Chronicles of the Gaze: Guitaro, l’interview
2010 est une année à marquer d’une pierre blanche. Guitaro est un groupe culte. Ils n’ont sorti qu’un album, Futura Black, en 2002, avant de s’empresser de disparaître de la circulation. Futura Black était un joyau de space-rock qui a marqué les oreilles de plus d’un adepte du bruit avec ses mélodies aériennes et ses lourdes guitares. Huit ans plus tard, ils reviennent avec un album, JJ’s Crystal Palace, tout aussi surprenant que leur come-back.
Bien étrange album, donc, que ce JJ’s Crystal Palace, on ne sait plus très bien si on est chez Kraftwerk, M83, Elliot Smith, ou Depeche Mode. Le mélange est surprenant, surtout si on sait que Guitaro version 2002, ça ressemblait plutôt à ça. Mais la sauce prend bien, très bien, même, et après avoir été déstabilisé à la première écoute, on se retrouve à aimer, voire à écouter en boucle un album qui, sans oublier le shoegaze, explore d’autres voies.
Mais qui de mieux pour parler de l’album sinon ceux qui l’ont fait? Guitaro, donc Heather Warkentin, Mark Wiebe et Jeremy Unrau, nous ont fait le plaisir de répondre à nos questions.
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Jeremy: On se prend pas au sérieux, avec Guitaro, c’est une partie de notre vie, pas toute notre vie. On a nos métiers, nos enfants, etc…
Mark: Les enfants, ça retarde la musique! Puis, j’ai d’autres projets musicaux qui m’occupent, comme Sinewave, sur lequel Jer joue avec moi en live. Et je m’occupe de HELPCOMPUTER, notre label.
Mark: Peut-être que le mystère attire?
Jeremy: J’écris, je joue de la basse, de la guitare, des synthés, et je m’occupe de l’aspect graphique et de la production.
Mark: Je fais ingé son, je m’occupe du séquenceur, de la prod, mais aussi j’écris, je chante, et je joue de la guitare et des claviers.
Heather: Je me suis tenue assez éloignée de la conception de l’album. Je suis venue chanter au moment d’enregistrer.
Jeremy: En ce qui concerne l’espace entre les albums, ces chansons ont pris beaucoup de temps à mûrir. Ça fait un moment qu’on les écoute sous diverses formes dans nos ipods. Certaines ont entre 5 et 7 ans. J’espère qu’on aura toujours de la matière pour faire des disques à 80 ou 90 ans!
Jeremy: Oui, c’est l’esprit du shoegaze, je suppose.
Mark: On apprécie de ne pas dépendre de quelqu’un. Tout se fait à la débrouille, et tout ce qu’on fait nous appartient.
Mark: C’est un grand chemin par rapport à Futura Black, alors j’espère que les fans de de cet album aimeront quand même le nouveau.
Jeremy: On n’a pas eu encore eu beaucoup de réactions, pour l’instant. Quelques personnes nous on dit qu’ils écoutaient l’album en boucle, ou parlaient de réactions physiques, des frissons. C’est sympa! Mais on n’a pas encore de quoi jauger ce qu’il suscite en général.
Jeremy: C’était plus quelque chose d’accidentel. Jean Michel Jarre, Air, Abba, Jesus & Mary Chain, il y a tant de belles choses dans leurs musiques...
Jeremy: Oui, contrairement à Futura Black, les guitares ne sont plus forcément notre point de départ pour composer.
Mark: Il y a aussi le fait qu’il n’y a plus de batterie à proprement parler dans l’album.
u son?
Jeremy: On allait dans cette direction de toute façon.
Jeremy: Difficile de répondre. Ça serait sympa, mais on n’a pas de réponse, pour l’instant…
Mark: Si quelqu’un veut nous payer pour le faire, on est partants!
Jeremy: Et j’aimerais bien revenir en Europe, je suis né en Allemagne…
Jeremy: OUI.
Mark: On peut entendre un peu de Kraftwerk dans Modulo, je pense. (le morceau n°9 de l’album ndlr)
JJ’s Crystal Palace, c’est votre album de la maturité? Celui dans lequel vous pouvez laissez toutes vos influences se mélanger d’une manière qui fonctionne? Quelque chose que vous ne pouviez/vouliez pas faire à l’époque de Futura Black?
Jeremy: Je pense juste qu’on n’était pas équipés, qu’on n’avait pas le projet de faire ça. Le temps passe, on prend de l’âge, les choses se mélangent doucements, puis des fois, les résultats surprennent. Mais je pense que JJ’s Crystal Palace s’éloigne autant de Futura Black que Futura Black s’éloignait de nos premiers morceaux.
Mark: Le résultat surprend toujours quand on fait un album. Ça fait partie de la magie de la chose. C’est toujours différent de ce qu’on avait en tête en démarrant le projet.
Jeremy: On entend l’esprit du shoegaze dans beaucoup d’artistes.
Mark: Je me tiens pas tellement au courant des derniers trucs. Généralement, j’ai deux ans de retard pour découvrir les dernières nouveautés.
Jeremy: Est-ce qu’on est shoegaze? Je suis pas le meilleur juge. C’est juste facile de répondre ça aux gens quand on leur demande quel genre de musique on fait. La plupart des gens demandent « c’est quoi le shoegaze? » après. Donc, si shoegaze, ça veut dire pas être connu de beaucoup de gens, alors, oui, on est shoegaze!
Mark: Si ça avait été notre premier album, je ne crois pas qu’on aurait été classifié dans le shoegaze, c’est plus des restes de Futura Black, je crois.
Jeremy: J’aime à penser que oui. Mais j’arrive pas à faire de comparaison directe avec JJ’s.
Mark: Oui, les éléments sont là , j’aime toujours ma reverb!
Jeremy:Je n’ arrive pas encore bien à le décrire. Histoire de catégoriser, on a appelé ça du shoegaze disco rock. Mais il y a des courants profond qui vont au-delà de ces étiquettes, je pense. Certains de ces courants dérivent de sensibilités shoegaze. Je pense et j’espère qu’il est addictif, pour le meilleur. On en est très contents.
Heather: Je le vois comme un rassemblement de chansons qui évoquent quelque chose de familier, de bon, de joyeux, de triste et qui me remonte le moral. J’aime encore l’écouter!



































J’aime beaucoup cette Interview et le coté « on se prend vraiment pas la tête »
très bon groupe.