Potiche de François Ozon

1
Posted 12 novembre 2010 by Dextarian in Comédie

Rating

Réalisation
89%


Casting
90%


Scénario
80%


Photo
80%


Musique
60%


Intérêt
70%


Total Score
78%


Genre:
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario:
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 103 minutes
 
Titre original: PoticheMars Distribution
 
Crédit photographique: Mars Distribution
 

Les Plus:

Une ambiance remarquable, un humour palpable et un casting en or
 

Les Moins:

Un peu trop pièce de théâtre
 
by Dextarian
Full Article

Douzième long métrage réalisé par François Ozon, cinéaste qui signe un film par an depuis 1997 (et son moyen-métrage Regarde la mer), Potiche lui permet de retrouver quelques collaborateurs, comme Jérémie Renier (Les Amants criminels), Catherine Deneuve (8 femmes) ou encore Sergi López (Ricky). Il s’agit aussi du premier film dans lequel tourne Elodie Frégé, chanteuse issue de la Star Academy. Pour la petite histoire, Potiche est une pièce de théâtre de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy créée le 17 septembre 1980 et jouée 570 fois au Théâtre Antoine. Elle fut diffusée dans l’émission Au théâtre ce soir en 1983.


En 1977 (quelle belle année), dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol (Catherine Deneuve) est l’épouse popote et soumise d’un riche industriel Robert Pujol (Fabrice Luchini). Il dirige son usine de parapluies d’une main de fer et s’avère aussi désagréable et despote avec ses ouvriers qu’avec ses enfants et sa femme, qu’il prend pour une potiche.

À la suite d’une grève et d’une séquestration de son mari (désavoué par ses employés), Suzanne se retrouve à la direction de l’usine et se révèle à la surprise générale une femme de tête et d’action. Mais lorsque Robert rentre d’une cure de repos en pleine forme, tout se complique…

L’avantage quand on va voir un film d’Ozon, c’est qu’il y a de la maitrise technique. Les cadres sont bien choisis, les plans s’enchaînent avec une facilité déconcertante et la mise en scène, de manière générale pose clairement le ton, ce qui n’est pas souvent le cas avec pas mal de réalisateurs. Bien sûr, comme c’est une adaptation d’une pièce de théâtre, c’est aspect est aussi très présent ici et confère à certaines séquences un aspect bien statique. Mais tout réside dans le jeu des acteurs et notamment Deneuve, qui reprend ici le rôle de Suzanne Pujol incarnée par Jacqueline Maillan 30 ans plus tôt avec une certaine délectation (lorsqu’on arrive à se faire à ses lèvres qui sont toujours aussi space). Elle permet, si besoin était, de se rappeler à notre bon souvenir en tant que monstre sacré du cinéma, vu l’enchainement des bouses innommables qu’elle a tourné aussi pendant une longue période1. Surtout qu’ici, Deneuve retrouve encore une fois (la septième) Gérard Depardieu et on sent la complicité naturelle entre les deux acteurs.

Potichefait surtout la part belle à la critique sociale à travers la fin des années 70. Un peu étrange puisque à cette époque, la libération de la femme battait déjà son plein. Fixer le cadre de l’action dans le Nord permet peut-être de nous indiquer qu’il ya encore des culs terreux qui ne sont pas aux faits de l’actualité (IVG, travail des femmes, émancipation de cette dernière, divorce par consentement mutuel… toutes ses avancées au sein de la famille qui ont eu lieu juste avant le cadre de l’action). Cela  peut néanmoins rester d’actualité dans notre charmante époque puisque les dialogues et les situations trouvent toujours un certain écho. Mais peut-être que si le cadre de l’action avait été planté dans les années 60, on aurait surement plus senti le décalage.Quoiqu’il en soit, Ozon avec son Potiche, a intégré des thématiques et des bons mots d’aujourd’hui, comme pour signifier le coté intemporel de la situation d’une industrie moribonde et de conflits sociaux qui n’ont pas vraiment évolué depuis, entre une gestion moderne de l’entreprise, symbolisé par Deneuve et une gestion d’une main de fer par Luchini. Ce dernier s’éclate d’ailleurs avec son personnage de salopard gentillet même si on n’est pas du niveau de La Discrète le concernant. Il vieillit et ça se sent.Coté musique, le compositeur Philippe Rombi s’est inspiré des bandes-originales des années 70, notamment celles de Vladimir Cosma et Michel Magne. Ca se ressent et les vieux de la vieille reconnaîtront aisément ces mélodies qui fleurent bon les années 1970.Mais Potiche reste surtout une bonne Å“uvre de comédie. Montage adéquat, bien rythmée et avec une histoire où les personnes évoluent avec le temps, entre confidences et coups d’éclats de chacun. Adapter une pièce de théâtre peut se révéler casse gueule mais Ozon a su faire et bien. Sans être d’une grosse méchanceté ou d’une grande ironie, Potiche prouve que l’on peut encore faire des comédies en France sans être obligé de copier le modèle américain, en gardant certaines spécificité du théâtre et en soignant une mise en scène, une photographie et un cadre. Le tout avec des thématiques d’aujourd’hui (Deneuve s’est d’ailleurs inspirée de Ségolène Royal dans la seconde partie du film et ça se voit bien). Un film qui ne plaira pas forcément qu’aux grands-mères et grands-pères même si je devais être le plus jeune dans la salle lors de la séance…
  1. Le pire doit être Cyprien, je pense. []

Le Rédacteur

Dextarian
avatar

Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

Un Commentaire



Poster une réponse

(required)


Notifiez-moi des commentaires à venir via email. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.

Derniers articles publiés
 
  • 6ma2-c987d
  • Sur la route - vignette
  • 70%
    The WHATTS ABCD bandeau
  • 94%
    74019611
  • 90%
    937604_moonrise-kingdom
  • DP_Complainte7_light
  • 81%
    nickfury
  • 83%
    Huis clos - vignette
  • 80%
    La Guerre est déclarée - vignette
  • 63%
    the-vow (1)