des dialogues accrocheurs, chargés d’humour noir et de situation assez bizarre, a tout pour sortir un peu du lot. A moins bien sûr, que vous préfériez jouer avec une toupie ou mettre des lunettes pour voir des schtroumpfs bleus.. Auquel cas, effectivement, ça risque de ne pas tout à fait le faire…

Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier | Scénario de Bertrand Blier | Photographie de François Catonné | Avec Jean Dujardin, Albert Dupontel, Anne Alvaro, Myriam Boyer, Audrey Dana, Christa Theret, Emile Berling, Geneviève Mnich | France | 2009 | 87 min. | Comédie dramatique | Distribué par Wild Bunch Distribution


Le Rédacteur

Dextarian
avatar

Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

4 Commentaires



Poster une réponse

(required)


Notifiez-moi des commentaires à venir via email. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.

Derniers articles publiés
 
  • 6ma2-c987d
  • Sur la route - vignette
  • 70%
    The WHATTS ABCD bandeau
  • 94%
    74019611
  • 90%
    937604_moonrise-kingdom
  • DP_Complainte7_light
  • 81%
    nickfury
  • 83%
    Huis clos - vignette
  • 80%
    La Guerre est déclarée - vignette
  • 63%
    the-vow (1)