Suck de Rob Stefaniuk
Suck, pour faire simple, est une comédie vampirique teintée d’horreur sous fond de rock’n roll baby. Les ingrédients de base pour constituer un film qui a coup sûr aurait pu trouver un écho dans un public assez large si l’œuvre que l’on doit à Rob Stefaniuk ne souffrait pas de défauts rédhibitoires comme d’être d’abord canadien (humour), de faire appel ensuite à des vieilles gloires du passé et à se moquer trop gentiment du star system et des fans crédules qui composent le gentil milieux du rock. Sans compter qu’en plus, ils se payent le luxe de parler de Myspace au lieu de parler de Facebook. Et ça, c’est rédhibitoire pour un public français qui sait à peine aller sur le célèbre site de Mark Zuckerberg. D’où le fait qu’il soit sorti en DVD dans notre chère et tendre contrée1.

Suck est ainsi une espèce de « rock and roll-vampire-comédie ». Il suit la vie d’un groupe de rock The Winners, composé du chanteur Joey Winner (Rob Stefaniuk), la jolie bassiste Jennifer (Jessica Paré), le guitariste Tyler (Paul Anthony), le batteur Sam (Mike Lobel), le roadie canadien-français Hugo (Chris Ratz) et leu manager louche Jeff (Dave Foley).
Alors qu’ils sont en tournée à travers le Canada et les Etats-Unis, Jennifer est transformée assez rapidement en vampire par Queeny (Dimitri Coats) en se rendant à une des soirées de ce dernier. Elle attire ainsi de nombreuses personnes à venir voir le groupe. Pendant ce temps, un chasseur de vampire qui a étonnamment peur du noir nommé Eddie Van Helsing (McDowell) les traque sans relâche sans se faire remarquer. Entre la gloire et se faire sucer le sang, le groupe devra choisir…
http://www.youtube.com/v/ULKzZGjNFsU?fs=1&hl=fr_FR
Suck – bande annonce – 2008
Véritable hommage à une génération du rock qui s’éteint progressivement (les dinosaures comme Cooper et Pop sont là pour nous le rappeler) et voguant en même temps sur la vague du mythe du vampire, Suck souffre des défauts propres aux films à petit budget : une mise en scène assez quelconque, conjuguée par une succession de scénettes pas toujours de très bonne factures. L’acteur et réalisateur Rob Stefaniuk essayant ici de jouer sur plusieurs tableaux, en pointant du doigt, de manière humoristique, les travers du rock’n roll attitude, en mettant en lumière le succès d’un groupe grâce à une apparence vampirique, prenant ainsi les fans de ce courant majeur pour des crétins finis. Si le succès d’un groupe peut-être dû à son apparence, sa pérennité ne peut exister que sans un minimum de talent.
Mais Suck peut être sympathique, malgré son rythme poussif. En effet, voir un Moby incarner un musicos à tendance cannibale est assez cocasse (j’aime bien ce mot), voir Iggy Pop en gardien du temple d’un studio indie tout autant et bien entendu, Cooper faire le pitre en maitre vampire/diable encore plus. Sans compter bien sûr le méconnaissable Henry Rollins ici et le cultissime Malcolm McDowell, qui incarne Eddie Van Helsing (le patronyme de tout chasseur de vampire), qui a peur de l’obscurité. D’ailleurs, à ce propos, les scènes de flashback, mettant en vedette le personnage de Van Helsing comme un homme plus jeune, ont été édités à partir de séquences de film de 1973 O Lucky Man !, lorsque McDowell était âge de 30 ans.
Cherchant à renouer avec un certain genre du cinéma, ce film canadien est donc mi-figue mi-raison. On apprécie la plastique de la très jolie Jessica Paré qui devrait commencer à percer chez nous, surtout si elle montre ses seins dans La Machine à démonter le temps puisqu’en bon amateurs de viandes fraiches, les français ne sont pas en reste. Le délire de Suck est sympa, les images assez travaillées et l’ambiance qui s’y dégage sur certaines séquences ne sont pas sans rappeler l’esthétisme soignée de certains clips de groupes de Rock.
Suck est autant un hommage qu’une envie de s’amuser en étant un peu gore par moment et comique dans d’autres. Dommage que l’ensemble soit un peu plat et ne cherche pas assez à être incisif. Mais bon, ça reste un sympathique pour peu qu’on aime revoir des vieilles gloires de la musique. Pour le reste, ça ne casse pas non plus trois pattes à un canard déjà boiteux.
Suck de Rob Stefaniuk | Scénario de Rob Stefaniuk | Photographie de D. Gregor Hagey | Musique de John Kastner | Avec Rob Stefaniuk, Jessica Paré, Paul Anthony, Mike Lobel, Chris Ratz, Alice Cooper, Moby, Henry Rollins, Iggy Pop, Dimitri Coats, Dave Foley, Malcolm McDowell | Canada | 2009 | 91 min. | Comédie, Horreur et Musique |
- bon et accessoirement, le film est assez raté et se regarde un peu trop le nombril mais ça ne va pas du tout dans le sens de mon introduction [↩]



































Je suis autant amateur de rock que de récit vampirique mais la bande-annonce me repousse autant qu’une gousse d’ail ! A la limite, si je trouve le DVD qui traine chez un pote je le piquerai pour voir ce fameux Moby cannibale.
Rien ne vaudra Lestat et son groupe de rock, c’est tout et c’est comme ça.
Pourquoi la bande annonce me fait aussi penser à The Crow ?
Rien que pour certains beaux gosses ( Dieu Iggy Pop ), je le regarderai un de ces jours tiens. Tu m’as devancé, j’aurais bien écrit la critique de ce film, faut vraiment que je m’y mette à la critique de trucs vampiriques comme c’était prévu.
Vampires et rock ‘n’ roll, ça fait très Anne Rice tout ça…
En même temps, c’est pas le film sur lequel il faut se battre pour faire une critique ^^ c’est loin d’être un chef d’oeuvre ni même pour une large part de gens qui l’ont vu, un film qui mérite un intéret quelconque.
Mais bon, après, les gouts, les couleurs…
ca passe!!! on vas dire ca!
mais bonne sique!!