Informers de Gregor Jordan

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Posted 18 septembre 2010 by Dextarian in

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by Dextarian
Full Article
Informers aurait tout pour être un bon film sur la décadence et l’insouciance vaine des années 1980 aux Etats-Unis, quant on pouvait encore tout se permettre et ne se soucier de rien, pas même de la mort. Mais le film, véritable hommage à cette époque, a malheureusement un rythme lent, insiste plus sur la forme que sur le fond et se regarde finalement un peu trop le nombril. On peut ainsi comprendre pourquoi il s’est pris un four total aux Etats-Unis, puisqu’il n’a fait que 300 000 $ de recettes pour un budget frisant les 20 millions… Et pourquoi également, cette adaptation simplifiée des nouvelles du même nom (mais Zombies en version française) de Bret Easton Ellis ne débarque chez nous qu’en DVD. Mais ça nous permet d’apprécier la plastique d’Amber Heard et de nous replonger un peu dans cette époque où on pouvait encore un peu tout se permettre sans ne se préoccuper du lendemain.


Informers montre une succession de portraits croisés au début d’années 1980 Los Angeles, centré sur un panel de personnages qui représentent autant le sommet de la hiérarchie de l’époque (un marchand de rêve à Hollywood, une rock star dissolue, un présentateur vieillissant) et que le bas fond (un portier frisant le voyeurisme ou encore une ex-icone amorale). Une ville gouvernée par les dépendances de toutes sortes – sexe, drogues, argent, pouvoir – où la jeunesse est perdue, où l’amour est éphémère, où chaque nuit est une fuite en avant. Les uns et les autres, de beaux jeunes hommes et belles femmes, dorment toute la journée et font la fête toute la nuit, baisant et s’envoyant de la drogue sans jamais se rendre compte qu’ils dansent au bord d’un volcan…

http://www.youtube.com/v/HxkvJkSIOGk?fs=1&hl=fr_FR
Informers - Trailer – 2008

Photographie très années 80, comme l’ambiance, un casting de malade et un mélange subtile entre valeurs montants et acteurs en milieu ou en fin de carrière, le tout dan un Los Angeles des possibles. Voilà qui aurait pu donner un très bon film, avec en plus Bret Easton Ellis, l’auteur culte d’American Pyscho, Lunar Park ou encore Les lois de l’attraction, au scénario.

Mais dépeindre une jeunesse dépravée, totalement vaine et qui l’assume totalement avec comme cadre l’usine à rêve que représente Hollywood est un projet casse gueule par définition. Savoir saisir la futilité et prendre le temps d’une réflexion était un projet ambitieux. En voyant Informers, on ne peut pas toujours dire que cela soit bien réussi.

Certes, les destins croisés de ces personnages, tout aussi antipathiques qu’ils peuvent être au final, sympathiques, est quelque chose d’intéressant. Mais il manque des parallèles intéressants, comme la métaphore du vampire qui est passée à la trappe ou encore prendre le temps de nous raconter une histoire. Il s’avère surtout au final que malgré quelques plans assez jolis et bien foutus (le plan de fin sur la plage en fait partie puisqu’à lui seul, il symbolise la fin de l’insouciance ou le début du néant le plus complet), autant dire qu’on s’emmerde un peu. On est super loin des films de Gregg Araki et pourtant on aurait comme l’impression que le film de Gregor Jordan tente par moment de se rapprocher des mêmes thèmes, tout en ne sachant pas forcément les exploiter au mieux.

Mais de toute façon, on a toujours l’impression que certains auteurs sont finalement inadaptable au cinéma et c’est le cas de Bret Easton Ellis, l’auteur préféré de tous les gens qui pensent que le monde est encore plus pourri et moche qu’il ne l’est déjà et qui rêvent d’un nihilisme planétaire. Comme c’est pas ma came, j’avoue que je m’en taponne un peu le cocotier mais comme je ne suis pas non plus un mec réfractaire, je regarde, je lis et je me dis que ça manque quand même d’envolée tout ça.

Car il faut bien dire, on s’ennuie en regardant Informers, sauf pour Amber Heard et sa plastique, l’héroïne du cultissime All the boys love Mandy Lane, qui nous montre ainsi ici ses superbes courbes. Les amateurs apprécieront. Les autres gueuleront contre cette mauvaise adaptation. Certains découvriront cette ambiance que l’on a connue si on s’est farci les films américains de l’époque. Et au final, on a surtout l’impression d’avoir un beau gâchis. Mais montrer le rien, le néant, la futilité et de manière générale l’ennui est la chose la plus difficile à faire au cinéma. S’y risquer est déjà appréciable mais le réussir est rare, très rare. On peut quand même noter la scène finale sur la plage qui est assez jolie et qu’on gardera à l’esprit un peu plus longtemps que le reste du film…

Informers (The Informers ) de Gregor Jordan | Scénario de Bret Easton Ellis et Nicholas Jarecki d’après l’Å“uvre de Bret Easton Ellis | Photographie de Petra Korner | Musique de Christopher Young | Avec Billy Bob Thornton, Kim Basinger, Brandon Routh, Austin Nichols, Ashley Olsen, Jon Foster, Winona Ryder, Mickey Rourke, Mel Raido, Amber Heard | Etats-Unis | 2008 | 98 min. | Drame | Distribué par Metropolitan FilmExport


Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

7 Commentaires



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