Les Emotifs anonymes de Jean-Pierre Améris
Rating
Sortie le 22 décembre 2010
Ah, Les Emotifs anonymes, l’un des films bien vendus au cours du mois de décembre. Il faut dire que le sujet a de quoi plaire puisqu’il parle de ces chers émotifs, pour qui parler à une personne, faire une quelconque action envers un autre être humain relève souvent de l’exploit. Ce film, du réalisateur Jean-Pierre Améris, qui est dans le circuit depuis plus d’une vingtaine d’années, met en scène deux gros handicapés d’un trop plein d’émotion, interprété par Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde, qui sont réunis pour la seconde fois au cinéma après Entre ses mains d’Anne Fontaine. Le film aurait pu être une douce petite perle s’il ne manquait pas un petit quelque chose….

Jean-René (Benoît Poelvoorde) est un patron d’une fabrique de chocolat proche de la faillite. Angélique (Isabelle Carré), une chocolatière de talent qui fait tout pour le cacher, et ce sont deux grands émotifs.
C’est leur passion commune pour le chocolat qui les rapproche lorsqu’Angelique vient chercher du travail dans la fabrique de Jean-René. Ils tombent amoureux l’un de l’autre sans oser se l’avouer. Hélas, leur timidité maladive tend à les éloigner. Mais ils surmonteront leur manque de confiance en eux, au risque de dévoiler leurs sentiments.
http://www.youtube.com/v/hru2ojH_j3Q?fs=1&hl=fr_FR
Les Emotifs anonymes – Bande-annonce – 2010
Le souhait de Jean-Pierre Améris était de dépeindre au mieux l’univers de ces hyperémotifs avec Les Emotifs anonymes, confrontés à des situations burlesques en se créant des mondes d’inhibitions. Pour cela, il a fait en sorte de retranscrire cette vision du monde en insistant sur l’aspect graphique du film. Le directeur de la photographie, Gérard Simon, a donc mis en valeur certaines couleurs comme le rouge et le vert, en privilégiant donc les lumières chaudes pour brouiller les frontières temporelles et donner donc au film une couleur très années 50. Comme les décors et les costumes font également penser à cette époque, le film a donc un cachet vieillot, d’une France imaginaire.
Et c’est peut-être en fait le seul point que l’on peut retenir des Emotifs anonymes, car hormis ce grand soin porté à l’esthétisme de manière générale, le film s’empêtre et s’embourbe dès que la machine amoureuse se met en branle, laissant les deux acteurs en roue libre la plus complète. La mise en scène est d’ailleurs très peu rythmée et pour un film qui ne dure qu’à peine quatre vingt minutes, on trouve le temps long dès la fin de la première demi-heure, lorsque les égarements des uns et des autres nous fatiguent d’autant qu’ils sont de moins en moins, visuellement parlant, très imaginatifs. On s’ennuie ferme, on trouve le temps long et on se demande un peu à quoi bon ?
Pourtant le sujet était en lui-même intéressant. Peut-être aussi qu’insister sur deux personnages alors que le titre porte finalement plus sur une catégorie de personne nuit un peu puisque finalement, c’est une comédie romantique comme une autre, entre deux personnages qui vont s’aimer, s’embrouiller pour finalement se marier (ou pas). Le même ressort scénaristique est en place et seuls le vert et le rouge d’Isabelle Carré, associé à la fabrique de chocolats nous restent finalement en mémoire. On a comme l’impression que le film a été fait exclusivement pour l’export en mettant en lumière des décors et un cadre dont les touristes raffollent, à commencer par les américains. Il y a de grandes chances d’ailleurs que ce film marche très bien dans quelques pays exclusivement pour cet aspect là .
Les Emotifs anonymes manque d’un petit certain charme, d’une douce musique qui aurait pu lui être propre, pourtant mis en valeur dans son coté graphique. Il est juste dommage que le reste ne suive pas, que l’histoire racontée suive des ressorts trop vus et revus.
Les Emotifs anonymes de Jean-Pierre Améris | Scénario de Philippe Blasband et Jean-Pierre Améris | Photographie de Gérard Simon | Musique de Pierre Adenot | Avec Isabelle Carré, Benoît Poelvoorde, Lorella Cravotta, Lise Lametrie, Swann Arlaud, Pierre Niney, Stephan Wojtowicz, Jacques Boudet, Grégoire Ludig | France et Belgique | 2010 | 80 min. | Comédie et Romance | Distribué par StudioCanal | Crédit photographique : StudioCanal







































