Date limite de Todd Phillips
Ce qui est bien avec Todd Phillips (Retour à la fac, Starsky et Hutch et Very Bad Trip), c’est qu’il a réussi à se faire un nom en France grâce à sa comédie complètement survendue de l’année dernière, Very bad Trip (jamais entendu autant de spot de pub pour une comédie sur les stations de radio, en parlant de ça). Il faut dire qu’avant, ses films étaient surtout calibrés pour le marché américain (son marché quoi) entre un Retour à la fac franchement nunuche, un Road Trip trop invisible et un Starsky et Hutch pas toujours bien chouette. Avec Date limite, il refait le coup du Road Trip, et remet le couvert au niveau des situations comiques un peu décalés mettant aux prises deux acteurs qui ne s’étaient encore jamais rencontrés auparavant, Robert Downey Jr. et Zach Galifianakis. Si le film n’était pas américain, on dirait presque du Veber…
Cinq jours séparent Peter Highman (Robert Downey Jr. ) du jour où il sera père pour la première fois, au terme de la grossesse de sa femme. Tandis qu’il se dépêche de prendre un vol d’Atlanta pour être à ses côtés pour la naissance, ses meilleures intentions s’en vont à vau-l’eau lorsqu’il rencontre avec Ethan Tremblay (Zach Galifianakis), un acteur en quête de reconnaissance, qui veut conquérir Hollywood.
Ce dernier, par le plus grand des hasards, force Peter à faire de l’autostop dans une virée qui va le mener à travers le pays, détruisant au passage quelques voitures et autres amitiés mais surtout sa dernière résistance..
Finalement, Francis Veber a su imposer un style particulier dans la comédie : l’opposition entre deux personnages, que tout oppose, en appuyant sur le coté dramatique de l’un pour contrebalancer le coté comique de l’autre. A moins que cela soit le contraire. Date limite serait un peu dans cette veine s’il n’était furieusement ancré dans un univers tellement codifié que ça fait peur. Toute l’intrigue repose sur des postulats de scénario totalement improbables dans la réalité, si bien qu’on a bien du mal à comprendre le pourquoi du comment et surtout se rattacher à quelque chose que l’on connaît. Le film s’inscrit dans la veine comique du « plus c’est con, plus c’est improbable, plus c’est rigolo », véhiculé depuis une dizaine d’année par les pro de la comédie américaine qui ont enfin réussi à s’exporter dans notre joyeuse contrée.
Ce qui est emmerdant, c’est que dans ce registre, je crois qu’on n’a pas fait mieux que The Big Lebowski et sa galerie de personnages tous plus improbables les uns que les autres. Si ce film a atteint le statut de film « culte » (je hais toujours autant ce terme trop marketing à mon goût), c’est parce qu’on se sert de certaines séquences dans d’autres films. C’est le cas pour Date limite dont l’un des canevas principaux est le gag filé sur les cendres du père de l’abruti de service contenues dans une boite de cafés, comme c’était le cas pour celles de Donny, le pote du Dude et de Walter dans une plus grande boite. Ne pas avoir de souvenirs (ou une mémoire de poisson rouge) permet de s’immiscer évidemment plus en amont dans un film. Je devrais arrêter d’avoir de la mémoire. Mais revenons à Date Limite.
L’opposition entre les deux personnages est donc bien montrée, tellement antinomique l’un de l’autre que j’ai toujours pas compris pourquoi à la fin ils étaient devenus potes. J’ai pas vu pourquoi ils devraient l’être et surtout à quoi ça peut bien servir d’avoir pour pote un cancer pareil, qui n’a rien pour lui et qui est en plus chiant comme la pluie. Mais il faut dire que Galifianakis veut s’imposer dans un registre comique alors qu’il peut faire totalement flipper, comme son apparition récente dans Gigantic en SDF. Comme les autres, il veut sa part de succès et rien ne vaut la comédie pour ça, bien sûr. Ses fans apprécieront ses pitreries décalées. Les autres s’en cogneront totalement le ciboulot et se placeront du coté du désormais cool et classe Downey Jr, qui retrouve d’ailleurs ici sa partenaire de jeu dans Kiss Kiss Bang Bang, la délicieuse Michelle Monaghan.
Road movie oblige, on voyage beaucoup à travers les États-Unis, sans que cela soit centré sur des personnages extérieurs. C’est un peu dommage car tout est surtout basé sur la relation entre les deux types qui monopolisent totalement l’écran. Un peu dommage quand on sait toute la richesse qu’implique forcément ce genre de films. Mais l’histoire est tellement bien martelée, l’opposition tellement évidente que Date limite est totalement assimilé avant même que le film démarre. D’où peut-être l’absence de rire, et quelques esquisses de sourires lors de certains passages pour une partie des spectateurs (les séquences de l’aéroport, le chien qui se masturbe (sic) et d’autres trucs fait pour ça). Un peu ennuyeux quand un film est bâti essentiellement pour cet aspect.
























































J’ai l’impression que la B.A. dévoile tous les gags, non ? Je tenterai tout de même Samedi et reviendrait donner mon point de vue.
Ca et les affiches qui trainaient un peu partout dans les cinémas donnent effectivement bien le ton du film. Après, je suis pas un inconditionnel de Phillips, ce qui n’arrange peut-être rien à l’impression que j’en ai retiré en le voyant.
Bah, j’étais super fan de The Hangover, là , on a le même à deux-trois poils de culs, mais en moins bien.
T’aurais dû faire les deux articles alors. Ca aurait permis aux gens d’être super d’accord avec ce blog ^^
Bon, je vais tenter le coup ce soir – samedi soir, comédie, gros bordel assuré dans la salle !
Je pense que, finalement, ils deviennent « potes » avec l’évènement (totalement improbable, oui) à la frontière mexicaine. Ethan risque sa peau pour sortir Peter et qu’il puisse ainsi, voir son bambin sortir de madame.
Bon point de relever que dans ce road trip, mise à part le Grand Canyon, on ne voit pas grand choses des Etats-Unis.
Mais je n’ai pas passé un mauvais moment malgré le départ très laborieux. Faut dire que je suis totalement rallié à la cause Galifianakis, un gros barbu qui fait des conneries, ça me fait marrer. Ouais…
Ah oui, merdre, j’aurais dû mettre le fait qu’on comprenait bien pourquoi ils devenaient potes mais que finalement, ça ne voulait pas dire grand chose (hormis qu’un boulet veuille devenir l’ami d’un inconnu mais là … c’est presque métaphysique comme concept).
Un barbus qui fait des conneries, faut dire que j’ai ça dans ma famille alors forcément, payer pour aller voir un mec faire pareil… mais là , je suis un peu de mauvaise fois. C’est bien pour lui, ça lui permet de percer dans ce monde cruel du star system. J’ai rien contre lui mais franchement, ce type de comédie, il en sort une centaine par an aux Etats-Unis, qui débarquent direct en DVD (ou dans les limbes). S’il n’y avait pas Downey, que Very Bad Trip n’avait pas marché, ça serait un peu le sort réservé pour cette dernière..
Mais bon, après, ça vaut toujours pas mal de films qui passent au cinéma… et notamment certaines comédies françaises totalement merdiques.
Tiens je suis pas d’accord avec Mathieu. Date Limite est bien plus poilant que hangover à mes yeux.