Twelve de Joel Schumacher

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Posted 14 septembre 2010 by Dextarian in

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by Dextarian
Full Article

Sortie le 8 septembre 2010

Schumacher n’a plus trop la côte. Alors il fait des petits films, avec des budgets dérisoires. C’est le cas de Twelve avec ses 5 millions de dollars en tout et pour tout. Adaptation du roman éponyme de Nick McDonell que l’auteur a écrit à l’âge de 17 ans1 il raconte l’errance d’un jeune dealer de bonne famille autour du réveillon de fin d’année, avec en toile de fond une nouvelle drogue, le « Twelve », qui mélange cocaïne et ecstasy. On en sera pas plus sur cette drogue ici mais on découvre un peu plus une nouvelle génération d’acteurs et d’actrices qui vont plus ou moins percer dans les années à venir. Et c’est déjà.


Twelve nous montre donc des adolescents riches et désabusés, des fêtes sans joie, des parents souvent absents, un peu de dope pour le grand frisson et parmi eux, un jeune dealer, White Mike (Chace Crawford),  qui vient de quitter son école privée de l’Upper East Side à New York.

White Mike ne fume pas, ne boit pas, ne va pas dans les fêtes, sauf pour vendre sa nouvelle drogue, le Twelve. Il a perdu sa mère et n’arrive pas à s’en remettre. Il se rêve effacé mais dans les trois jours qui arrivent, beaucoup de choses vont changer pour lui et les autres quand Charlie, le cousin de White Mike, est assassiné… et se terminera lors d’un anniversaire, dans la violence et la perdition.

http://www.youtube.com/v/mYroVO_3JPg?fs=1&hl=fr_FR
Twelvetrailer – 2010

Comme tout film américain indépendant qui se respecte, Twelve a été présenté au Festival du Film International de Sundance 2010. Il a reçu un accueil assez mitigé de la part du public et de la presse. Le box office est dérisoire avec moins de 200 000 dollars aux box office américan. Pourquoi alors est-il distribué en salle alors que d’autres films n’ont pas eu ce privilège, comme le très bon All The Boys Love Mandy Lane ? Je ne pourrais pas répondre à cette question, même s’il y a quelques pistes de réflexion.

La première, c’est que ça parle des riches, de la drogue et de l’ennui. Thèmes importants dans le cinéma, que certains ont exploité de manière plus ou moins sublime, comme Darren Aronofsky avec son Requiem For A Dream, par exemple. On ne sait si le réalisateur a vu Le journal d’une baby Sitter, avec Scarlett Johansson, mais sa description de l’Upper East Side, le quartier des riches à New York est assez similaire. Les deux films avaient également pour eux une certaine volonté d’être esthétique.

Parce que Twelve essaye de faire de la belle image. Sauf que Schumacher n’a jamais été très bon là dedans. Il y en a qui savent et d’autres qui savent pas. Faire du fond blanc pour symboliser des sentiments de solitude face aux situations que connaît le personnage principal peut-être très joli mais encore faut-il bien le cadrer. Les réalisateurs de clip font aujourd’hui mieux et de manière beaucoup plus agréable à voir. Mais deux ou trois séquences sont pas mal, celle où Jessica (Emily Meade), défoncée, entend tous ses ours en peluche parler dans sa chambre. Ca reste bien maigre pour un film voulant parler de défonce (mais que tout le monde dans la production à sembler oublier et on est donc loin d’un Trainspotting).

Twelve fait aussi la part belle à la génération Next, celle qui arrive et qui déboule avec Chace Crawford (Gossip Girl, La malédiction de Molly Hartley), Emma Roberts2, Esti Ginzburg (qui joue Sara Ludlow et qui est sensé être LA fille la plus belle alors qu’elle a un visage commun), Zoë Kravitz (la fille de Lenny), Rory Culkin (Chris), Billy Magnussen (Claude) ou encore Chanel Farrell (Shelly).

Parler d’ennui, de fuite dans la drogue, de l’absence des parents, de la pression que subissent ses petits jeunes des quartiers riches a toujours un petit côté futile dans la vraie vie. La critique est évidemment pas vraiment appuyée mais cela semble être un thème récurent de cette jeunesse à demi dorée, que cela soit dans Cloverfield, London et tous les films qui cherchent à séduire le chaland. Twelve aurait dû être dans ce ton là, avec ses filles tout aussi désorientées que femme avant l’heure, ses marchants de mort3 et son ambiance branchouille à souhait. Sauf que voir un mec en capuche se la raconter « je suis un dur parce que je souffre et que j’arrive pas à l’exprimer » est certes un thème adolescent très intemporel mais assez mal fichu ici. Que le parallèle entre les gens qui bossent et les gens qui ne foutent rien est à peine mis en valeur alors que Phone Game, du même réalisateur, jouait un peu là dessus (et aussi sur le coté arriviste). Que la voix off est d’un chiant mais d’un chiant et qui nous assène des réflexions pseudo philosophique à 2 balles… que même un pré ado ne sortirait plus. Mais peut-être qu’elle passe mieux en version originale avec la voix de Kiefer Sutherland.

Twelve est donc un petit film, avec une petite energie et une petite histoire. Il aurait pu débarquer directement en DVD que cela n’aurait choqué personne. Dommage parce que l’histoire était intéressante et assez emballante. Mais les allers/retours d’un homme qui marche et les uns et les autres qui font leur vie n’arrivent pas à nous subjuguer totalement. Et filmer l’ennui, le plus sournois des ennemis sur cette planète a toujours été très difficile à faire et peu arrivent à le faire avec brio.

Twelve de Joel Schumacher | Scénario de Jordan Melamed d’après l’Å“uvre de Nick McDonell | Photographie de Steven Fierberg | Musique de Steven Fierberg | Avec Chace Crawford, Curtis Jackson, Rory Culkin, Emma Roberts, Emily Meade, Esti Ginzburg, Billy Magnussen, Billy Magnussen, Zoë Kravitz, Ellen Barkin, Charlie Saxton | Etats-Unis | 2010 | 95 min. | Drame | Distribué par Gaumont Distribution | Crédit photographique : Gaumont

  1. Ca se voit dans le film, vu les réflexions à l’emporte pièce sur la vie du personnage principal avec une voix off trop présente []
  2. Qui a déjà une fiche wiki beaucoup plus fournie que des actrices qui ont marqué l’histoire du cinéma []
  3. Curtis Jackson est complètent transparent alors qu’il est celui par qui tout arrive []

Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

7 Commentaires


  1. avatar
     
    mobil kaleboules

    koa ! t’es allé voir ce film sans moi ! traitre !




  2. avatar
     

    Mais euh, tu m’as dit que tu voulais pas le voir.




  3. avatar
     
    lila*

    C’est la même chose que la série là, Gossip Girl, en version film ? Comme l’adaptation du livre de Lolita Pille aussi, « Hell » ?




  4. avatar
     
    mobil la vengenzzza

    @lila : je pourrais te répondre si un goujat m’avait attendu pour aller le voir :P




  5. avatar
     

    Lila : je sais pas, j’ai pas vu la série (ce qui n’est pas très etonnant). il doit y avoir des élements de Gossip, peut-être bien. Même chose pour Hell, que j’ai pas vu.

    Mobil : on a d’autres films à voir : The Town et le dernier exorcisme cette semaine. Ca fait déjà beaucoup ^^





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