Claude Chabrol
Claude Chabrol est mort le 12 septembre 2010.
Considéré de manière totalement subjective par l’auteur de ces lignes comme un des grands monstres sacrés du cinéma français, il avait fêté ses cinquante ans de carrière en tant que réalisateur l’année dernière. On connaît de lui ses films tels que Le Beau Serge, La Femme infidèle, Que la bête meure, Le Boucher, Les Fantômes du chapelier, Poulet au vinaigre, Masques, L’enfer, La Cérémonie ou encore L’ivresse du pouvoir (qui relate l’affaire Elf de manière déguisée). Homme affable, malicieux et bon vivant, il aimait bien manger et ne concevait pas un tournage sans faire le tour des restaurants. Les comédiens appréciaient et tout le monde était ainsi ravi. C’est peut-être aussi pour cela qu’il n’hésitait pas à sortir de Paris pour tourner des polars dans les petites villes et campagnes de France.
Disposant de budget serré, il devait faire un choix entre la beauté d’un plan et d’une scène et les impératifs économique. Pour lui, il fallait surtout qu’on saisisse la beauté de la séquence qu’il tournait, peut-être au détriment de vastes et longs plans. Fidèle à ses comédiens, qu’il adorait, il n’hésitait pas non plus à faire l’acteur. A ce titre, on l’avait vu récemment dans Gainsbourg – (vie héroïque) de Joann Sfar.
Né le 24 juin 1930 à Paris, Claude Chabrol passe sa jeunesse à Sardent, dans la Creuse où ses parents, pharmaciens, l’envoient durant la Seconde Guerre mondiale, et des études de droit au cours desquelles il côtoie Jean-Marie Le Pen, Claude Chabrol participe en tant que critique de cinéma au lancement de la Nouvelle Vague française, aux côtés de François Truffaut et Jacques Rivette, ses collaborateurs aux Cahiers du cinéma. Dans la revue à couverture jaune, fondée par André Bazin et Jacques Doniol-Valcroze, il participe à la défense de la politique des auteurs et publie, en 1957 avec Éric Rohmer, un livre sur Alfred Hitchcock, celui qui a su imposer son style au système hollywoodien.
Il a entre-temps épousé Agnès, une riche héritière qui lui permet de financer la création de sa maison de production. Celle-ci démarre avec un court métrage de J. Rivette, Le Coup du berger, avec Jean-Claude Brialy. En 1959, il tourne à Sardent dans la Creuse son premier film, Le Beau Serge, qui devient le manifeste inaugural de la Nouvelle Vague.
Il divorce cinq ans plus tard pour épouser la comédienne Stéphane Audran, avec laquelle il entame une fructueuse collaboration, jusqu’à leur séparation, en 1980. Durant cette période, il se fait un spécialiste de l’analyse féroce de la bourgeoisie française, dont l’apparent conformisme sert de couvercle à un bouillonnement de vices et de haines. Que ce soit sur le registre de la comédie grinçante ou du polar, souvent associé au scénariste Paul Gégauff, il ne cesse d’en traquer l’hypocrisie, les coups bas et la bêtise, avec une délectation rare et jubilatoire à laquelle participent activement ses acteurs fétiches : Stéphane Audran, Michel Bouquet, Jean Yanne. Il dresse ainsi un portrait sans concession de la France des années 1970, âpre et corrosif, où dominent La Femme infidèle, Juste avant la nuit ou Les Biches.
À la fin de la décennie, il effectue un tournant en optant pour des sujets plus éclectiques dans lesquels son inspiration s’émousse parfois. Mais sa rencontre en 1978 avec la jeune Isabelle Huppert, qu’il contribue à révéler, est décisive. Violette Nozière, l’empoisonneuse parricide qui fit scandale dans les années trente, ajoute une dimension supplémentaire à la galerie de monstres jusqu’ici filmés par Chabrol (il avait déjà adapté un autre fait divers sanglant dans Landru avec Charles Denner). En même temps, il entame avec l’actrice un duo redoutablement efficace qui touchera tant les rives de la comédie policière (Rien ne va plus) que celles de l’adaptation littéraire (Madame Bovary) ou du film politique (L’Ivresse du pouvoir), culminant avec la décapante Cérémonie, adaptée d’un roman de Ruth Rendell, « L’analphabète ».
Sur un registre plus léger, il aura également entre-temps fait jouer Jean Poiret dans le rôle titre de Inspecteur Lavardin ainsi que dans Poulet au vinaigre, de la même manière qu’il revient régulièrement au polar provincial, par des films tels que Au cÅ“ur du mensonge ou La Demoiselle d’honneur.
En 2005, l’ensemble de son Å“uvre cinématographique a été distingué par le Prix René Clair de l’Académie française.
Biographie réécrite à partir du site wikpédia.
Filmographie (réalisateur) :
« Au siècle de Maupassant : Contes et nouvelles du XIXème siècle » (2 épisodes, 2009-2010)
Bellamy (2009)
« Chez Maupassant » (2 épisodes, 2007-2008)
La fille coupée en deux (2007)
L’ivresse du pouvoir (2006)
La demoiselle d’honneur (2004)
La fleur du mal (2003)
« Les redoutables » (1 épisode)
Merci pour le chocolat (2000)
Au coeur du mensonge (1999)
Rien ne va plus (1997)
Cyprien Katsaris (1996) (TV)
La cérémonie (1995)
L’enfer (1994)
L’oeil de Vichy (1993)
Betty (1992)
Madame Bovary (1991)
Dr. M (1990)
Jours tranquilles à Clichy (1990)
« Les dossiers secrets de l’inspecteur Lavardin » (2 épisodes, 1988-1989)
Une affaire de femmes (1988)
Le cri du hibou (1987)
Masques (1987)
Inspecteur Lavardin (1986)
Poulet au vinaigre (1985)
Le sang des autres (1984)
Les fantômes du chapelier (1982)
Les affinités électives (1982) (TV)
M. le maudit (1982) (TV)
La danse de mort (1982) (TV)
Le système du docteur Goudron et du professeur Plume (1981) (TV)
« Fantômas » (2 épisodes, 1980)
Le cheval d’orgueil (1980)
« Il était un musicien » (3 épisodes, 1978-1979)
« Histoires insolites » (5 épisodes, 1974-1979)
Violette Nozière (1978)
« Madame le juge » (1 épisode, 1978)
Les liens de sang (1978)
Alice ou la dernière fugue (1977)
Folies bourgeoises (1976)
Les magiciens (1976)
« Nouvelles de Henry James » (2 épisodes, 1974-1976)
Les innocents aux mains sales (1975)
Une partie de plaisir (1975)
Nada (1974)
Les noces rouges (1973)
Docteur Popaul (1972)
La décade prodigieuse (1971)
Juste avant la nuit (1971)
La rupture (1970)
Le boucher (1970)
Que la bête meure (1969)
La femme infidèle (1969)
Les biches (1968)
La route de Corinthe (1967)
Le scandale (1967)
La ligne de démarcation (1966)
Le tigre se parfume à la dynamite (1965)
Marie-Chantal contre le docteur Kha (1965)
Paris vu par… (1965) (segment « Muette, La »)
Le tigre aime la chair fraiche (1964)
Les plus belles escroqueries du monde (1964) (segment « L’Homme qui vendit la Tour Eiffel »)
Ophélia (1963)
Landru (1963)
L’oeil du malin (1962)
Les sept péchés capitaux (1962) (segment « Avarice, L’ »)
Les godelureaux (1961)
Les bonnes femmes (1960)
Leda (1959)
The Cousins (1959)
Le beau Serge (1959)






































Claude Chabrol, j’ai appris sa mort seulement hier, je suis vraiment coupée du monde dans mon studio… J’ai bien été consciente que le cinéma français perdait une de ses ses grandes figures mais je dois être trop jeune et inculte surtout (c’est souvent lié) car à cette annonce aucune de ses oeuvres ne m’est venue à l’esprit. Je vais y remédier, au plus vite.
J’ai beaucoup apprécier ton commentaire, mon premier en fait, dire si j’étais contente = )
En ce qui concerne ma liste de personnalités j’avoue que c’est du melting-pot mais oui l’éclectisme a du bon = ), même si l’accumulation de tous ces grands noms du cinéma me semble trop réductrice, mais c’est l’euphorie des débuts de blog on veut tout mettre, tout de suite.
Pour ce qui est de rester jusqu’à la fin du générique, il est vrai que je ne le fais pas à chaque fois, seulement quand le film m’a profondément plu/marqué et que sortir de la salle équivaut à briser ce petit moment.
A bientôt sur ton blog pour partager nos points de vue et/ou critiques des films = )
Ho ça me parait assez logique. Chabrol a marqué les années 60/80 et un peu moins les années 90/2000 mais bon, ces films méritent assurement le coup d’oeil.
Disons que l’accumulation des grands noms permet de poser des bases. Mais le problème avec les grands noms, c’est qu’ils n’existent que parce qu’il y a aussi pleins d’autres réalisateurs qui sortent des films chaque année, et qu’il faut voir pour reconnaitre les grands.
Et à bientot pour des points de vue/critiques.
Bonjour Pierre,
Oui, j’aime bien la visibilité mais j’aime bien aussi le web 1.0, quand beaucoup de choses et de personnes étaient encore anonymes. Entre les deux, mon coeur balance…
Merci pour tes commentaires.
Bonjour Agent Smith,
Pour un mordu de la visibilit@, je te trouve bien confidentiel sur la toile? Il est vrai que pour vivre heureux, n’est-ce pas?!
A ta disposition pour élaborer un plan d’actions communes.
Pierre
Concernant Chabrol, je lui voue une tendrese absolue pour ses Poulets avec Poiret, pour Bonnaire…
Pierre
Je supporte à peine le cinéma français, sauf quand c’est pour des films en costumes, et j’avoue que la mort de Chabrol me laisse froid. Pas que je nie son talent et son oeuvre, mais comme elle ne m’a jamais parlé, ça se résume à un drame humain de mon point de vue.
Paix à son âme tout de même.