Pieds nus sur les limaces de Fabienne Berthaud
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Sortie le 1er décembre 2010
Aujourd’hui l’exercice est un peu différent : il ne s’agit pas que de vous parler de Pieds nus sur les limaces, le film de Fabienne Berthaud avec Ludivine Sagnier et Diane Kruger. En effet, j’ai eu l’occasion de discuter avec la réalisatrice ainsi qu’avec Ludivine Sagnier au cours d’une table ronde organisée par Haut et Court. Qu’est ce que ça change ? Et bah, à peu près tout. Je n’avais pas trouvé le film si convaincant que cela et j’ai changé d’avis. Oui, il y a plein de choses qui clochent dans ce film qui sort le 1er décembre, mais il y a aussi des choses qui valent qu’on s’attarde un tout petit peu sur ce film.
Le film raconte l’histoire de deux sÅ“urs que tout oppose : l’une, Lily (Ludivine Sagnier), est déjantée, un peu folle (voire à certains moments, complètement folle). Elle vit libre, comme une enfant dans le corps d’une adulte. A côté d’elle, il y a sa sÅ“ur, Clara, (Diane Kruger) qui est sérieuse, classique et qui fait tout pour vivre une vie tout ce qu’il y a de plus normale. Sauf qu’un jour leur mère meurt dans un accident (je ne spoile rien, c’est la première scène du film). Clara se retrouve à devoir gérer sa soeur dont le comportement est étrange voire complètement dérangeant (elle a la manie de ramasser les animaux morts pour les empailler et même en faire des slips…). Lily vit dans une petite cabane à côté de la maison familiale, le tout au milieu de la campagne… Cette cabane, sa sÅ“ur n’ose pas y entrer, c’est un peu le musée des horreurs, là où l’univers de Lily est exposé.
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Pieds nus sur les limaces – bande annonce – 2010
Deux rôles opposés donc pour deux actrices qu’on attendait pas. Diane Kruger avait joué dans le premier film de Fabienne Berthaud, Frankie, sorti en 2005. Pieds nus sur les limaces est adapté d’un roman qui porte le même nom mais qui a été totalement remanié lors de l’adaptation au cinéma.
Les thèmes du film tournent autour de la tolérance : comment va faire Clara pour gérer cette sÅ“ur complètement déviante par rapport à la société tout en gardant le petit confort parisien qu’elle s’est construit avec un avocat qu’elle a épousé trop vite. Car le deuxième pan de l’histoire, bien plus intéressant, concerne Clara. Elle doute petit à petit de sa capacité à gérer sa sÅ“ur sans leur mère. Pendant un temps elle essaie de gérer sa vie parisienne et Lily, puis vient un questionnement plus profond sur le sens de la vie qu’elle mène, sa sÅ“ur servant de déclencheur.
Je ne vous parle pas plus de l’histoire qui était déjà très intéressante dans le roman de Fabienne Berthaud pour vous parler de la réalisation. Le film est tourné comme un documentaire, au format vidéo et sans la lumière de cinéma habituelle. Ici, la réalisatrice se laisse porter par les paysages de campagne tout en peignant l’univers décalé (travail de Valérie Délis que Ludivine Sagnier décrit comme « un hymne à la vie (…) pas du tout glauque ». Moi j’ai trouvé ça parfois un peu dégoutant, comme lorsqu’elle se colle des limaces sur le corps et propose à ses copains d’en prendre une ou deux…)
Le livre est très noir, bien plus que le film. La réalisatrice veut parler de la mort, de la liberté dont nous nous privons tous un peu par rapport à Lily qui vit toutes ses envies sans se poser la question de la norme. Face à cela, on se plonge dans le personnage de Clara qui n’est pas sûre d’être heureuse et se rend compte qu’elle vit de façon trop étriquée. Diane Kruger est pour le coup une vraie révélation. Les scènes sont parfois tournées en « improvisation dirigée » et Kruger laisse parfois resurgir un accent qui n’a rien à faire là , mais qui montre sa sincérité, sa profonde attache au rôle de Clara. Elle dit dans Grazia ne pas vouloir être trop « lisse » et elle confirme que derrière le top model qui fait des blockbusters américains il y a une bonne actrice.
Pour finir, Fabienne Berthaud réalise sans se poser trop de questions : d’ailleurs on ne sait plus trop pour qui se film a été fait. La musique de Thomas Dybdhal m’a fait un peu penser à Into The Wild et la bande son de Eddie Vedder. Ludivine Sagnier a un rôle difficile : jouer la déviance peut amener à surjouer : elle a au moins le mérite de se plonger dans le rôle à corps perdu. Elle assume tout. C’est le message du film. Assumons tout.
Pieds nus sur les limaces de Fabienne Berthaud | Scénario de Pascal Arnold d’après l’oeuvre de Fabienne Berthaud | Photographie de Fabienne Berthaud | Musique de Michael Stevens | Avec Diane Kruger, Ludivine Sagnier, Denis Ménochet, Brigitte Catillon, Jacques Spiesser, Jean-Pierre Martins, Anne Benoit, Mathias Melloul, Gaëtan Gallier, Reda Kateb | France | 2009 | 108 min. | Comédie dramatique et Famille | Distribué par Haut et Court | Crédit photographique : Haut et Court












































Ce film a l’air assez intriguant.
<3