Takers de John Luessenhop
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Bof bof bof
Ce qui est bien, avec le cinéma, c’est que c’est un éternel recommencement. Les films de braquage ont eu leur référence, avec Heat de Mann et depuis, il est bien dur de faire (ou de savoir faire) quelque chose de différent. Ce pauvre Takers lorgne tellement sur ce désormais classique du cinéma américain qu’il est bien difficile d’adhérer totalement au film John Luessenhop, réalisateur de Lockdown, long-métrage sur un champion de natation injustement condamné et envoyé en prison. Et ce n’est pas avec un casting de rappeur bad boys (Chris Brown et Tip Harris) que cela s’arrange, d’ailleurs…
Amis de longue date, Gordon Jennings (Idris Elba), John Rahway (Paul Walker), A.J. (Hayden Christensen) et les frères Attica (Chris Brown et Michael Ealy) vivent dans le luxe. Voitures de sport, costumes chic et femmes superbes : l’argent coule à flots. Leur secret ? Des braquages de banque ultra sophistiqués. Un seul par an, d’une extraordinaire audace et réglé dans les moindres détails. Mais leur dernier exploit a précipité l’inspecteur Jack Welles (Matt Dillon) à leurs trousses. Flic de la vieille école, il a tout sacrifié à son job – femme, enfant et vie privée – et il s’est juré de les coincer avant leur prochain coup.
C’est alors que Ghost (T.I.), un ancien complice de la petite bande, refait surface après un séjour en prison et leur propose le casse du siècle, celui qui leur permettra de raccrocher définitivement…
Ils n’ont que cinq jours pour se préparer. Ils ignorent alors qu’ils vont se retrouver sur le chemin de la mafia russe. Ils ne savent pas que Jack Welles les serre de plus en plus près. Entre vieilles rivalités, trahisons, ennemis dans l’ombre et coups du sort, l’opération se complique sérieusement, d’autant que personne ne peut imaginer ce qui se prépare…
Ce qui est bien avec Takers, c’est que ça n’incite pas du tout à faire des braquages. Entre un pauvre Matt Dillon, flic à qui rien ne réussit dans sa vie (et qui refait un film de braquage après le très discret Blindés sorti en début d’année) et la bande de pilleurs de banques qui roulent sur l’or et dépensent sans compter leur pognon, le parallèle est hallucinant. Si en plus on s’attache à montrer tout le long de ce pauvre film les tensions entre les membres de la bande plus qu’à s’attacher à voir leur coup fumant se ramasser, on se rend bien compte que l’objectif du réalisateur et des producteurs était de montrer que voler du pognon, c’est plus cool que d’être un gentil monsieur qui respecte la loi.
Totalement bête comme ses pieds, le scénario de Takers est surtout assez ridicule. Comment croire un seul instant que des professionnels de la choure, habitués à bosser ensemble et surtout préparant leur coup des mois à l’avance, se laisse embobiner en deux coups de cuillère à pot par un de leur ancien partenaire sorti de prison ? A quoi cela sert donc de nous les présenter comme des mecs super entrainés, formant une équipe s’ils vont se faire buter en quelques minutes à la fin ? Ces deux pauvres questions, le réalisateur les balaye d’une main, nous montrant avec son plagiat de Heat comment des gentils messieurs qui volent le pognon des autres s’en sortent en plus à la fin, avec certes quelques dégâts mais sans plus pour les personnages principaux.
Doté d’un casting surtout connu aux États-Unis et des amateurs de rap, Takers aura bien du mal à séduire le chaland outre-Atlantique. Le film se traîne totalement en longueur, nous présente tout l’univers du casse comme si c’était le premier film du genre et se paye le luxe en plus de nous dresser un parallèle édifiant entre des pauvres flics qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts et des bandits qui roulent sur l’or et possédant belles femmes, boites de nuit et costards hors de prix. Sans être totalement réac, ça nous donne à nous, spectateur, une bien belle image de la société actuelle. Luessenhop a d’ailleurs l’air plus séduit par ses gens-là que par la vie de flic. On se demande bien qui il l’appellera quand il se fera braquer son compte en banque. Je serais curieux de voir ça, le pauvre chéri.
Takers est donc un film assez horripilant, avec des acteurs (hormis Dillon, Hernandez et Zoe Saldana) qui se la racontent beaucoup et qui ont tendance à avoir un jeu totalement monolithique. Une vraie torture visuelle, dont la bande-annonce n’incitait d’ailleurs pas à la clémence et à la sympathie. On aurait plus envie que ces braqueurs se fassent tous buter un par un dès le début tellement ils manquent d’humanité et de sympathie. On est donc ici très loin d’un Heat qui avait pris le parti de nous présenter la bande à De Niro un par un en nous parlant de leur quotidien et de leurs tracas. Ici, bien que les quatre scénaristes (sic !) aient eu envie de faire la même chose, ils ont totalement oublié qu’il fallait bâtir un profil psychologique des personnages digne de ce nom pour nous faire adhérer au concept. Ben Affleck avait d’ailleurs presque réussit à le faire avec The Town, sans pour autant s’approcher de Heat. Takers se contente simplement de reprendre les éléments de départ que tout le monde connaît pour nous resservir une soupe totalement indigeste.
En général, ce genre de produit (je n’ose pas appeler cela autrement) sort directement en DVD ou Blu-Ray et personne n’en parle plus que cela hormis les fans de films de braquage. Ce qui n’est d’ailleurs pas un mal. Mais se payer le luxe d’une sortie cinéma pour un film de genre qui plagie allègrement les autres films est ici à saluer. Peut-être parce qu’il fallait séduire un nouveau public avec des rappeurs US qui défrayent la chronique judiciaire. Mais tous les « musicos qui parlent » ne peuvent se payer le luxe d’opérer une nouvelle carrière à l’instar des Ice Cube, Ice-T et bien sûr Curtis « 50 cents » Jackson qui fait son petit bonhomme de chemin à travers des prod plus ou moins bien réussies.
Takers est donc un film ni fait ni à faire, avec des situations totalement vue et revues par ailleurs. Seule la séquence des deux blindés qui s’engouffrent dans le sol lors du braquage est l’élément qui restera inscrit dans la mémoire du spectateur. Il lorgne trop sur son modèle sans jamais parvenir à créer une certaine émotion.























































Je voulais aller le voir, mais pour le coup ta critique me donne pas envie, je vais en rester au Nowhere Boy.