The Killer Inside Me de Michael Winterbottom
Rating
Il y a de ces films qui mettent les gens tellement mal à l’aise, que lorsque vous les défendez bec et ongle, vous passez limite pour quelqu’un de malsain. C’est le cas avec The Killer Inside Me, pas mal décrié, comme avait pu l’être Irréversible en son temps.
Le meilleur moyen de passer un peu de bon temps dans le cerveau d’un sociopathe sadique capable de tuer sans éprouver aucun remord, c’est bien de regarder cette adaptation du roman de Jim Thompson datant de 1952. Ici, pas de monde moderne qui dissout les vrais valeurs, le shérif Lou Ford campé par un Casey Affleck au sommet de son art est un vrai taré, et ce qui met mal à l’aise le public qui a mal reçu le film, c’est la façon avec laquelle il nous embarque avec sa narration à la 1ère personne, sauf qu’à l’inverse d’un Dexter qui sert une juste cause, l’empathie avec un personnage aussi abject est tout simplement impossible (à moins d’être soi-même complètement dérangé).
Je n’ai malheureusement pas vu 24 Hour Party People, ni 9 songs du même réalisateur (anglais) Michael Winterbottom, mais le parti-pris est clairement d’injecter des scènes à la limite du soutenable qui m’ont personnellement mis une boule dans la gorge, coupé la respiration. Et c’est assez rare de réussir à ressentir des trucs pareils au cinéma, surtout quand on place deux bimbos comme Kate Hudson et Jessica Alba, pourtant tout à fait compétentes dans le casting.
The Killer Inside Me – Bande-annonce – 2010
En dehors de ces scènes de violence, Lou Ford reste implacablement calme, avec une voix posée. Cela rappelle quelque peu Henry, The Portait Of A Serial Killer de John McNaughton, qui dépeignait déjà un personnage « insoupçonnable » en dehors de ces accès de folie, menant implacablement au meurtre. Ici le contexte est différent : nous sommes dans les années 50, et le statut d’homme de loi incarné par Lou lui permet de jongler avec ses méfaits. Sa mission est de reconduire un prostituée, Joyce (Jessica Alba) en dehors de la ville pour un ponte qui cherche à s’en débarrasser. Évidemment il y a association de malfaiteurs, évidemment, ça va tourner au vinaigre.
Cette scène d’ouverture entre Lou et Joyce a des airs de viol consenti. Le malaise provient du fait que lorsqu’il commence à la violenter avec sa ceinture, il se rend compte qu’il aime ça, et que c’est limite si elle en redemande pas. Ce rapport sado-maso n’est pas sans rappeler celui de La Secrétaire, mais avec un point de vue très différent, une tension beaucoup plus présente, une violence bien plus insoutenable. On comprend au fil du film que Lou a des Mother Issues, et que cela se répercute dans ses rapports avec les femmes, que ce soit avec son officielle Amy (Kate Hudson) ou sa maîtresse Joyce.
Il est également intéressant de voir de quelle manière le piège se referme petit à petit sur lui, étant de plus en plus dans l’incapacité de faire semblant d’être normal. Si Joyce le voit tel qu’il est et l’accepte totalement, Amy, sa fiancée, met plus de temps à voir le vrai Lou, et encaisse beaucoup plus difficilement le choc, au propre comme au figuré. Le rapport à l’amour est très difficile à analyser, car la façon d’aimer de Lou est totalement flippante.
La scène qui a fait couler beaucoup d’encre est celle où Lou bat Joyce à mort, considérée par beaucoup comme gratuite et totalement dispensable. Je ne suis pas d’accord. Cette scène veut dire quelquechose, elle montre la folie extra-ordinaire d’un homme ordinaire, et surtout, elle montre une réalité qui existe encore de nos jours mais que les gens qui n’ont pas été amenés à l’affronter ne peuvent pas comprendre. Cette scène vous a retourné le bide? Il ne faut pas montrer des trucs pareils au cinéma? Soit. Des femmes qui se font battre jusqu’à en crever, quel qu’en soit le motif, il y’en a des centaines par jour sinon plus dans le monde. Certes ce n’est absolument pas le propos du film, mais cela méritait d’être souligné.
Pour conclure, The Killer Inside Me est un film très sombre à ne pas mettre sous n’importe quels yeux, mais cela reste un excellent film, hautement sous-évalué selon les miens (de yeux).









































Promis, dès que j’ai un gros gros moment devant moi, je matte ce film
(et accessoirement, je verrais si je me ravise ou pas sur ma note ha ha ha)
La où j’ai pas aimé, c’est pas dans la fameuse scène, qui a mon avis est logique dans le personnage et dans le scénar.
Nan, là où j’ai pas aimé, c’est que le film part de manière prometteuse, en nous foutant du point de vue d’un psychopathe sans les clichés habituels du genre il est super-intelligent et stratégique, ou il a l’air malsain, ou il maintient une vie toute propre à l’extérieur.
Nan, là , le perso principal est vraiment fouillé.
Le problème, c’est qu’à partir de ce départ original, le film tire vers un scénar purement policier dans la deuxième moitié qui est super haché, super mal écrit, et qui est tout en longueurs. En gros, je me suis royalement fait chier, au final.
Dimrost non plus n’a pas aimé. Sur le forum Mixbeat, les gens montent au créneau.
J’ose même pas imaginer les réactions quand on va sortir A Serbian Film.
désolée j’ai voulu corriger des fautes, et comme c’est toi qui a mis les images ça a sauvegardé sans rien, j’ai essayé de tout remettre bien mais j’ai pas réussi…
Ta dernière partie de phrase, on peut l’appliquer à la majorité des films de Winterbottom. C’est aussi pour ça que je ne me suis pas précipité pour le voir, malgré le casting prestigieux.
je me souviens aussi que l’on pouvait souscrire des parts de prod pour ce film, sur people pour cinema ou l’autre (c’est peut-être l’autre dont j’ai oublié le nom)
Encore une fois, il FAUT voir 24 hour party people.
Oué, si on est à fond dans la musique surement. Mais si t’es à fond dans la musique, tu peux aussi matter 9 songs et ensuite..
Et enfin, tu deviens fan de Winterbottom. Et là ! là !
C’est le drame !
Nan, mais comme d’habitude, tu réponds d’la merde :p
Mais déjà , t’as pas besoin d’être un musicophile pour aimer 24h party people. C’est l’histoire de gens qui font de la musique, tu la vois de l’intérieur, c’est super bien fait, et ultra réaliste, puisque tiré de fait réels.
Puis Nine Songs, parle même pas de ce putain de film de poseur.
Tu veux voir nine songs? Alors, ouvre deux onglets dans ton firefox, un sur youtube et un sur youporn, puis alterne un clip de live, un clip de porn, un clip de live, et ainsi de suite.
Voilà , t’as vu nine songs, félicitation.
T’es quand même super agressif comme mec. En cette période de bontés et d’amour de son prochain, c’est particulièrement malvenu, je trouve.
Et je réponds un peu ce que je veux, aussi. C’est pas de ma faute si t’aimes pas les films érotiques musicaux pour les djeuns. Sectaire!
Comment peut on écouter les avis d’un gars qui est Capitaine de l’équipe de foot ?
Blague à part, après Irréversible, difficile de faire plus choquant…
Oula, toi, tu veux énerver Mobil avec ta dernière phrase ^^
Heureusement qu’elle lira pas ça.
Grave agressivité abusive : REPORT AS SPAM.
Les longueurs sont nécessaires, justement pour digérer d’autres scènes, et pour voir le piège se refermer petit à petit sur lui.
Comment tu peux dire t’être fait chier à cause des longueurs, et dire que t’as aimé Tropical Malady ou là c’est le film la longueur?
Ahah, joyeuse agressivité de noel :p
Nan, mais sinon, même en tant que capitaine des Lyon’s Phacochères, je vais essayer de m’expliquer:
En fait, c’est comme la violence où d’autres trucs, selon le ressenti en voyant le film, on trouve ça plus ou moins justifié.
Le « piège » comme tu dis, ben j’trouve que ça enlève de l’originalité au film parce que ça repart dans des clichés de films policiers ultra-revus, ou bien dans des explications de psychologie psychopathes clichées aussi.
Bref, sur la fin j’me suis fait chier parce que je trouve que ça devient mou du genou après un départ plutôt prometteur.