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mercredi 31 mars 2010

Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton

Tim Burton et Johnny Depp c’est déjà une longue histoire. En effet, ils ont fait ensemble pas moins de 6 films ensemble avant celui-là (Edward aux mains d'argent, Ed Wood, Sleepy Hollow - La Légende du cavalier sans tête, Charlie et la chocolaterie, Les Noces funèbres et Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street). Bien sûr la femme de Burton, Helena Bonham Carter, en est à 6, sans parler du compositeur Danny Elfman... La famille Burton est décidément une grande et unie famille.. C'est donc une nouvelle Adaptation des deux romans de Lewis Caroll, Alice au Pays des Merveilles et De l'autre côté du miroir que  Burton nous livre. cette dernière se sert du même procédé que Peter Pan avec Hook : un personnage qui a grandi ou muri, qui a tout oublié et qui retourne dans le monde qu’il a connu plus tôt. D'une vraie originalité folle, n’est ce pas ? C’est donc l’adaptation sans être totalement une adaptation par ce biais là…

Alice (Mia Wasikowska), est désormais âgée de 19 ans. En se rendant à une fête où elle doit officiellement épouser un lord anglais, elle aperçoit un lapin. En le suivant, elle retourne dans le monde fantastique qu'elle a découvert quand elle était enfant et dont elle a tout oublié. Pour elle tout ceci est un rêve, un rêve éveillé.

Elle y retrouve pourtant ses amis le Lapin Blanc, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le Loir, la Chenille (Alan Rickman), le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou (Johnny Depp). Alice s'embarque alors dans une aventure extraordinaire où elle accomplira son destin : mettre fin au règne de terreur de la Reine Rouge (Helena Bonham Carter).


Alice au Pays des Merveilles - trailer - 2010

Burton, depuis Charlie et la chocolaterie, ne fait plus que des films pour enfants, ou presque si l’on excepte son Sweeney Todd (m’enfin, vu que c’est une comédie dramatique musicale, on va dire que l’on est pas loin d’un genre ultra balisé et codifié, ce qui entraîne un public peut-être un peu plus nombreux). Films pour enfants et films à grand spectacle, donc. J’avoue que j’ignore si Alice au Pays des Merveilles, comme La Planète des singes, est un pur film de commande. Mais vu le cahier des charges des productions Disney, en général, c’est pire. Très pire.

C’est pour cela qu’Alice au Pays des Merveilles manque cruellement de folie par rapport au dessin animé de mon enfance de Disney, sur lequel je ne comprenais rien, sauf que tout était fou dans ce pays des merveilles. Bien sûr, Alice au Pays des Merveilles et son bestiaire ont survécu au temps, ont été plus ou moins pompés ou recopiés, ce qui permet de dire que nous sommes assez familier avec cette univers. On retrouvera aussi la dévinette sans réponse :« Pourquoi un corbeau ressemble à un bureau? » ou encore la reine rouge et sa manie de couper les têtes.

J’avoue que je ne comprend toujours pas la logique de la 3D au cinéma. Certes, on voit de la profondeur, ce qui donne une certaine impression d’être présent, mais elle est encore totalement factice. Il manque un certain charme, que certains jeux vidéos arrivent mieux à faire à l'heure actuelle. Certes, les deux armées, de cartes et de jeux d'échecs, sont sacrément mieux foutues que ceux de Star Wars, la menace fantôme (mais bon, vu qu'il y a presque 10 ans d'écart entre les deux films, ça parait finalement assez logique). Certes, enfin, le combat final, sur le château délabré est bien foutu. Mais on dirait un peu Le monde de Narnia, un truc bien pour les petits enfants, mais sans totalement l'être...

Pour le reste, Alice au Pays des Merveilles est trop sage, beaucoup trop sage. Même si on voit Alice marcher sur les têtes découpées sur ordre de la Reine rouge, ce qui  peut paraître assez traumatisant. Le Chapelier fou, incarné par Johnny Depp, fait le métier sans plus. il se situe loin de son rôle dans Pirate des Caraïbes, Edward aux mains d'argent ou encore Benny et Joon, où il arrivait à incarner cette folie douce et sincère. On le sent ici crouler sous le poid. De manière générale, on est loin du Alice, le dessin animé Disney. La reine rouge est bien entendu méchante mais on prend bien soin de nous expliquer pourquoi. 

Mais tout ces détails n’empêcheront pas, pour le grand public, de découvrir une Mia Wasikowska au nom de famille imprononçable mais plus de charme. Elle n’est pas d’ailleurs une inconnue dans le cinéma, on lui doit des rôles dans des films tels que September et Rogue en 2007, Les insurgés en 2008 ou encore Amelia en 2009. Elle a déjà une petite carrière devant elle à a peine 20 ans et il y a fort à parier que grâce à Alice au Pays des Merveilles, elle croule sous les propositions de rôles dans les années à venir. Vu son âge et son physique, ça va sûrement devenir la prochaine Kirsten Dunst, pour peu qu’une réalisatrice de cinéma d’auteur américain s’intéresse à elle.

Alice au Pays des Merveilles ne s’adresse pas vraiment aux enfants, ni aux adolescents et encore moins aux jeunes ou vieux adultes, qui auront bien du mal à reconnaître ce qui faisait la magie du livre comme des dessins animés successifs. Mais est-ce là l’essentiel ? Tout les fans de Burton, comme ceux du personnage et ceux de Disney iront remplir les salles et seront tous plus que moins ravis de cela..

Alice au Pays des Merveilles (Alice in Wonderland) de Tim Burton | Scénario de Linda Woolverton d'après l'œuvre de Lewis Carroll | Photogrpahie de Dariusz Wolski | Musique de Danny Elfman | Avec Johnny Depp, Mia Wasikowska, Michael Sheen, Helena Bonham Carter, Matt Lucas, Anne Hathaway, Crispin Glover, Frances de la Tour, Alan Rickman, Frances de la Tour | Etats-Unis | 2009 | 109 min. | Fantastique et Aventure | Distribué par Walt Disney Studios Motion Pictures France

mardi 30 mars 2010

The Ghost-Writer de Roman Polanski

The Ghost Writer est l'adaptation cinématographique de L'Homme de l'ombre, thriller contemporain du romancier et journaliste anglais Robert Harris, publié aux éditions Plon. Roman Polanski, le célèbre réalisateur de Frantic, Le Bal des vampires et Lune de Fiel, a bouclé la post-production de The Ghost-Writer à distance, de son chalet suisse. On rappelle en effet que le cinéaste est en effet assigné à résidence après avoir été arrêté sur mandat américain. Resque que The Ghost-Writer a reçu l'Ours d'argent au Festival de Berlin 2010, Roman Polanski étant par ailleurs sacré Meilleur réalisateur et c’est largement justifié, tellement ce film est assez prenant, même si la fin est un peu une fin de cinéma....

The Ghost, un " écrivain - nègre " en lange anglaise (interprété par l’homme aux multiples apparitions au cinéma ces temps-ci, Ewan McGregor et qui n’a pas de nom dans le film, comme souvent avec les nègres pour bien souligner leurs rôles), à succès est engagé pour terminer les mémoires de l'ancien Premier ministre britannique, Adam Lang (Pierce Brosnan), qui subit une certaine pression internationale pour les actions qu’il a mené contre le terrorisme.

Mais dès le début de cette collaboration, le projet semble périlleux : une ombre plane sur le décès accidentel du précédent rédacteur, ancien bras droit de Lang, victime d’une chute en pleine mer alors qu’il était sur le ferry qui reliait l’ile où se trouve le Premier ministre au continent et il aura fort à faire entre la femme du Premier ministre, Ruth Lang (Olivia Williams) et Amelia Bing (Kim Cattrall) ...


The Ghost-Writer - trailer - 2009

The Ghost-Writer est un thriller politique, très influencé par l'ombre d'Alfred Hitchcock. Ce dernier était un maitre dans l'art de peindre un homme ordinaire qui se retrouve plongé dans un monde où il perd ses repères, mais où tout ce qui se passe autour de lui est totalement logique. Et souvent, les choses deviennent de plus en plus délirantes. Cette influence est donc essentielle ici, comme elle était également pour Shuttler Island. Les "vieux" réalisateurs n'ont pas vraiment les mêmes références que les jeunes pousses et ça se ressent.

Car est un bon film, bien emmené, avec un personnage principal à l'humour très britannique et autant désinvolte qu'impliqué émotionnellement dans cette histoire. Ce n'est pas un nègre, un ghost mais un enquêteur, qui va progressivement démêler les fils de cette sombre histoire de manipulation, de CIA, d'alliance trop proche avec les américains. Bien entendu, on pense à Tony Blair comme modèle pour Pierce Brosnan.

Comme souvent dans les thrillers, la fin justifie les moyens et on suivra le héros dans toute son enquête. On aura aussi droit à un bon coup de publicite de BMW puisqu’on sait qu’elle possède un super GPS, qu’elle se démarre sans clés de contact traditionnel ou encore que le retroviseur intérieur indique la position cardinale où on se trouve.

The Ghost-Writer possède une réelle ambiance, une mise en scène intéressante, une musique lancinante et qui fait souvent mouche, malgré sa répétition. Le score d’Alexandre Desplat est en effet bien prenant. On note aussi l'apparition d'Eli Wallach en voisin de l’île ou se trouve tout se joli monde et qui en sait beaucoup mais aussi celle de James Belushi, l’éditeur au crane rasé, prêt à donner 250 000 dollar pour que le Ghost finisse l’ouvrage.

The Ghost-Writer de Roman Polanski | Scénario de Robert Harris et Roman Polanski d'après l'oeuvre de Robert Harris| Photographie de Pawel Edelman | Musique d'Alexandre Desplat | Avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Kim Cattrall, Olivia Williams, Timothy Hutton, Tom Wilkinson, Robert Pugh, James Belushi, Eli Wallach, Jon Bernthal | France | 2008 | 122 min. | Thriller | Distribué par Pathé Distribution

lundi 29 mars 2010

Dans ton sommeil de Caroline Du Potet et Eric Du Potet

Avec un budget estimé à 3 millions d'euros sur IMDB (ce qui me parait beaucoup vu le peu d'acteurs et de promotion liés à ce film), Dans ton sommeil est donc un petit film qui a fait l'ouverture du festival de Gerardmer cette année. Faisant la part belle aux quelques rares acteurs présent dans ce film (Anne Parillaud, Arthur Dupont, Thierry Frémont et une apparition de Jean-Hugues Anglade), ce petit thriller ressemble à s'y méprendre à un court-métrage, même s'il s'étire sur le long terme. Mais qu’importe, c’est un premier fil de Caroline et Eric Du Potet et il présente certaines qualités, malgré une esthétisation un peu trop appuyée par moments.

Depuis la mort brutale et accidentelle de son fils de 18 ans qui devait passer le bac, Sarah (Anne Parillaud) n'est plus que l'ombre d'elle-même. Son mari (Jean-Hugues Anglade) l’a quitté, elle ne dort pas et elle multiplie les tours de garde à l’hôpital où elle travaille pour tromper son chagrin. Une nuit, elle renverse en voiture Arthur (Arthur Dupont), un adolescent du même âge que son fils disparu un an plus tôt. Alors qu'elle l'emmène chez elle pour le soigner, ils sont pris en chasse par un mystérieux tueur, bien décidé à en finir avec eux...


Dans ton sommeil - Trailer - 2009

Dans ton sommeil se passe sur une nuit et une journée. C'est presque une unité de temps, de lieu et d'action s'il n'y avait la première séquence introductive, présente le rôle de Sarah et le drame qu'elle a subi, elle et son mari. Je dois avouer que j’aime bien entendre Anne Parillaud, qui doit avoir une des voix les plus sensuelles du cinéma français. Pour une scène, elle retrouve Jean-Hugues Anglade, qu’elle avait laissé il y a une vingtaine d’année sur le tournage de Nikita. Ce petit duo à un côté nostalgique, même si le film n’est pas vraiment pour nous parler de nostalgie d’un temps lointain.

C’est en effet un thriller, et qui dit thriller, dit codes bien établies. Les personnages sont donc inquiétants, l’ambiance est assez froide, voire lugubre par moments. Le film ne cherche pas à dresser un portrait exhaustif des uns et des autres et on comprend bien les sentiments de Sarah lorsqu’elle découvre l’Arthur, qu’elle a renversé. Le tout est bien entendu assez onirique puisque certaines scènes sont rêvées ou réelles, selon notre interprétation.

Dans ton sommeil, petit film, cherche autant à montrer les rapports mères-fils qu’à tenter de nous faire oublier qui est qui et qui fait quoi. Les deux réalisateurs ont fait le pari de tourner sur une nuit et une journée et c’est un peu le problème. Le titre du film est assez évocateur puisque dans le sommeil des uns et des autres, il se passe des choses assez affreuses. Sans trop en dévoiler, ça gâcherait le plaisir, on peut dire que se faire découper la gorge à coup de cutter est une mort assez glauque et bien rendue dans ce film.

Mais Dans ton sommeil souffre d’une certaine esthétisation un peu ennuyeuse, surtout vers la fin, ce qui gâche un tantinet le plaisir. Certains plans sont intéressants même si on sent de l’économie de pellicule avec des scènes tournées et retournées sous plusieurs angles différents des protagonistes. Mais pour un premier film, Dans ton sommeil se regarde assez bien, sans compter que la durée de ce dernier ne nous fera pas fuir en courant (il doit faire, sans générique, 1H15) et en dépit d’une histoire assez opaque pour certaines personnes (et totalement farfelue pour d’autres).

Dans ton sommeil de Caroline Du Potet et Eric Du Potet | Scénario de Caroline Du Potet et Eric Du Potet | Photographie de Pierre Cottereau | Musique d'Éric Neveux | Avec Anne Parillaud, Arthur Dupont, Thierry Frémont, Jean-Hugues Anglade | France | 2009 | 84 min. | Thriller | Distribué par Albany Films distribution

dimanche 28 mars 2010

Babysitter Wanted de Jonas Barnes et Michael Manasseri

Encore une histoire de diable. Et quelle histoire. Babysitter Wanted est signé par deux jeunes réalisateurs Jonas Barnes (réalisateur de seconde équipe et acteurs à l’occasion), responsable du scénario et de l’acteur Michael Manasseri, qui l’a également produit. Deux acteurs devenus réalisateurs pour une histoire rocambolesque de diable (qui revient bien à la mode ces temps-ci chez les faiseurs d’images et d’horreur épouvante, après la case virus et autres zombies comme thèmes principaux) et qui assez commune mais non dénué d’un certain humour ironique.

Rebecca Miller (Angie Albright) est une jeune étudiante sans histoire, qui vient de débarquer dans une nouvelle faculté. Elle a besoin d’argent pour, par exemple s’acheter un lit, que sa nouvelle colocataire a laisse filer. Pour se faire, elle se fait engager en tant que baby-sitter dans une ferme par Jim (Bruce Thomas) et Violet Stanton (Kristen Dalton) pour garder leur fils Sam (Kai Caster), un jeune garçon qui refuse d’enlever son costume de Cow-boy et surtout son chapeau...

En panne de voiture, elle se fait amener par son petit ami du moment, Rick (Matt Dallas), très serviable et qui va même jusqu’à réparer son véhicule sans rien lui demander. Le vrai futur gendre idéal…
La soirée s'annonce tranquille, si ce n’est que le régime du petit garçon intrigue quelque peu la Baby-sitter et qu’elle reçoit quelques coups de fils anonymes. Mais elle va se transformer en cauchemar lorsqu'un homme pénètre par effraction dans la maison et tente de tuer Rebecca, mais aussi le petit garçon… c’est le début de la fin…


Babysitter Wanted - trailer - 2008

Babysitter Wanted, comme souvent, met beaucoup de temps à démarrer et à se mettre en place. Toute une partie pour peindre les rapports de la jeune étudiante avec son nouvel environnement, sans que cela ne soit d’ailleurs très utile, si ce n’est permettre d’avoir de l’empathie pour la personnage principale Rebecca Miller, incarné par Sarah Thompson, actrice apparue dans toutes les sériés télévisée du moment et quelques films à petit budget.

Sans dévoiler trop l’intrigue, même si j’ai un peu de mal, autant dire que ça va vite tourner à la boucherie organisée, surtout que cette ferme ne donne pas l’impression d’être ce qu’elle est. A noter d’ailleurs le rôle de Bruce Thomas, qui incarne un véritable boucher, qui a bien du mal à faire son boulot correctement, si sa femme ne l’engueulait pas de temps en temps.

Babysitter Wanted est donc un honnête film de genre. Le petit Sam (Kai Caster) est assez impeccable en fils du diable (oups pardon, j’ai dévoilé l’intrigue) et les parents sont succulents dans leur rôles de parents mais également de pourvoyeurs de nourritures. La fin sera bien entendu mi-figue, mi-raisin, pardon mi-sang mi-chair, et le tout est assez joyeusement méne malgré ce problème de démarrage.

Babysitter Wanted de Jonas Barnes et Michael Manasseri | Scénario de Jonas Barnes | Photographie d'Alex Vendler | Musique de Kurt Oldman | Avec Sarah Thompson, Matt Dallas, Bruce Thomas, Kristen Dalton, Bill Moseley, Nana Visitor, Kai Caster | Etats-Unis | 2008 | 83 min. | Epouvante-horreur

samedi 27 mars 2010

All About Steve de Phil Traill

All About Steve est le premier film, en tant que réalisateur, de Phil Traill. Il s'est auparavant illustré sur plusieurs courts métrages depuis 1998, ainsi que comme scénariste pour des séries comme Kath et Kim ou encore Worst Week. Et quel film! une bouse, un navet, presque un nanar. On comprend pourquoi Sandra Bullock a reçu la récompense de la pire actrice pour ce film, un Razzie Award, qu'elle a eu le courage de venir chercher (et on la salue pour ça). Elle aura d'ailleurs tout connu cette année, entre cette récompense et son Oscar pour The Blind Side, qui est encore inédit en France. All About Steve est aussi vite vu qu'oublié.. et ce n'est pas un mal, vraiment....

Mary Horowitz (Sandra Bullock) est une brillante cruciverbiste dont la vie se résume à remplir des grilles de mots croisés pour le journal local. Un jour, elle décide, après un première rendez-vous rapide, qu'un cameraman de CNN, Steve (Bradley Cooper) est son âme soeur.

Etant donné que le métier du caméraman le fait se déplacer ça et là, elle traverse le pays de long en large, profitant de l'occasion pour participer à des évènements médiatiques, tout en essayant de le convaincre qu'ils sont faits l'un pour l'autre. Lors de son périple, elle rencontre un groupe de marginaux qui l'apprécient pour ce qu'elle est. Et quel groupe, puisque celui-ci est assez proche d'une conception très divine de l'espèce humaine... (mon dieu... ha ha ha).


All About Steve - 2009 - Trailer

A noter la présence dans All About Steve de Ken Jeong, qui est décidement partout ces temps-ci (Very Bad Trip, Thérapie de couples, Funny People ou encore Les Grand Frères), tout comme celle de Bradley Cooper d'ailleurs (Very Bad Trip, Valentine's DayCe que pensent les hommes, Midnight Meat Train...), qui décidement, enchaine les tournages à une vitesse démesurée, à moins que le succès de Very Bad Trip ait convaincu les distributeurs français du potentiel de cet acteur, comme ceux de l'autre coté de l'Atlantique. Toujours est-il que dans ce film, il ne sert tout bonnement à rien, comme d'ailleurs le reste du casting.

Car il faut bien le dire, All About Steve est une comédie assez ringarde, d'un autre temps, d'un autre âge et par dessus, l'aspect comique passe relativement inaperçu. On essaye de nous donner une lecon de morale sur la différence, mais quelle différence. Le personnage joué par Bullock, qui a retrouvé le chemin du succès avec La Proposition,  s'allie avec un groupe de manifestant complètement chelou puisqu'ils remettent en cause les progrès de la science, au profit d'une certaine moralité chrétienne, pour ne pas dire, en plus républicaine.

 On est ici dans l'Amérique profonde, celle que l'on ne connait pas et que l'on ne souhaite d'ailleurs pas forcément connaître, tellement l'image qu'elle renvoi est rétrogradé et, d'une certaine manière, arriérée. C'est bien tout le problème du film, avec ses propos sous-jacent relativement nauséabonds. Sans compter que le périple qu'elle suit, plus la partie action du film, à savoir sa chute dans un trou, est d'une longueur, mais d'une longueur.. On s'ennuit tout autant qu'on aimerait bien que cela se termine le plus tôt possible.

Vous l'aurez donc compris, All About Steve  est à oublier. Les gags ne passent pas. Ca cabotine sévère, l'histoire ne veut rien dire. Les quelques aspects comiques sont balayés par des propos tarte à la crème sur la tolérance naïve que l'on serait supposé avoir avec une partie de marginaux qui ne font pas grand chose pour être ouvert d'esprit. C'est le genre de films purement républicain, avec une connotation politique très forte et très religieux qui nous font assez vite oublié que Bullock, lorsqu'elle s'en donne les moyens, est une vraie actrice. Et que pour faire une histoire d'amour, il ne suffit pas seulement d'avoir quelques acteurs avec un brin de charme... mais qu'il faut aussi un brin de classe... ce qui manque cruellement ici.

All About Steve de Phil Traill | Scénario de Kim Barker | Photographie de Tim Suhrstedt | Musique de Christophe Beck | Avec Sandra Bullock, Thomas Haden Church, Bradley Cooper, Ken Jeong, DJ Qualls, Katy Mixon, Howard Hesseman, Beth Grant | Etats-Unis | 2009 | 99 min. | Comédie | Distribué par Twentieth Century Fox France

vendredi 26 mars 2010

Inside de Phedon Papamichael

Phedon Papamichael, dont Inside (From Within) est le second long-métrage après Dark Side of Genius (en 1994) n’est pourtant pas un inconnu dans le milieu du cinéma. En effet, il a officié sur beaucoup de tournages en tant que directeur de la photographie (Identity, W, 3H10 pour Yuma ou encore The Weather Man). Il apporte donc sa touche dans la réalisation de ce film d’horreur –épouvante tinté d’un peu de thriller assez particulier, même si ce dernier met du temps à réellement démarrer… On peut d’ailleurs voir au passage la fille de Bruce Willis et Demi Moore y faire une courte apparition.

La paisible petite communauté de Grovetown en Gerogie est soudainement envahie de suicides inexpliqués, après celui d’un jeune homme en marge de la société. Alors que la plupart des habitants préfèrent l'ignorer et s'en remettre à Dieu, Lindsay (Elizabeth Rice), étudiante et petite amie du fils du pasteur, Dylan (Kelly Blatz), décide d'examiner de plus près l'inquiétant phénomène.

En se liant d'amitié avec Aidan (Thomas Dekker), jeune athée controversé et frère du premier « suicidé », qui s’est pris une rouste par Dylan, elle découvre qu'une force maléfique est à l'œuvre, véhiculant la poussée de mort tel un parasite de victime en victime. Lindsay a l'étrange sentiment qu'elle sera la prochaine sur la liste et qu'Aidan pourrait être le seul espoir d'éradication de cette épidémie de suicides.


Inside (From Whitin) - Trailer - 2008

Ce qui est toujours bien avec les films d’horreur sans le sous, c’est qu’on découvre les nouveaux acteurs du moments, comme cela a été déjà le cas par le passé. C’est ainsi que l’on décrouvre une des filles de Bruce Willis et Demi Moore, Rumer, qui a la particularité de ne pas avoir hérité de la beauté de ses parents (ou du moins de leur charisme). D’ailleurs, lorsqu’on fait une recherche google, c’est Rumer Willis Moche qui apparait souvent. Enfin, toujours est-il qu’elle a un petit rôle ici, puisque ce sera la deuxième « suicidée » de l’histoire. Autant dire que son apparition ne dépasse pas les deux minutes chrono. On la reverra d’ailleurs dans Whore de Thomas Dekker en compagnie de Kelly Blatz (décidément le monde est petit), un film qui a l’air assez particulier.

Pour le reste From Whitin, traduit dans notre contrée par Inside (j’aime toujours autant les titres anglais traduits par d’autres titres anglais) est un thriller horrifique assez efficace, pour peu que l’on ne soit pas trop exigeant. L’ambiance très religieuse de ce film est contrebalancé par la magie et autre sortilèges. C’est d’ailleurs cela plus la peur de l’autre qui semble être les thèmes du long-métrage de Phedon Papamichael.

Sans en faire des tonnes, de manière efficace, Inside se faufile à travers les pièges du thriller de la semaine. En effet, le rythme est assez soutenu, le contenu assez intéressant, pour peu que les histoires de dévots et de maléfice plaise. La fin est assez originale puisque ce n’est vraiment pas un happy end. On remarque que Thomas Dekker est un gros poseur, comme l’autre tacheron de Robert Pattison et on souhaite bonne chance à Elisabeth Rice pour une carrière dans le cinéma puisque celle-ci fait plus de la télé (quoique, ces temps-ci, c’est beaucoup mieux d’apparaitre à la télévision que sur grand écran).

Inside (From Within) de Phedon Papamichael | Scénario de Brad Keene | Photographie de Rafael E. Sánchez | Musique de Jason Cooper et Oliver Kraus | Avec Thomas Dekker, Elizabeth Rice, Adam Goldberg, Jake Weber, Laura Allen, Margo Harshman, Rumer Willis, Brittany Robertson | Etats-Unis | 2008 | 89 min. | Thriller et horreur-épouvante | DVD disponible depuis fin février.

jeudi 25 mars 2010

Légion - L'Armée des anges de Scott Stewart

Légion - L'Armée des anges vient de sortir sur nos chers écrans français. Et autant dire que j'attendais assez de ce film de genre, premier film de Scott Stewart, sous fond de lutte intestine entre anges, entre ceux qui veulent continuer à croire en l'espèce humaine, malgré tout, et ceux qui sont complètement désemparé par cette espèce et qui promettait beaucoup, ne serait-ce que par une volonté affichée de présenter un genre un peu ignoré depuis quelques années : les anges. 

Ainsi, dans Légion, Un restaurant routier perdu en plein désert devient le champ de bataille improvisé pour la survie du genre humain. Quand Dieu perd la foi en humanité, il n'hésite pas à envoyer sa légion d'anges pour apporter sur l'Apocalypse. Le seul espoir de l'Humanité se trouve dans un groupe d'étrangers pris au piège dans ce restaurant avec l'Archange Michael (Paul Bettany), venu sur terre dans l'espoir de sauver ce qu'il reste d'humanité et protéger  l'élu, car il y en a un...



Legion - L'armée des Anges - Trailer - 2009

Légion - L'Armée des anges est typiquement le film de genre par excellence. Le cadre est planté, l'histoire est vite balayée au profit d'une action, d'un "Alamo" moderne ou plutôt d'un Assaut sur le central 13 puisqu'on est plus proche de la manière d'Assault de John Carpenter que du film de et avec John Wayne. En effet, toute l'action se situe dans ce restaurant perdu en plein désert ou les forces des anges (enfin, ils ressemblent plutôt à des démons) vont venir récupérer le seul être qui peut les déstabiliser. Mais c'est sans compter la foi de l'archange Gabriel en l'humanité.

Et c'est d'ailleurs toujours un plaisir de voir Paul Bettany, même si c'est dans un film de genre et de seconde zone. L'acteur de Chevalier, Winbledon (La plus belle des victoires, en France) ou encore Da Vinci Code, assez rare à l'écran, revient ici dans la peau d'un véritable sauveur, ce qui le change puisque dans les films d'action, il incarne souvent les bad guys, comme dans Firewall et Da Vinci Code. Si l'histoire est quelque peu basique (le combat du bien contre le mal est ici plus que symbolisé... c'est très très appuyé), on sent que l'acteur était tout heureux d'être un ange au service de l'humanité.

les effets spéciaux de Légion - L'Armée des anges sont assez troublants et bien réalisés, notamment ceux lié au personnage du "marchand de glaces" (interprèté par Doug Jones), qui tourne son corps, se disloque et arrive un peu à foutre les jetons, pour peu qu'on n'ai pas vraiment le coeur accroché. Evidemment, le coté réussi des effets spéciaux est assez logique puisque le réalisateur, Scott Stewart, bosse depuis des années dans ce domaine (il a participé ainsi à Blade RunnerSin City, Pirate des Caraibes, Superman Returns, The Host,  La nuit au musée, Die Hard IV, Iron Man, Rien que pour vous cheveux ou encore Les 3 royaumes de John Woo). Ce qui est un peu positif peut-être d'ailleurs un point négatif.


Car en effet, si les effets spéciaux sont soignés, que les zombies-démons-anges sont réussis et arrivent à provoquer une certaine émotion, Légion - L'Armée des anges pêche par son scénario très très linéaire et qui manque par conséquent de profondeur. Le coté Assaut, Alamo ou encore Nid de Guêpe a bien été développé, comme le fait de se défendre contre une armée de zombies. Sans bouder le plaisir que l'on peut avoir avec les films de genre, force est de constater que les scénaristes et réalisateur ne se sont pas trop foulés, niveau histoire et mise en scène... Et c'est un peu ennuyeux, parce que sans ce côté-là, Légion aurait tout pour connaitre un succès assez important, malgré des acteurs de seconde zone (tout le monde ne connait pas encore Paul Bettany ou Denis Quaid, qui tourne 10 films par ans...). 

Légion - L'Armée des anges (Legion) de Scott Stewart | Scénario de Peter Schink et Scott Stewart | Photographie de John Frizzell | Musique de John Lindley | Avec Paul Bettany, Lucas Black, Tyrese Gibson, Charles S. Dutton, Kevin Durand, Jon Tenney, Willa Holland, Kate Walsh, Dennis Quaid | Etats-Unis | 2009 | 100 min. | Action, horreur, thriller et fantastique | Distribué par Sony Pictures Releasing France

mercredi 24 mars 2010

Blanc comme neige de Christophe Blanc

Et voici donc le thriller de la semaine, Blanc comme neige de Christophe Blanc (je ne sais pas si c'est une joke mais vu le nom du réalisateur, il y a des chances), qui s'était fait remarqué au début du XXIe siècle avec Une femme d'extérieur, qu'il a écrit et réalisé et qui mettait en scène Agnès Jaoui dans un beau rôle. Après un passage par la télé, il revient au cinéma avec un film de genre assez intriguant, même s'il est, en soit, dispensable malgré la présence de François Cluzet et Louise Bourgoin, qu'on aime détesté ici bas (personne n'est parfait et surtout pas moi). Très inégal, il recèle toutefois quelques petits passages intéressant.

Maxime (François Cluzet) a tout pour être heureux : gérant d'une concession florissante de véhicules hauts de gamme, il est marié à une délicieuse jeune femme, Michelle (Louise Bourgoin) et vit dans une confortable villa. Il n'aurait plus besoin de travailler mais la soif de reconnaissance le pousse à le faire, tout comme celle de faire des affaires.

Mais tout bascule le jour où Simon (Bouli Lanners), son associé, est assassiné par une bande de malfrats. Tenu de rendre des comptes à ces derniers, Maxime appelle à l'aide ses frères (Olivier Gourmet et Jonathan Zaccaï), habitués des petites combines et gérants d'un chénil. Mais leur intervention vire au fiasco et Maxime et sa famille plongent dans une situation de plus en plus inextricable...


Blanc comme neige - trailer - 2010

Blanc comme neige est donc un thriller,  un pur et un dur. Doté d'un montage assez spécial, très vif au début, beaucoup moins par la suite, le décor est très bien planté et les personnages disposent d'un solide profil psychologique, hormis la femme joué par Louise Bourgoin, seul personnage féminin, dans la pure tradition des polars du siècle dernier, qui a des comportements assez étranges (libérer un prisonnier que son mari et ses frères ont emprisonné, partir avec sa gamine sous le bras, ne pas chercher à en savoir plus alors que cela aurait dû être le cas lorsqu'on est une vraie femme comme dans ce film...). Pour le reste, les frères sont bien peint, tout comme les méchants qui en font juste ce qu'il faut.

Mais Blanc comme neige n'arrive pas à décoler. La faute à un essouflement manifeste à un moment, où les scènes dans le chenil des frères s'étirent, s'étirent et où le passage en Finlande semble complètement factice, même si les bad guys du film sont issu du coin. Il fallait un joli titre à double sens, donc il fallait de la neige, donc c'était le coin idéal pour ça, dans l'esprit des scénaristes. Pourtant, cette séquence finale est comme un cheveu sur la soupe. Mais cela a permis à Cluzet de faire un numéro d'équilibriste dans la neige en chemise... un petit exploit, vu son âge.

Film de genre oblige, on aura droit au début à un passage qui a lieu à la fin et où la fin est d'ailleurs assez happy. Intriguant quand on sait que les uns comme les autres commettent des crimes et délits assez impressionnant. A noter l'utilisation de plusieurs langues par les personnages, assez intéressant, surtout qu'ils passent de l'anglais à l'allemand et que les mafioso finlandais s'expriment dans leurs langues non traduite. Ces petits passages sont assez funs, même s'ils ne suffisent pas à faire de Blanc comme neige un bon film de genre.

La faute à une volonté de coller au plus près du style des films américains, sans forcément aller plus en avant et où certaines scènes sont décidément trop alambiquées alors que d'autres sont très réalistes. Ce mix est assez dur à réaliser en général et on s'y empêtre souvent. C'est un peu le cas ici, même si on doit quand même les efforts du film pour coller un tantinet à une certaine réalité. Sans être un chef d'oeuvre donc, Blanc comme neige est plus que regardable.

Blanc comme neige de Christophe Blanc | Scénario de Christophe Blanc et Roger Bohbot | Photographie de Laurent Brunet | Avec François Cluzet, Louise Bourgoin, Olivier Gourmet, Jonathan Zaccaï, Bouli Lanners, Pertti Koivula, Ilkka Koivula, Kai Lehtinen, Lauri Uusitalo, Sacha Queillé | France et belgique | 2009 | 96 min. | Thriller | Distribué par MK2 Diffusion

mardi 23 mars 2010

L'Arnacoeur de Pascal Chaumeil

Vous avez aimez Hicth, l'expert en séduction? il y a de grandes chances que vous allez aimer L'Arnacoeur, le film qui reprend un peu la trame de Hitch, mais à l'envers, puisqu'ici, il s'agit de séduire pour larguer. On est donc dans l'univers de La copine de mon meilleur ami, où le protagoniste principal, joué par Dane Cook, arrondissait ses fins de mois, était engagé par des ex pour faire vivre un enfert à leur conquêtes perdues.. Voilà donc l'originalité de l'Arnacoeur, qui va donc pomper aux Etats-Unis des histoires de coeur, avec dans les rôles principaux Romain Duris et Vanessa Paris, qui devraient réussir à rameuter du monde en salle...

Votre fille sort avec un sale type ? Votre soeur s'est enlisée dans une relation passionnelle destructrice ? Aujourd'hui, il existe une solution radicale, elle s'appelle Alex Lippi (Romain Duris). Son métier : briseur de couple professionnel, qu'il exerce depuis 10 ans. Sa méthode : la séduction. Sa mission : transformer n'importe quel petit ami en ex. Mais Alex et son équipe, composé de sa soeur (Julie Ferrier) et de son mari (François Damiens), ont une éthique. Ils ne s'attaquent qu'aux couples dont la femme est malheureuse, pour lui rendre une certaine liberté. Et de plus, aucune séparation pour motifs raciaux ou religieux (tu m'étonnes John, ça relèverait du pénal ça).

 Bref, tout pourrait aller dans le meilleur des mondes pour cette petite entreprise familiale, si Alex ne devait pas accepter, pour des raisons d'argent (il doit 50 000 euros), de séduire la fille d'un riche marchands de fleurs un peu louche. Et là, c'est le drame. En effet, pourquoi accepter de briser un couple épanoui de riches trentenaires qui se marie dans une semaine ? Mais parce qu'il y a Vanessa Paris, enfin madame Depp, of course. Voilà pour l'essentiel de l'histoire de L'Arnacoeur .


L'Arnacoeur - Trailer - 2010

Pascal Chaumeil signe  avec L'Arnacoeur  (quel jeu de mot moisi) un film honnête et s'est associé avec Thierry Abrogast, le directeur de la photo attitré de Luc Besson. D'où cette impression de déjà vu qui colle pas mal au film. Car le film est assez bien fait visuellement, surtout les quinze premières minutes. Ensuite, on retombe très rapidement, dès Monaco, dans une ambiance très franchouillarde côte d'Azur, avec tous les mythes qu'il comporte: hotels luxueux, belles voitures et petites pépés. Rien de bien original, on aurait presque l'impression d'être dans hors de prix, si ce n'est la présence de Romain Duris, l'acteur que l'on aime ou que l'on desteste mais qui ne laisse jamais différent. Et il porte réellement le film sur ses épaules, assez frêles d'apparence, mais toujours avec ce brin de nonchalance qui le caractérise.

Mais L'Arnacoeur  ne décolle pas vraiment. L'ensemble s'enlise dans une ambiance où le soleil semble avoir tapé sur le système de tout le monde. On ne comprend pas du reste, comment un mec assez cynique, très pro, finit, comme toujours lorsqu'il s'agit d'une comédie romantique des familles, par tomber amoureux. C'est souvent le seul point du film, le climax, en quelque sorte, qui doit être soigné. Ici, on nous montre que peu à peu, c'est l'amour fou qui gagne le mec, alors qu'il utilise les mêmes procédés que les autres fois.

Tout ceci est donc très factice. Mais c'est le but du film pour un public type, forcément très féminin avec la présence de Vanessa Paradis, qui se contente de faire du Vanessa Paradis. Tout comme Duris, qui fait, malgré tout, le service minimum (lorsqu'il reprend les notes sur un piano imaginaire, on est dans De battre, mon coeur s'est arrété, lorsqu'il danse à la manière de Dirty Dancing, on est dans le film de Klapisch, Paris... il est donc dans les clous et nous ressort ses gammes).


L'Arnacoeur ne cherche pas à innover ni transcender, même si l'équipe qui arnaque les femmes dans le bon sens est assez drôle et que les quelques passages avec François Damiens et Julie Ferrier sont assez réussi. Mais ce côté donneur de leçon qui résulte de l'ensemble, tout comme une mise en scène qui manque de rythme, vient entacher les quelques moments sympa..

L'Arnacoeur de Pascal Chaumeil | Scénario de Laurent Zeitoun et Jeremy Doner | Photographie de Thierry Arbogast | Musique de Klaus Badelt | Avec Romain Duris, Vanessa Paradis, Julie Ferrier, François Damiens, Andrew Lincoln, Jacques Frantz, Amandine Dewasmes, Jean-Yves Lafesse, Jean-Marie Paris | France | 2009 | 104 min. | Comédie et Romance | Distribué par Universal Pictures International France

lundi 22 mars 2010

The Descent : Part 2 de Jon Harris

The Descent : Part 2 est en réalité la suite... de la version américaine de The Descent réalisé en 2005 par Neil Marshall après un Dog Soldiers assez sympathique (et avant un Doomsday fun mais terriblement film de genre, donc …). En effet, dans cette version, l'héroïne, incarnée par Shauna Macdonald, parvenait à s'échapper de la grotte, alors que dans la version européenne du film, elle restait prisonnière des profondeurs. D’ailleurs, la version anglaise était bien plus fun que la version américaine pour cela puisque cela ne laissait part à aucune interprétation possible. Mais comme il fallait une suite, pour faire de l’argent, c’est mieux qu’elle ait une chance de s’en sortir.. et que surtout, on la confie à un réalisateur Yes Man, Jon Harris, histoire de ne pas trop avoir de problèmes et qui est tout content de pouvoir faire son premier film.

The Descent : Part 2 est donc la suite directe du film fantastique britannique The Descent ainsi, rescapée de l'expédition spéléologique du premier volet, Sarah (Shauna Macdonald) émerge seule des grottes des Appalaches, traumatisée par les événements. 24 heures plus tard, le shérif local l'oblige à redescendre sous terre afin de guider l'équipe de secours qui cherche désespérément ses cinq amies disparues. Alors que le groupe s'enfonce dans les profondeurs, Sarah commence à réaliser toute l'horreur de cette mission.
Le danger qui les guette, tapi dans les ténèbres de la grotte, est encore plus féroce que celui auquel Sarah a survécu...


The Descent: Part 2 - Trailer - 2009

Neil Marshall ayant fort à faire avec Centurion, sa dernière production, un péplum qui devrait sortir dans l’année, si tout va bien (parce que question sorties cinéma, ça devient un peu n’importe quoi ces dernières années), il n’en fallait pas plus aux producteurs pour confier la réalisation du 2 à Jon Harris, monteur de son état. Ce qui fait que nous avons donc droit à un premier film qui n’est évidemment pas exempt de défauts. C’est le moins que l’on puisse dire.

Dans cette deuxième partie donc, les hommes bleus (enfin, je les vois bleus mais bon) sont un peu plus mis en valeur, même s’ils mettent du temps à arriver. En effet, l’histoire est très très longue à se mettre en place, ce qui est un peu ennuyeux lorsque le spectateur connait déjà le truc. Ce que je ne comprend pas très bien, dans cette histoire, c’est que c’est pas une armée de marines qui descendent fouttre le boxon et surtout nettoyer le secteur

Car il faut bien le dire, The Descent : Part 2 lorgne bien comme il faut du coté des Alien. La Sarah ressemblant, trait pour trait à la Ripley. Maintenant qu’elle connait « la bête », elle est devenue une espèce de tueuse sans fois ni loi. Exit donc ce qui faisait le sel du premier, à savoir le drame psychologique qui se jouait en même temps que l’horreur absolue et la rivalité entre les copines. Ici, nous aurons droit à des personnages bien plus clichés, et donc foncièrement moins attachants. Et ce n’est pas la maman policière, qui souhaite revoir son enfant, qui pourra nous faire dire le contraire (toutes les mamans du monde veulent revoir leurs enfants, hormis celles qui les abandonnent à la naissance ou qui les congèlent, mais on ne peut vraiment pas dire que ça soit encore des mamans).

Comme toujours d’ailleurs avec les films d’horreur, il nous faut un twist final complètement ringard et comment dire, téléphoné. Ca sera le cas avec celui-là, ne vous inquiétez pas. Il fallait cela pour expliquer comment une ancienne mine désaffectée n’a jamais été découvert auparavant par des touristes ou des enfants du coin. On nous l’expliquera donc, sans trop se soucier de la quelconque réalité de la chose. Mais il faut dire que des saloperies d’humanoïdes aveugles qui bouffent tout ce qui passent n’est pas non plus quelque chose de relativement commun.

Ainsi, The Descent : Part 2 balaye tout aspect qui renouvelait un peu le film d’horreur et du genre en général avec le premier du nom puisqu’il mettait en avant ce qui est devenu classique par la suite, à savoir que les amis peuvent être les pires salauds. Cela a été pas mal reproduit par la suite, comme par exemple dans les films d’horreur d’ado avec Tous les garçons aiment Mandy Lane. Mais ce second volet reste au bas des paquerettes même si l’horreur sera bien entendu au rendez-vous. Mais bon, pour les amateurs, rien de nouveau sous les tropiques ou ici, sous terre…

The Descent : Part 2 de Jon Harris | Scénario de James Watkins, J Blakeson et James McCarthy | Photographie de Sam McCurdy | Musique de David Julyan | Avec Shauna Macdonald, Natalie Jackson Mendoza, Gavan O'Herlihy, Joshua Dallas, Anna Skellern, Douglas Hodge, Krysten Cummings, MyAnna Buring | Grande-Bretagne | 2009 | 93 min. | Epouvante-horreur | Distribué par Pathé Distribution

dimanche 21 mars 2010

La malédiction de Molly Hartley de Mickey Liddell

La malédiction de Molly Hartley est le premier film de Mickey Liddell, qui n'est pas un inconnu dans le monde du cinéma puisqu'il est producteur depuis une dizaine d'année de séries et films qui sont restés dans l'oubli ou presque. Autant dire que l'on ne va pas rire avec ce film, assez court, d'horreur sur les jeunes d'aujourd'hui qui sont toujours bien plus vieux que leurs âges. On est bien loin de Carrie.. et plus proche d’un cinéma bis.

Molly Hartley (Haley Bennett) est une adolescente de 17 ans qui vient d’emménager dans une nouvelle ville avec son père afin de prendre un nouveau départ à cause d’une terrible crise psychotique de sa mère, qui a tenté de la tuer.
Alors qu’elle cherche à se faire une place parmi les élèves de sa nouvelle école, elle est hantée par des visions perturbantes et des voix qui lui révèlent un lourd secret de son passé. Elle doit fêter ses 18 ans dans quelques jours…


La malédiction de Molly Hartley - trailer - 2008

Les films d'horreur sur le diable ou les être liés à lui sont de retour dans le cinéma d'horreur-épouvante dont une partie du public est friant. La malédiction de Molly Hartley ne déroge pas à la règle. C'est ainsi que l'on a ici droit à une énième histoire sur ce thème, assez mal fagotée. Il faut dire que, comme c'est souvent le cas, le prélude renvoi à la même histoire plus tard, plus longue, qui amène les mêmes conséquences ou presque. Bien évidemment, l'absence de moralité manifeste plaira à un public avide de digression, ce qui ne serait pas un mal si c'est devenu une coutume actuelle. En effet, on ne réalise plus un teen movie d'horreur sans ce côté immoral aujourd'hui, dans le but de séduire et plaire à son public cible. C'est donc le cas ici, avec cette malédiction.

La malédiction de Molly Hartley est assez court et pourtant on s’ennuie. Il faut dire que les cinq premières minutes nous avaient bien bien préparées à la suite et on va suivre la petite Molly assez mollement (ha ha ha) puisqu’on a attend la fin avec impatience pour savoir pourquoi les filles dans son cas doivent mourir avant 18 ans.. On le saura à la fin. Ce sont des filles du diables (oups, j’ai dévoilé la fin de l’intrigue, c’est moche).

A noter la première séquence du film où l'on voit Jessica Lowndes, qui joue Laurel Miller, qui est vraiment meilleure qu'Haley Bennett, mais qu'on ne reverra plus par la suite puisqu'on était en 1997... Et c’est bien dommage puisque cette séquence, qui nous parle de tout le film, nous aurait permis d’abreger nos souffrances.

Vous l’aurez donc compris, La malédiction de Molly Hartley est surtout destiné à un public habitué. L’esprit de disgression de la fin du film ne vient que confirmer une récurence dans ses productions de genre. Toujours une fin un peu amorale, mais sans plus, s’il n’y avait pas la présence d’une amie religieuse de Molly tout le long du film, qui appuie donc bien ce léger côté. A voir un jour de pluie.

La malédiction de Molly Hartley (The Haunting of Molly Hartley) de Mickey Liddell | Scénario de John Travis et Rebecca Sonnenshine | Photographie de Sharone Meir | Musique de Zene Baker | avec Haley Bennett, Jake Weber, Chace Crawford, Shannon Marie Woodward, Shanna Collins, AnnaLynne McCord, Marin Hinkle | Etats-Unis| 2008 | 82 min. | Thriller et Horreur-Epouvante | Edité par Seven 7 (DVD)

samedi 20 mars 2010

Lucky Luke de James Huth

Grosse production de 27 millions d'euros (enfin, pour un film français, on est bien loin d'Avatar ou du Dark Knight), Lucky Luke a débarqué sur les écrans à la fin de l'année dernière, rameutant moins de 2 millions de spectateurs. Ca va être dur pour amortir le film en France, même si avec les distributeurs étrangers, ça a dû le faire. Bref, cette version du célèbre cow boy est bavarde, le héros ridicule. On peut ainsi supposer que James Huth et Jean Dujardin pensaient que Lucky Luke, c'est un peu Brice de Nice. Autant cette création originale, dans le côté lourdingue et complètement irréaliste était fun à la longue, autant transposé dans l'univers hyper balisé de Morris et Goscinny s'avère totalement foiré et surtout foireux...


Ainsi, assiste-t-on autant au début de Lucky Luke, ce qu’il est devenu et pourquoi il est devenu ce qu’il est, c’est-à-dire le tireur le plus rapide de l’ombre, qui a décidé de ne jamais tué personne. Au cours de sa mission à Daisy Town, la ville qui l'a vu grandir, Lucky Luke (Jean Dujardin), "l'homme qui tire plus vite que son ombre", va croiser Billy The Kid (Michaël Youn), Calamity Jane (Sylvie Testud), Pat Poker (Daniel Prévost), Jesse James (Melvil Poupaud) et Belle (Alexandra Lamy)... et rétablir le calme dans cette ville, autrefois paisible.


Lucky Luke - Trailer - 2009

Avec un casting d'amis de la star (Bruno Salomone qui fait la voie de Jolly et Alexandra Lamy, l'éternelle copine de Dujardin dans ses films), et avec des autres ex poids lourds comiques comme Prevost et Youn, Lucky Luke avait tout pour réussir. Sauf que le parti pris est un peu spécial : La voie du Dujardin, voix "pleurante", ne va pas du tout avec le mystérieux cow boy héros solitaire, qui joue aux échecs avec son cheval. La mort des parents de Luke est un peu olé olé, surtout lorsque l'on s'adresse à un public jeune. Les thématiques choisies sont autant adultes que foncièrement cul cul la praline. Et de ce mix improbable, il n'en sort rien de particulièrement bon.

Sans compter que vouloir à tout prix centrer l'action sur Lucky Luke est toujours un problème, en sachant que même si le héros est toujours présent dans la BD, ce sont les autres, les personnages secondaires, qui font essentiellement le show. Et ici, c'est lui et c'est un problème. Comme c'est un problème de se coltiner des acteurs, qui, même si on sent qu'ils s'amusent, ne parviennent pas à envoler le tout.

De même, je ne comprends pas bien le sketch, encore une fois, sur les pieds, après Brice de Nice. Surement que Huth et Dujardin sont des fétichistes des pieds, mais après l'unique orteil de Cornillac dans Brice de Nice, voilà que Lucky Luke aurait des pieds de Grizzly... Pas vraiment compris la blague, surtout que Lucky Luke n'est pas en soi un personnage comique. C'est même LE SEUL de tout l'univers de Morris à ne pas l'être, tout comme Asterix d'ailleurs, pour citer un autre personnage de l'époque. Et il n'est donc pas ridicule, alors que dans ce film, si...

Voilà bien tout le problème de ce film, qui au lieu de nous présenter une vraie histoire, avec les mystères de l'ouest, nous renvoi à une adaptation tronquée, sans prendre la peine de comprendre le personnage. Je me demande comment, en haut lieu, on a pu valider un tel scénario et une telle mise en scène. Enfin scénario… une succession de supposés gags sans queue ni tête, sans fluidité et sans réel esprit narratif. Autant ça peut marcher avec un Brice de Nice, qui n'était qu'une succession de gags, autant Lucky Luke disposait d'un réel scénariste.. Ce qu'ont dû un peu oublier les Huth et Dujardin, responsable dudit "scénario".

Autant dire que Lucky Luke, comme Les Daltons, autre adaptation, s'avère totalement factice et surtout tronquée. Les amateurs de western en auront pour leur frais, même s'il y a de grandes chances qu'ils ont reconnu les western de Ford, Peckinpah (le débat est proprement surréaliste pour une adaptation d'une BD pour les enfants), Leone bien sûr, un soupçons de Maverick, Les mystères de L'ouest ensuite et bien entendu Mon nom est Personne, dont certains éléments sont bien biens pompés.

Malgré ses références, malgré tout ceci, on est bien loin d'un beau western. Autant un Sam Raimi (réalisateur ultra connu maintenant depuis Spiderman et pour les puristes, depuis Evil Dead), avec Mort ou Vif, est arrivé à faire quelque chose de fun et divertissant, en tenant compte du mythe propre au western, comme bien  d'autres avant lui. Autant celui-là est moche, avec des acteurs qui ne seront jamais de la même veine. il est d'ailleurs fun de voir Testud et Poupaud, acteurs de films d'auteurs, se retrouver dans cette galère. Mais on suppose que l'appel de l'argent, doublé par celui d'incarner un personnage de l'ouest, a du prendre le pas sur le reste.

Cette adaptation vient trop tard. Se sert sans aller au-delà des références du western. Et bien entendu, n'a ni le charme, ni l'esprit ludique de films de Lucky Luke avec Terence Hill, qui gardent, malgré leur esprit série B et très western spaghetti, une certaine sympathie. Film à oublier donc...

Lucky Luke de James Huth | Scénario de Sonja Shillito, James Huth et Jean Dujardin d'après l'œuvre de Morris et René Goscinny | Photographie de Stéphane Le Parc | Musique de Bruno Coulais | Avec Jean Dujardin, Michaël Youn, Sylvie Testud, Daniel Prévost, Alexandra Lamy, Melvil Poupaud, Jean-François Balmer | Fraznce | 2009 | 105 min. | Comédie et Western | Distribué par UGC Distribution

vendredi 19 mars 2010

Pièce montée de Denys Granier-Deferre

Pièce montée est l'adaptation au cinéma d'Une pièce montée, le seul et unique roman de Blandine le Callet, qui a recu quelques prix. Il n'en fallait pas plus pour qu'un réalisateur s'interesse à cette histoire de mariages, Denys Granier-Deferre déjà réalisateur spécialisé dans la télévision. D'ailleurs, cela se ressent pas mal au niveau de la photo, ainsi que de la mise en sècne, ce qui devrait plaire à une certaine partie d'un public. Doté d'un casting assez impressionnant, Pièce montée a été un peu le film de la semaine, monté (ha ha ha) en épingle par la presse et qui a bénéficié donc d'un buzz académique, dans les règles de l'art.. Pour le reste.. à voir

Bérengère (Clémence Poésy) et Vincent (Jérémie Renier) se marient dans le respect des traditions bourgeoises. Selon la coutume, familles et amis se réunissent à la campagne par une belle journée de printemps. Journée joyeuse pour certains, douloureuse pour d'autres, en tous les cas déterminante et inoubliable pour tous. Mais comme les liens du sang ne sont pas toujours ceux du coeur, cette journée va vite devenir "L'heure de vérité", toute génération confondue...


Pièce montée - Trailer - 2010

Pièce montée n'est pas à proprement parlé une comédie française dans les règles de l'art. Mais par contre, c'est tout à fait le genre de téléfilm qu'on regarde à la maison, bien tranquillement assis dans son fauteuil. Le seul problème, c'est que ce n'est pas un téléfilm, mais un film et que ça sort donc au cinéma.

Certes, les acteurs font bien le métier, le casting est quelque peu soutenu, les jeunes mariés, qu'on ne présente plus, sont au poil pour animer cette comédie. Clémence Poésy, après ses intermèdes anglais (Harry Potter et In Bruges), revient tourner en France. Renier se contente d'être dans un registre plus comique, même si son rôle est quelque peu dramatique, même si le reste ne s'y prête pas.

Bien entendu, l'histoire n'est pas vraiment centrée sur eux mais plutôt sur le couple Marielle-Darrieux, qui sont, en quelque sorte, au centre de l'histoire, puisque Danielle Darrieux incarne la grand-mère qui voulait à tout prix que le mariage se célèbre dans un trou perdu. Et comme tout à une raison, c'est le clou du film.

Pour le reste, Pièce montée se contente d'être une gentille petite comédie, parfois grinçante, parfois amusée, qui suit son petit rythme sans jamais en dévier. C'est autant une qualité qu'un défaut. Les seconds  rôles, que cela soit Julie Depardieu, Léa Drucker, Charlotte De Turckheim, Dominique Lavanant, Christophe Alévêque ou encore Julie Gayet assure le service minimum, sans qu'on leur en veuille puisque leurs personnages sont dans les clous.

Ce n'est pas vraiment une réflexion sur le mariage. Il n'y a pas à proprement parlé de remise en question d'un couple, malgré un petit épisode, vite évacué, malgré tout. La pièce montée du titre ne fait qu'une brève apparition au début et à la fin, ce qui est quand même dramatique en soit (ha ha ha, nan je déconne).

Comédie légère, comédie un peu grinçante par moment, un peu réflective par d'autres, Pièce montée manque un peu de charme et un brin de finesse. Mais on suppose que le livre était mieux. On suppose également qu'une mise en scène plus osée n'aurait pas été négligeable. Mais sans tout ça, Pièce montée est agréable, sans plus et se situe bien plus haut que certaines comédies françaises bien franchouillardes et remplie de clichés tel Cyprien ou Trésor. A voir. Sans plus.


Pièce montée de Denys Granier-Deferre | Scénario de Denys Granier-Deferre et Jérôme Soubeyrand d'après l'oeuvre de Blandine Le Callet | Photographie de Aurélien Devaux | Avec Clémence Poésy, Jérémie Renier, Jean-Pierre Marielle, Danielle Darrieux, Christophe Alévêque, Léa Drucker, Julie Depardieu, Julie Gayet, Charlotte De Turckheim et Dominique Lavanant | France | 2009 | 93 min. | Comédie romatique | Distribué par Diaphana Films.

jeudi 18 mars 2010

Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans de Werner Herzog

Bad Lieutenant revient. Après le splendide film d'Abel Ferrara, véritablement une œuvre aussi culte que, d'une certain façon, un certain chef d'œuvre (oui, n’ayons pas peur des mots), avec Harvey Keitel dans le rôle titre, voilà maintenant que le cinéaste americano allemand Werner Herzog se fend de sa version du Bad Lieutenant, incarné ici par Nicolas Cage… Et autant dire que c’est un peu le jour et la nuit. En effet, si l’œuvre de Ferrara tournait autour du sexe, de la drogue mais surtout de la religion, le « remake » d’Herzog se contente d’une vision certes ripoux du métier de flic, mais en épurant un maximum ce qui faisait le sel du Bad Lieutenant, et ainsi le rendre peut-être un peu plus regardable, pour tes yeux innocents, que l’œuvre originale…

Terence McDonagh (Nicolas Cage) est inspecteur dans la police criminelle de la Nouvelle-Orléans. En sauvant un détenu de la noyade pendant l'ouragan Katrina, il s'est blessé au dos. Désormais, pour ne pas trop souffrir, il prend des médicaments puissants, souvent, trop souvent... Déterminé à faire son travail du mieux qu'il peut, il doit faire face à une criminalité qui envahit toutes les vies, même la sienne.

Sa compagne (Eva Mendes), dont il est éperdument amoureux, est une prostituée. Pour la protéger, Terence est obligé de prendre des risques. Parce qu'il est sur les traces d'un gros dealer, sa vie est en jeu. Parce qu'il doit enquêter sur l'assassinat d'une famille d'immigrants africains, il doit mener une enquête impossible. En quelques heures, tous les enjeux de sa carrière et de sa vie vont se combiner pour devenir sa pire épreuve. S'il s'en sort, Terence saura enfin qui il est vraiment...


Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans - Trailer - 2009

L’escale à la Nouvelle-Orléans du Bad Lieutenant permet un nouvel éclairage du personnage. Nicolas Cage retrouve un peu ses rôles du début de sa carrière, entre folie légère et fougue tranquille. On doit surement cela au fait qu’il puisse plus prendre autant d’argent qu’auparavant pour tourner dans des productions assez daubiques comme Next, pourtant annoncé comme un film intéressant. Là pour le coup, sous la houlette d’un vrai réalisateur, Werner Herzog, qui semble avoir retrouvé le goût de filmer depuis Rescue Dawn, il retrouve son panache et ce qui faisait de lui un des meilleurs acteurs de sa génération (ce qui ne veut plus dire grand-chose maintenant, certes).

Alors, Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans est de facture classique, c’est-à-dire très poisseux. On est quand même dans un polar, on est à la Nouvelle-Orléans, et forcément, l’alliance entre un genre et une ville n’a jamais été aussi fort. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Tavernier y a tourner son Dans la brume électrique. La Louisiane est un des paradis des cinéastes, ne serait-ce que pour ses décors atypiques et son ambiance surréaliste. Même un John Woo y a lancé sa carrière US avec Jean-Claude Van Damme. Bref, rien de tel pour planter un décor, surtout que l’ouragan Katrina a permis, et c’est bien malheureux, un nouvelle éclairage.

Si Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans n’est pas un chef d’œuvre du genre, toujours est-il qu’il est assez fun à regarder, ne serait que pour certains passage. Le coup de l’iguane, que Cage est le seul à voir, totalement drogué, est totalement abscons, donc intéressant. Certains passages, comme ses abus d’autorité pour se taper des nanas dans la rue sous le regard de leurs mecs aussi. C’est un salaud, il le montre, même si sa prestation n’est pas du même niveau que Keitel et que ça ne finit pas également de la même façon.

Ce Bad Lieutenant s’en sort, malgré tout, malgré les épreuves. Il paiera ses dettes et parce qu’il est un bon flic, continuera à servir dans la police. C’est à peine croyable mais l’histoire se tient bien de ce que côté-là.

Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans est donc à voir. Ne serait-ce encore une fois pour cette Louisiane et cette ville si particulière, tout comme pour l’ambiance, le jeu de Cage, la plastique de Mendes, le retour de Val Kilmer sur des moyennes productions après des films comme Felon directement sorties en DVD et parce que ça fait toujours du bien de voir un vrai cinéaste à l’ouvrage, même si ce n’est pas un de ses meilleurs films..

Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans (The Bad Lieutenant : Port of Call New Orleans) de Werner Herzog | Scénario de Billy Finkelstein | Photographie de Peter Zeitlinger | Musique de Mark Isham | Avec Nicolas Cage, Eva Mendes, Val Kilmer, Xzibit, Brad Dourif, Tom Bower, Jennifer Coolidge, Denzel Whitaker | Etat-Unis | 2008 | 122 min. | Policier et Drame | Distribué par Metropolitan FilmExport

mercredi 17 mars 2010

Chloé d'Atom Egoyan

Chloé est le remake du film d'Anne Fontaine, Nathalie... sorti en 2003 avec Fanny Ardant, Emmanuelle Béart et Gérard Depardieu, qui avait connu un certain succès et que je n'ai pas vu. Ce qui est un peu ennuyeux lorsqu'on voit un remake. Mais qu'importe, puisque c'est Atom Egoyan à la réalisation. Ce réalisateur canadien a eu en effet une certaine côte dans les années 80 et 90 avant de sombrer dans l'oubli dans les années 2000. Mais grâce surement à Chloé, qui fait la part belle aux acteurs, c'est à dire Julianne Moore, Amanda Seyfried (de grandes chances qu'on va la voir plus souvent) et bien sûr l'inévitable Liam Neeson, qui doit enchainer autant de films dans une années que Dennis Quaid (ce qui nest pas une mince affaire). Il parait qu'il est plus sulfureux que l'original et plus érotique... on veut bien croire ça... 

Ainsi donc, une femme, Catherine Stewart (Julianne Moore) pensant que son mari, David (Liam Neeson) est infidèle décide d'embaucher une escort girl, Chloé (Amanda Seyfried) afin de prendre son époux en flagrant délit d'adultère. Celle-ci doit lui rendre un rapport détaillé de toutes ses entrevues avec son mari. Peu à peu, à mesure des rencontres, Catherine a de plus en plus de mal à contenir autant la jeune fille qu'elle-même... et met ainsi sa famille en danger, autant que son fils que son couple..


Chloé - Trailer - 2009

Comme souvent avec les films d'Egoyan, le traitement photo est toujours très joli. L'homme aime jouer sur les couleurs et les tons, insistant autant avec ces derniers que sur l'intensité dramatique, dont Exotica est, d'une certaine manière, la quintessence. Ce film n'est d'ailleurs pas sans rappeler par certains cotés son nouveau film, Chloé. En effet, tant par le traitement que par les thèmes, il se dégage des deux oeuvres certaines similitudes.

Il faut dire que le réalisateur n'a pas son pareil pour ce genre d'histoire. Il était donc normal qu'il décide de remaker le film de Nathalie, en faisant la part belle à Julianne Moore, qui porte littéralement le film sur ses épaules. C'est en effet sa jalousie, ses troubles amoureux et sa passion naissante, quoique révulsée et déniée pour Chloé, joué par  Amanda Seyfried qui est bonne dans ce rôle, dans un premier temps, qui constituent le ressort principal du film. Cela donne souvent des scènes d'un certain érotisme, tout en jouant plus sur la provocation que ce que l'on pourrait supposer de l'autre côté de l'Amérique. En effet la Chloé n'hésite pas à faire irruption dans  sa vie, alors que c'est supposé être une prostituée de luxe. Ce changement d'attitude est bien marquée, notamment par la broche qu'elle souhaite à tout prix donner à Catherine.

Et ce sont ces passages qui nous ramène à un cinéma nord américain classique, très thriller. En effet, cette broche associé à certains aspects très thriller ne parviennent pas à faire décoller le film. C'est bien dommage mais c'est malheureusement souvent le cas avec ce genre de films, partant d'une bonne idée. On aurait comme l'impression que les scénaristes et les réalisateurs américains doivent remplir un cahier des charges, avec ce qu'il faut de suspense et d'intrigue pour coller le spectateur.

Chloé est donc à mi-chemin entre un bon film et un film insipide. S'il n'y avait pas la relation à trois (enfin à deux plus une fantasmée pour approcher une relation à deux), et une façon de mettre en scène les deux protagonistes, piégées autant qu'attirée l'une et l'autre, on aurait droit à un simple thriller, donc la conclusion finale nous ramène d'ailleurs vers cela. C'est un peu dommage puisque la fin gâche un peu le spectacle, par sa brutalité autant que par son aspect quelque factice.

Chloé d'Atom Egoyan | Scénario d'Erin Cressida Wilson et Jill Carter | Photographie de Paul Sarossy | Musique de Mychael Danna | Avec Julianne Moore, Liam Neeson, Amanda Seyfried, Max Thieriot, R.H. Thomson, Nina Dobrev, Mishu Vellani, Julie Khaner | Canada et Etats-Unis | 2009 | 99 min. | Drame | Distribué par StudioCanal

mardi 16 mars 2010

La pin-up de la semaine : Jet Li

Tout le monde se souviendra, à condition de l’avoir vu, de cette sage parole prononcée par Siu Lin (Michelle Yeoh) dans Tai-Chi Master (2002) à Junbao (Jet Li). Qui ne connaît pas Jet Li ? Celui qui répond « moi » méritera de se faire poulper à coups de sushis. Et ceux qui le connaissent auront toute ma bénédiction, et je peux vous dire que c’est quelque chose. Ceux qui sont amateurs d’arts-martiaux et qui ne connaissent pas Jet Li (mais ça me paraît fort peu probable) pourront toujours se rattraper. En tous les cas j’espère que cet article suscitera une envie à certains d’entre vous : voir ou revoir les films avec Jet Li. Je n’ai moi-même pas vu tous ses films. C’est pour ça que je vais vous parler avant tout de sa carrière et de deux films « Jet Li » qui m’ont le plus marqué.

Quand il était petit il est tombé dedans.
1963 – 1979 : Dès l’âge de 8 ans Jet Li pratique les arts martiaux dans une école de Pékin. Motivé par la soif de vaincre il devient champion national de Kung-Fu Wushu. Les arts martiaux deviennent son centre d’intérêt et il remporte quatre fois ce titre. Très vite, il est l’ambassadeur du kung fu enchainant les démontrations en Chine et aux Etats-Unis.
1979 – 1985 : A cette période des débuts du cinéma chinois dans les arts martiaux Jet Li en profite en même temps que Jackie Chan. Il se voit attribué un rôle dans la très célèbre trilogie de Shaolin : Le Temple de Shaolin (1983), Les Héritiers de Shaolin (1984) et Les Arts Martiaux de Shaolin (1985).

Les figures s’enchainent.
Reconnu par ses fans dans l’art du Kung Fu Jet Li a une carrière cinématographique bien remplie. Il s'est fait bien sûr connaitre en Europe et dans le monde avec la série des Il était une fois en Chine puis il a enchainé avec L'arme fatale 4 Roméo doit mourir, The One, En sursis, Hero, Le baiser mortel du dragonDany the dog, Le maître d’armes, RogueLa Momie : la Tombe de l'empereur dragon, Les Seigneurs de la Guerre,  … En plus de tourner avec de grands réalisateurs (Zhang Yimou, Tsui Hark, Peter Chan, Luc Besson …), il joue aux côtés de grandes stars comme Zhang Ziyi jusqu’à partager l’affiche avec Jackie Chan dans « Le Royaume interdit » ! N’oublions pas de citer le chorégraphe Yuen Woo Ping.

Entre chiens et chats.
Un homme enfermé dans une cage, élevé et nourri comme … un chien. Elever pour tuer. Un collier permet le contrôle de l’aliéné jusqu’au jour où Danny prend la fuite. Mais parmi les hommes toute son éducation est donc à refaire. Et cela ne se fera pas sans pérépities … je ne peux vous en dire plus ou cela serait un gros spoil pour ceux qui ne l’ont pas (AU FOUR !) encore vu. Les scènes de combats restent toujours très impressionnantes : on reconnaît le talent de Jet Li, et elles ne sont pas autant poussées que dans Tai-Chi Master par exemple. Une certaine philosophie règne dans ce film : jusqu'où ira Danny, pourra-t-il être 100% humain ? Etc. La fin est appréciable et pas gnangnan. E cette fois, on a une vraie histoire où le scénario n'est pas là que pour les figures d'arts martiaux.

Saluez « Le Maître d'armes ».
Huo Yuanjia rêve de s’adonner aux arts martiaux mais son père s’y oppose fermement ce qui le détermine davantage. Lors d’un combat, Maître Chin tue un apprenti de Huo Yuanjia qui a suivi des entrainements intensifs avec la collaboration de son ami Nong Jinsun. Huo n’hésite alors pas à tuer Maitre Chin et c’est là que tout commence … Comme toujours c’est un film que l’on regarde pour les enchaînements martiaux (à ne pas confondre avec les petits bonshommes verts) de Jet Li. L’histoire, après tout, n'est qu'un prétexte pour montrer son talent.


Non seulement talentueux dans les prouesses techniques, Jet Li peut aussi nous surprendre agréablement avec son jeu d'acteur, comme dans Danny the dog par exemple. Jet Li, un acteur à reluquer.

lundi 15 mars 2010

Sans laisser de traces de Grégoire Vigneron

Sur un scénario de Laurent Tirard (réalisateur de la grosse production Le Petit Nicolas) et le réalisateur du fil, Grégoire Vigneron, Sans laisser de traces est une copie made in france de Match Point de Woody Allen, l'esprit cynique atténué, et le glamour en moins, malgré la présence de la jeune actrice qui monte, Léa Seydoux (elle a fait une apparition dans Inglourious Basterds et tournera dans le prochain Ridley Scott, Robin des Bois, une nouvelle version du célèbre personnage). Malgré la présence d'acteurs à la carrière déjà bien remplie, le film met en effet du temps à décoller et se trouve plomber par un final un peu tiré par les cheveux... et c'est le moins qu'on puisse dire puisque le propos devait dépasser la vraisemblance de l'histoire.

A bientôt quarante ans, Etienne (Benoît Magimel), sur le point de prendre la présidence de son groupe, veut soulager sa conscience d'une injustice qu'il a commise au début de sa carrière et qui, précisément, l'a lancée. Convaincu par un ami de jeunesse qu'il n'avait pas revu depuis le lycée (François-Xavier Demaison), il se rend chez l'homme qu'il a lésé à l'époque pour le dédommager, François Michelet (André Wilms). Mais les choses tournent mal et l'homme est tué par son ami. Etienne tente alors de reprendre le cours de sa vie, mais celle-ci vire peu à peu au cauchemar. Harcelé par son ami, rattrapé par l'enquête de police, plus Etienne se débat, et plus l'étau se resserre. Au bout du rouleau, Etienne réalise qu'il ne lui reste plus qu'une seule solution...


Sans laisser de traces - Trailer - 2010

Qu'est ce qui fait qu'un homme devient riche et puissant? Le personnage principal de Sans laisser de traces le résume en trois mot : Talent, Travail et surtout Chance. Ca fait TTC, et le compte est bon (ho ho ho). Le film sera donc basé sur la chance, la chance de pouvoir réaliser le rêve de tout homme : avoir une belle femme, une belle situation professionnelle, une bel appart et une belle voiture. Tout y est donc, jusqu'à ce que le personnage soit pris de remords sur son passé. Et autant dire que c'est le plus intriguant dans l'histoire, qui est pourtant le fil conducteur.

En effet, psychologiquement, on a bien du mal à comprendre qu'un mec, sans vergogne, s'empare d'une formule qui n'est pas la sienne et qui va faire de lui un homme riche et puissant et qu'ensuite, quelques années plus tard, il soit plongé dans des remords dont il n'arrivera pas à sortir. S'il est vrai que c'est un rêve éveillé, que les grands de ce monde soient dans cette situation, c'est typiquement un scénario d'étudiants en cinéma. Entendez par là que c'est totalement irréaliste et surtout que le propos qui se dégage doit être plus fort que la situation elle-même.

C'est ainsi qu'est conçu Sans laisser de traces, le film qui se situe dans la droite ligne de Match Point, Scarlett Johansson  et  Jonathan Rhys-Meyers en moins. Et c'est bien là tout le problème, malgré la présence de Benoît Magimel qui n'a plus grand chose à prouver quant à ses talents d'acteurs et qui porte le film  sur ses épaules, malgré la présence de l'horripilant François-Xavier Demaison, qui a toujours l'impression de faire le même rôle, que cela soit dans Divorces ou dans ce film, entendez par-là qu'il s'emporte toujours autant et nous ressert son jeu à coup de mimiques qui devraient en dire plus que ce qu'elles n'en disent vraiment.

Tout ceci pour dire que si la présence de Léa Seydoux est fortement agréable, son personnage est totalement tronqué. Le coup de la lettre à la fin du film qui explique tout et qui se retrouve dans la poche du personnage est un peu là pour confirmer que, décidément, tout doit réussir. Tout comme le mec qui va se jeter par la fenêtre. Non vraiment, on comprend que le point de vue des scénaristes doit se vouloir manichéen en diable, pour montrer qu'on peut réussir en étant chanceux et un peu ripoux, mais quand même, les ficèles scénaristiques sont très grosses, sans compter que l'enjeu ne se fait pas vraiment sentir, puisque le postulat de départ, évoqué plus haut, est plus un cas d'école qu'un cas réellement probable.

Sans laisser de traces est donc ni fait ni à faire. La présence de Julie Gayet, celle d'André Wilms n'y changent rien. Le tout, qui se veut un thriller haletant, n'arrive pas vraiment à faire décoller, la faute à une mise en scène assez poussive et très linéaire, sans saveur ni charme. La cadre du décor, la ville de Bruxelles, ne change rien à l'histoire. On s'ennuie ferme et on attend la fin... impatiemment... qu'on devine assez aisément, vu la chance qu'à le personnage principal.

Sans laisser de traces de Grégoire Vigneron | Scénario de Grégoire Vigneron et Laurent Tirard | Photographie de Laurent Dailland | Musique de Christophe La Pinta | Avec Benoît Magimel, François-Xavier Demaison, Julie Gayet, Léa Seydoux, Jean-Marie Winling, Dominique Labourier, André Wilms, Stéphane De Groodt | Belgique et France | 2000 | 95 min. |  Thriller | Distribué par Mars Distribution
 

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