Djinns de Hugues et Sandra Martin
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Sortie le 11 août 2010
Après avoir commencé à la télévision puis réalisé plusieurs clips, le couple à la ville et derrière la caméra que forment Hugues et Sandra Martin signe avec Djinns son premier long métrage. Ils ont voulu faire un film qui mélange autant le fantastique que l’Histoire et c’est à partir des nouvelles d’Edgar Allan Poe qu’Hugues et Sandra Martin ont travaillé leurs Djinns. Par la suite, ils ont retrouvé leurs traces dans les contes des Mille et une Nuits, le Coran et même chez Victor Hugo. Les Djinns sont ainsi des esprits du désert dont on peut traduire le nom par « ceux qui murmurent ». De tous les films français qui ont été réalisés sur la guerre d’Algérie, Djinns est le premier à aborder ce contexte historique de façon fantastique, même si ce second élément est un peu mis de coté au profit du premier.

L’action de Djinns se situe en Algérie, durant l’année 1960. Une section de paras français est envoyée à la recherche d’un avion disparu dans le désert algérien. L’épave de l’avion est rapidement localisée, mais il n’y a aucun survivant, juste une mallette estampillée « secret défense ». Prise d’assaut par des soldats ennemis, la troupe trouve refuge dans une étrange citadelle abandonnée. Malgré les mises en garde de la Gardienne des lieux, ils réveillent les Djinns, les esprits maléfiques du désert…
http://www.youtube.com/v/ckUwJo6i8aE?fs=1&hl=fr_FR
Djinns – bande-annonce – 2010
Djinns est un peu le pendant de Dunes de Sang (Red Sands en version originale), petit film américain sorti l’année dernière et qui traitait déjà des militaires et des Djinns, les premiers confrontés aux seconds. Mais l’histoire se déroulait en Afghanistan. Ici, le cadre est l’Algérie et plus particulièrement un petit village paumé dans le désert. Dans ce décor très fin des temps, le commando de para français va se retrouver piéger et va succomber, peu à peu, sous la pression de ces être fantastiques qui n’ont pas souvent leur place au cinéma.
On ne peut pas dire que Djinns soit raté. Mais on ne peut pas dire non plus que l’on est grandement emballé. Le couple voulait autant mettre en évidence la guerre d’Algérie, les essais nucléaires et l’empiétement d’un territoire par des étrangers, en l’occurrence les français. Toujours plus facile de réécrire l’histoire quand tout est terminé et cette facilité se retrouve d’ailleurs un peu dans Djinns, malgré tout. D’autant plus qu’il était possible de transposer cette histoire de nos jours et de voir les implications des européens, des français, dans un monde qu’ils ont colonisé mais qu’ils ne comprennent toujours pas.
Dans ce combat de l’homme contre l’esprit, un soldat sera choisi pour être le gardien. C’est le personnage interprété par Grégoire Leprince-Ringuet, qui enchaine les films et qui se retrouve donc être ici une espèce d’élu sensé contenir et donc protéger le village contre les Djinns. Le problème, surtout, avec ce film, c’est que l’on attend plus. Le postulat de départ est bien foutu, le casting également. Thierry Frémont en adjudant traumatisé à cause de l’Indochine est particulièrement bien fait, d’autant que l’acteur se fait rare, ces temps-ci.
On retrouve encore une fois un Saïd Taghmaoui de l’autre coté de la barrière, ni méchant ni gentil de l’histoire pour peu que l’on comprenne les tenants et aboutissants de l’histoire. Il aime ce genre de rôle et depuis qu’il a acquis une stature internationale, il peut se permettre de faire quelques apparitions dans des petites productions. D’ailleurs, les réalisateurs étaient assez content d’avoir pu obtenir son accord et on les comprend. De la même manière, les autres jeunes acteurs ont eu l’air d’avoir pris leur pied en tournant le film.
Djinns tourne juste un peu en rond pendant une demi-heure et c’est peut-être le seul souci après un décor bien planté et une histoire assez solidement ancrée. On attend juste que cela se termine, sans surprise, de savoir ce qu’il y a dans cette foutue mallette qui est l’objet principal de l’histoire. On le devine évidemment, pour peu que l’on se souvienne de ses cours d’histoires en terminale. On devine également le propos général qui émaille de l’œuvre. Juste dommage que l’aspect fantastique ne soit, finalement, qu’en toile de fond. Mais c’est un mal récurent du cinéma français…
Djinns de Hugues et Sandra Martin | Scénario de Hugues et Sandra Martin | Photographie de Pierre Cottereau | Musique de Siegfried Canto | Avec Grégoire Leprince-Ringuet, Thierry Frémont, Aurélien Wiik, Saïd Taghmaoui, Stéphane Debac, Matthias Van Khache, Cyril Raffaelli, Grégory Quidel, Emmanuel Bonami, Omar Lotfi | France | 2009 | 100 min. | Fantastique et Guerre | Distribué par SND | Crédit photographique : SND







































