The Boys Are Back de Scott Hicks
The Boys Are Back / Scott Hicks from Kojo on Vimeo.
Près de 14 ans après Shine (1996), récompensé par l’Oscar du Meilleur Acteur pour Geoffrey Rush, le réalisateur australien Scott Hicks (Shine, Coeurs perdus en Atlantide, Le Goût de la vie) retrouve le sud de l’Australie, la région où il vit, avec The Boys Are Back, qui donne la part belle à Clive Owen, unanimement acclamé par la critique, où il interprète dans ce film, un père qui se retrouve soudain seul pour élever deux fils issus de deux unions différentes. Il signe en effet une prestation touchante, qu’on avait pas l’habitude de voir chez lui, hormis peut-être dans les fils de l’homme et encore, c’était plus un film politique qu’un film à large contenu émotionnel. Dommage qu’aucun distributeur ne s’est senti pour une sortie au cinéma.

Journaliste anglais sportif à succès immigré en Australie, Joe Warr (Clive Owen) peine à trouver un équilibre entre l’éducation de ses enfants, un job exigeant, les tâches domestiques et l’espoir de retrouver l’amour. Mais il est bien décidé à offrir énormément de plaisir à ses fils et il a créé pour cela une approche révolutionnaire de l’éducation qui peut se résumer ainsi : pas de règle, pas de corvée. Son foyer aussi chaotique qu’il soit, est plein d’amour. Basé sur une histoire vraie, ce drame bouleversant est rempli d’émotions et d’humilité, faîte de joies et de peine pour une famille monoparentale.
Je me méfie en général des films basés sur des histoires vraies. Ils sont en général assez mal fichu et l’histoire qu’ils racontent est en général plus intéressante en réel que d’un simple point de vue fictionnel. Avec The Boys Are Back, c’était un peu tout le contraire : l’histoire en elle-même n’est pas particulièrement passionnante mais c’est la force des acteurs qui en fait quelque chose de plus fort.
Il faut dire que l’Australie et la sensation de liberté qui s’en dégage, par ses contrées sauvages où le règne de la nature n’a pas encore totalement cédé aux diktats de l’homme et de sa propension à tout contrôler y est pour beaucoup. Dans ce cadre, voir un homme ne pas vouloir que des règles de vie en communauté au sein d’une famille polluent la vie et le bonheur de chacun est assez intéressant, ne serait-ce que cela dénoté dans le paysage cinématographique grand public. En général, les parents donnent pleins de contraintes et les enfants obéissent. C’est comme ça, c’est les conventions et c’est ce qui fait que la société est ce qu’elle est. Mais le Joe en question ne souhaite pas cela, et c’est à force de conflits et de tensions que les choses deviendront plus calmes pour tout le monde.
The Boys Are Back peut paraitre un film facile puisqu’il finit bien. Mais c’est aussi parce que les choses peuvent être plus faciles selon le point de vue que l’on adopte. La lumière utilisée, les scènes filmées apportent néanmoins une touche d’émotion et d’humanité et au travers de l’expérience de ce père qui ne veut pas de conventions strictes, c’est un peu chacun de nous qui se sent interpellé. Owen arrive à jouer son rôle de père de manière sobre, poignante et efficace, et ses enfants, dont un adolescent, sont aussi particulièrement bons. Sans compter que c’est avec l’ado que les tensions seront les plus fortes puisque ce père ne fera pas toujours ce qu’il faut. Assumer son rôle sans perdre son statut d’homme célibataire, voilà ce qui est le plus dur.
Bien entendu, c’est plus simple lorsque l’on est un journaliste à succès qui n’a pas trop de problème d’argent. The Boys Are Back n’est pas vraiment un film qui fait dans le social mais qui raconte une histoire, et d’assez jolie manière. Il peut laisser totalement froid mais le film de Scott Hicks a sa petite musique et arrive à ne pas sombrer dans le mélo le plus total. C’est peut-être la chose la plus louable que l’on puisse lui accorder.
The Boys Are Back de Scott Hicks | Scénario d’Allan Cubitt d’après l’oeuvre de Simon Carr | Photographie de Greig Fraser | Musique de Hal Lindes | Avec Clive Owen, Laura Fraser, Julia Blake, George Mackay, Tommy Bastow, Emma Booth, Emma Lung, Natasha Little | Australie et Grande-Bretagne | 2009 | 104 min. | Drame
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