Scott Pilgrim vs. the World d’Edgar Wright
Scott Pilgrim vs. the World est un pur produit de la sous-culture américaine. Certains diront culture geek mais étant donné que le film et la BD (de Bryan Lee O’Malley) parle autant de musique que de jeux-vidéo, on est plutôt dans ce qui a constitué le soft power américain pendant des décennies avant qu’on se fasse tous bouffer par des chinois avides de revanche après des siècles d’humiliation par des occidentaux de merde. Vous l’aurez peut-être compris, Scott Pilgrim a surtout buzzé sur le net dans le cercle de plus en plus large des amateurs de jeux-vidéos puisqu’il est composé comme un jeu vidéo, mais version années 1980. D’ailleurs, dès le générique en 8 Bit d’Universal, on est en plein dedans. C’est peut-être d’ailleurs le premier film de la génération rétro des . Mais passons et attaquons un peu plus le sujet avec ce nouveau film d’Edgar Wright, plus connu pour ses Shaun of the Dead et Hot Fuzz avec ses potes Simon Pegg et Nick Frost. Les deux acteurs étant trop vieux pour ce film de post-ado, on a fait appel à Michael Cera (la série Arrested Development, Juno , L’ An 1 : des débuts difficiles et Be Bad !), encore assez peu connu en France…
Scott Pilgrim (Michael Cera) n’a jamais eu de problème à trouver une petite amie, mais s’en débarrasser s’avère plus compliqué. Entre celle qui lui a brisé le cÅ“ur – et qui est de retour en ville – et l’adolescente qui lui sert de distraction au moment où Ramona (Mary Elizabeth Winstead) entre dans sa vie – en rollers – l’amour n’a jamais été chose facile. Il va cependant vite réaliser que le nouvel objet de son affection traîne les plus singulières casseroles jamais rencontrées : une infâme ligue d’ex qui contrôlent sa vie amoureuse et sont prêts à tout pour éliminer son nouveau prétendant.
À mesure que Scott se rapproche de Ramona, il est confronté à une palette grandissante d’individus patibulaires qui peuplent le passé de sa dulcinée : du mesquin skateur à la rock star végétarienne en passant par une affreuse paire de jumeaux. Et s’il espère séduire l’amour de sa vie, il doit triompher de chacun d’eux avant que la partie soit bel et bien « over ».
Avec un scénario aussi palpitant qu’un plat d’Hachi Parmentier, Scott Pilgrim vs. the World mise tout sur le visuel. C’est d’ailleurs ce qui fait autant sa force que sa faiblesse. En effet, Wright, s’il maitrisait parfaitement les codes du film d’horreur et des films d’action du passé, a beaucoup plus de mal à donner une certaine cohérence à cette adaptation des six volumes de Bryan Lee O’Malley qui se caractérise par des dessins très proches de Junko Mizuno (genre Pure trance). Même si l’œuvre est un mélange de romance, d’humour et de combats, le film manque souvent de rythme et les cadres ne sont pas toujours bien choisis. Mais Scott Pilgrim se démarque par un esprit « indé » assez sympathique, à commencer par les chansons de Beck, qui s’est occupé en partie de la bande originale. C’est juste dommage que ce mec soit un scientologue, en fait. Mais passons sur ce détail qui ne concerne que lui…
Comme le film est découpé par tableau, avec un boss à chaque fois de plus en plus dur, Scott Pilgrim vs. the World joue à fond la carte de la nostalgie jeux-vidéoesque, avec l’explosion d’argent lorsque l’on battait un boss en ces temps obscur des années 1980. Maintenant, ça n’existe plus mais ça fait plaisir de voir ça lorsque l’on est considéré, et à juste titre, comme un papy des jeux vidéos (enfin période NES parce que le film fait souvent penser à la console 8 bits de Nintendo).
C’est d’ailleurs pour cela, peut-être, que Scott Pilgrim vs. the World n’a pas vraiment bien marcher aux Etats-Unis : trop référencé, trop inscrit dans un moule, trop canadien aussi (oui, je sais, c’est moche de dire ça mais ça a peut-être joué dans le box-office nord américain… humour), trop destiné à être culte avant de l’être vraiment et peut-être aussi parce que cette Å“uvre est plus visuelle que réellement palpitante. Et encore, cet aspect formel manque d’impact lorsque chaque ennemi de Scott Pilgrim débarque. Il donne surtout l’impression de ne pas être totalement maitrisé et d’être plus un exercice de style qu’autre chose.
Ce qui est en fait dommage, c’est que l’aspect « foutraque » et totalement décalé ne soit pas encore plus mis en valeur. Les personnages auraient pu arriver comme des cheveux sous la soupe et jouer aussi à fond sur un esprit jap animation du style du Collège fou, fou, fou. Enfin, c’est un peu l’impression que l’on peut avoir si l’on regarde un peu attentivement les images qui défile.
Mais hormis cela, Scott Pilgrim vs. the World garde a une certaine fraicheur due à ses acteurs,
Michael Cera, Mary Elizabeth Winstead ou encore Jason Schwartzman qui a l’air de bien s’amuser. Chris Evans est parfait dans le rôle de la vedette de cinéma imbu de lui-même. Le coté pince sans rire de Cera joue est utilisé aussi à bon escient. L’œuvre d’Edgar Wright n’est pas mauvaise en soi, loin loin de là au regard de toute les merdes qui sortent chaque année au cinéma ou en DVD. Elle est fun, assez sympathique et jouant à fond sur les codes des genres dont elle issue.
C’est juste qu’il manque une petite touche de fraicheur, d’un « je ne sais quoi » pour en faire réellement un film que l’on pourrait qualifier de « culte », de « classique ». Bref, de le ranger dans une catégorie des films à part, des films qui marquent. A trop vouloir jouer sur la nostalgie, on oublie finalement que ça ne reste qu’un exercice de style. Que l’aspect cool ne doit pas être imposé mais suggéré…
Pour finir, je vous laisse avec la playlist de Scott Pilgrim vs. the World. Les morceaux sont disponibles sur youtube pour le moment et je vous conseille surtout Ramona, totalement désopilant par son absence de texte…
01 SEX BOB-OMB (Beck): « We Are SEX BOB-OMB »
02 Plumtree: « Scott Pilgrim »
03 Frank Black: « I Heard Ramona Sing »
04 Beachwood Sparks: « By Your Side »
05 Black Lips: « O Katrina! »
06 Crash and the Boys (Broken Social Scene): « I’m So Sad, So Very, Very Sad »
07 Crash and the Boys (Broken Social Scene): « We Hate You Please Die »
08 SEX BOB-OMB (Beck): « Garbage Truck »
09 T. Rex: « Teenage Dream »
10 The Bluetones: « Sleazy Bed Track »
11 Blood Red Shoes: « It’s Getting Boring by the Sea »
12 Metric: « Black Sheep »
13 SEX BOB-OMB (Beck): « Threshold »
14 Broken Social Scene: « Anthems for a Seventeen-Year-Old Girl »
15 The Rolling Stones: « Under My Thumb »
16 Beck: « Ramona (Acoustic) »
17 Beck: « Ramona »
18 SEX BOB-OMB (Beck): « Summertime »
19 Brian LeBarton: « Threshold 8 Bit »





















































