Les Petits mouchoirs de Guillaume Canet

4
Posted 11 novembre 2010 by Dextarian in Comédie

Rating

Réalisation
65%


Casting
65%


Scénario
40%


Photo
45%


Musique
50%


Intérêt
20%


Total Score
48%


Genre: ,
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario:
 
Photographie:
 
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 154 minutes
 
Crédit photographique: EuropaCorp Distribution
 
by Dextarian
Full Article

Guillaume Canet est un mec bien. C’est du moins l’image qu’il a pour le grand public. Pour le cinéma, c’est un jeune réalisateur doté d’une bonne culture ciné et qui a su faire son petit bonhomme de chemin. Alors défoncer Les Petits mouchoirs, comme je m’apprête à le faire, n’est pas chose facile puisque j’éprouve aussi de la sympathie pour ce mec. Mais il faut dire que merde, ce truc est plus proche d’une purge que de grand film sur une bande de potes…

Selon Guillaume Canet, les petits mouchoirs sont ceux que l’on met sur nos problèmes pour ne pas les voir. Le titre renvoie donc au sujet principal du film, centré sur la question du mensonge à soi-même et aux autres. Guillaume Canet rêvait de faire un film de potes comme Husbands (1971) John Cassavetes, Un éléphant, ça trompe énormément (1976) d’Yves Robert ou Les Copains d’abord (1983) de Lawrence Kasdan… Je crois pas que ça soit bien réussit…

L’histoire des Petits mouchoirs commence donc par un événement bouleversant, un accident d’un gars. La bande de copains de ce dernier décide, malgré tout, de partir en vacances au bord de la mer comme chaque année. Leur amitié, leurs certitudes, leur culpabilité, leurs amours en seront ébranlées. Ils vont enfin devoir lever les « petits mouchoirs » qu’ils ont posés sur leurs secrets et leurs mensonges.

http://www.youtube.com/v/mxKMVFBPUQo?fs=1&hl=fr_FR
Les Petits mouchoirs – bande annonce – 2010

Il parait donc que Canet a écrit Les Petits Mouchoirs avec une certaine facilité puisqu’il a vécu un peu la situation de Dujardin dans le film. Ca en fait, selon lui, son film le plus personnel à ce jour puisqu’il estime qu’il a mis un peu de lui dans chacun des protagonistes de ces petits mouchoirs. L’entreprise est louable si très honnêtement, son histoire n’était pas clafie de clichés, poncifs et autres personnages totalement stéréotypés pendant plus de deux heures trente.

Le premier écueil des Petits mouchoirs est sa longueur. Faire un film long passionnant, c’est déjà tout un art en soi. Encore faut-il une bonne histoire et surtout une évolution psychologique des protagonistes pour que le spectateur n’ai pas l’impression de tourner en rond. Ce n’est pas le cas ici : les personnages n’évoluent pas un brin malgré les conflits latents. Leurs défauts est tellement mis en valeur qu’on a tous envie qu’ils brulent en enfer et plus le film avance, plus on ne voit plus que ça. Cela ne poserait pas de problèmes si la fin n’était pas en plus totalement ridicule au regard de l’ensemble. Elle est totalement drôle, d’ailleurs, au second degré.

Le propos est ainsi bien appuyé : chaque séquence est trop longue et nous assène que chacun n’est pas très clair avec lui-même et avec ses semblables. Comme il y a 10 acteurs qui doivent passer devant la caméra pour nous montrer qu’ils sont pas aussi clair que ce qu’ils veulent bien montrer, le propos s’étire donc à l’infini. Sans compter que l’on connaît déjà les personnages par cœur puisque la plupart des acteurs ne sont pas dans des rôles de compositions. Lelouche est souvent un bon pote rigolard. Cottillard souvent une femme un peu paumée qui cherche à voyager à travers le monde, Cluzet incarne également de manière récurrente un mec un peu rigide, Arbillot la femme qui n’a jamais trop ce qu’elle veut et Magimel a toujours été souvent à la limite dans ses rôles. Bref, rien que ça, on se dit que le film est calibré pour faire de l’entrée dans les salles obscure tant les uns et les autres ont des rôles pour ne pas surprendre le spectateur.

Mais ce sont les potes de Canet. Il a fait un film de potes avec des potes. En effet, pour incarner cette bande de copains qui se retrouve chaque été au bord de la mer, Guillaume Canet a choisi de mettre en scène ses propres amis à la ville. Compagnon de Marion Cotillard qu’il connait depuis quatorze ans, le cinéaste a en outre usé les bancs du CM1 en compagnie de Jean Dujardin, avec qui il a également fait sa première communion. Benoît Magimel a connu Guillaume Canet en 1994 sur le téléfilm La Colline aux mille enfants et Anne Marivin est une amie du réalisateur depuis 15 ans. Donc aucun n’est trop mal loti, malgré soi disant le titre qui ferait références à des cadavres dans le placard. Où est donc le plaisir coupable du spectateur ici de voir des gens s’entredéchirer un peu et s’égratigner beaucoup si le réalisateur évite soigneusement de les égratigner ? Il n’y est pas et on s’emmerde donc.

On s’emmerde d’autant plus que le personnage, absent mais présent à la fin, de Dujardin est dépeint comme un mec cool qui n’arrive pas à bien vivre. On ne le voit dans le film que comme un sombre connard et ce n’est pas la scène où il est déguisé en femme qui nous permet de voir en lui un mec torturé qui souffre. Les scènes d’hôpital ne nous éclairent pas plus là-dessus.

On passe aussi sur l’aspect générationnel du truc. Les acteurs ont quoi ? 4-5 ans de plus que moi à tout péter pour certains (hormis Cluzet mais il est ici comme un cheveu sur la soupe, niveau génération) et je ne me retrouve dans aucun des personnages. Ils ont des codes et des thématiques complètement dépassés. Le coup de l’homosexualité est ici baigné dans un relent de bêtise sans nom. Les gags là-dessus sont tellement récurent sur l’ambigüité de certains rapports qu’on aurait envie que les deux personnages, c’est-à-dire Magimel et Cluzet, se petent les fesses à tour de rôles, histoire d’arrêter de jouer sur ce créneau là. Cette thématique, totalement dépassée depuis quoi, Peter’s Friend de Kenneth Branagh1 nous est resservi ici comme un truc qui sent le formol.

Faire un film de potes, c’est un métier. Savoir relier avec une caméra les liens les uns avec les autres tout en démontrant les conflits qui peuvent surgir à tout moment aussi. C’est capter l’essence qui fait le sel d’une nouvelle famille, celle que l’on choisit plus qu’on ne la subit. Elle est d’autant plus difficile à filmer, « cette famille », qu’elle est plus précaire, par certains côtés, que la famille par le sang. Canet n’y arrive pas. Il est obligé d’appuyer le propos en rallongeant les séquences pour nous montrer des choses, tout en restant d’ailleurs dans le superficiel (et pas léger).

Quand on voit Les Petits mouchoirs, on se demande même si le réalisateur ne prend pas le spectateur pour une courge en lui montrant la vie d’amis entre eux, comme si le spectateur n’en avait pas, d’amis. Pour ma part, la mort d’un ami et les scènes d’hôpital, je connais très bien. J’ai des amis dont j’ai du me séparer et d’autres qui sont restés. Le ménage a été fait et d’autres sont arrivés, chemin faisant. Quand je regarde ce truc, je vois des positions figées, des personnages caricaturés en diable, des situations convenues et des clichés tartinées à la truelle. Les Petits mouchoirs manquent autant de subtilité que d’éléments proprement comiques. Ca serait le premier film de potes de l’histoire du cinéma, ça ne serait pas grave. Ca serait quelque chose de nouveaux, les amis, ça ne serait pas grave. M’enfin, au XXe siècle, me montrer que les potes de Canet de sa vraie vie sont super cool à travers des rôles taillés sur mesure pour eux, je m’en cogne un peu…

Ah, une seule chose à voir ici, contrairement à Ne le dis à personne qui était fort bien mis en scène de bout en bout : le plan séquence du début. Il doit durer 3-4 minutes. Peut-être moins. Mais c’est le plus marquant et le plus intéressant. Le reste, les 2H30 qui suivent, on peut allègrement s’en passer. Mais comme vous avez déjà vu le film….


  1. Très bon films sur une bande des potes qui date de 1992 et que je vous conseille au passage. []

Le Rédacteur

Dextarian
avatar

Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

4 Commentaires


  1. avatar
     
    mel

    Si je savais me retenir je ne dirais qu’un seul mot: LONG! ce film est une merde monumentale., et je pèse mes mots.
    En effet, ayant eu dans mon entourage des dizaines de personnes m’encourageant à aller voir ce film (moi qui pourtant déteste les films français…)qui je cite « est une belle leçon de vie » et « où l’on passe du rire aux larmes » et bien pour ma part j’attends toujours…





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