Potiche de François Ozon
Rating
Les Plus:
Une ambiance remarquable, un humour palpable et un casting en orLes Moins:
Un peu trop pièce de théâtre
Douzième long métrage réalisé par François Ozon, cinéaste qui signe un film par an depuis 1997 (et son moyen-métrage Regarde la mer), Potiche lui permet de retrouver quelques collaborateurs, comme Jérémie Renier (Les Amants criminels), Catherine Deneuve (8 femmes) ou encore Sergi López (Ricky). Il s’agit aussi du premier film dans lequel tourne Elodie Frégé, chanteuse issue de la Star Academy. Pour la petite histoire, Potiche est une pièce de théâtre de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy créée le 17 septembre 1980 et jouée 570 fois au Théâtre Antoine. Elle fut diffusée dans l’émission Au théâtre ce soir en 1983.
En 1977 (quelle belle année), dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol (Catherine Deneuve) est l’épouse popote et soumise d’un riche industriel Robert Pujol (Fabrice Luchini). Il dirige son usine de parapluies d’une main de fer et s’avère aussi désagréable et despote avec ses ouvriers qu’avec ses enfants et sa femme, qu’il prend pour une potiche.
À la suite d’une grève et d’une séquestration de son mari (désavoué par ses employés), Suzanne se retrouve à la direction de l’usine et se révèle à la surprise générale une femme de tête et d’action. Mais lorsque Robert rentre d’une cure de repos en pleine forme, tout se complique…
L’avantage quand on va voir un film d’Ozon, c’est qu’il y a de la maitrise technique. Les cadres sont bien choisis, les plans s’enchaînent avec une facilité déconcertante et la mise en scène, de manière générale pose clairement le ton, ce qui n’est pas souvent le cas avec pas mal de réalisateurs. Bien sûr, comme c’est une adaptation d’une pièce de théâtre, c’est aspect est aussi très présent ici et confère à certaines séquences un aspect bien statique. Mais tout réside dans le jeu des acteurs et notamment Deneuve, qui reprend ici le rôle de Suzanne Pujol incarnée par Jacqueline Maillan 30 ans plus tôt avec une certaine délectation (lorsqu’on arrive à se faire à ses lèvres qui sont toujours aussi space). Elle permet, si besoin était, de se rappeler à notre bon souvenir en tant que monstre sacré du cinéma, vu l’enchainement des bouses innommables qu’elle a tourné aussi pendant une longue période1. Surtout qu’ici, Deneuve retrouve encore une fois (la septième) Gérard Depardieu et on sent la complicité naturelle entre les deux acteurs.


















































