Love & Autres Drogues de Edward Zwick
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Ça commence par un titre what the fuck, ça continue avec une affiche qui donne tout sauf envie, puis une tagline vomitive : « Accros aux nuits sans lendemain ? ou dépendants l’un de l’autre ? ». Et pourtant, comparable à un Girl Next Door au niveau de la surprise occasionnée, le film est bien moins « gnangnan » qu’il n’en n’a l’air.
En voyant la bande annonce je me suis dit : « OK, c’est l’histoire d’un queutard, qui arrive pas à se poser et qui rencontre une meuf top bonne qui veut pas s’engager non plus et ils finissent ensemble ». Parce qu’il faut bien le dire, c’est totalement ce que le trailer laisse penser. Alors oui, soyons honnêtes, y’a un peu de ça, mais y’a quand même d’autres trucs pas si anodins qu’on ne voit pas…
Love & Autres Drogues – Bande-annonce 2010
Déjà , le film se passe dans les années 90, plus précisément en 96, le début des téléphones portables, la prospérité économique… surtout pour les laboratoires pharmaceutiques. Jamie est un commercial avec les dents qui rayent le parquet, prêt à lécher de la vieille moule moisie qui refoule du goulot pour réussir. S’il galère avec les médecins pour refourguer la came de Pfizer, laboratoire pour lequel il bosse, avec les meufs c’est une toute autre histoire… il a l’art et la manière de les faire tomber comme des mouches à merde, c’est pourquoi il applique petit à petit ses techniques de séduction à la con au boulot de VRP.
En harcelant les médecins pour vendre son Zoloft au profit du Xanax, il rencontre Maggie, une jeune femme atteinte de la maladie de Parkinson sur laquelle il va immédiatement flasher. Malade et par conséquent « légère », elle lui propose de niquer sans passer par les sempiternelles phrases toutes faites qu’elle connait par cÅ“ur (j’aimerais savoir pourquoi tu agis comme un voleur), le deal est conclu, il se mettent à coucher ensemble, plus ou moins régulièrement.
Certes on voit la fin arriver gros comme une maison. Mais tout de même, il y a plein de scènes très drôles, notamment celles avec le frère de Jamie, Josh (interprété par l’excellent Josh Gad). Le film traite beaucoup de la dépendance aux médocs, parle de dépression, de la guerre entre industries pharmaceutiques mais aussi de la découverte du Viagra. Jake Gyllenhall est à l’aise dans son rôle, Anne Hathaway bien moins crédible en meuf désinvolte qui s’en branle de tout, yeux trop langoureux, voix trop doucereuse, elle n’est pas un bon choix pour le rôle, et c’est bien dommage. La maladie de Parkinson, dont il n’existe à ce jour toujours pas de traitement, est aussi évoquée, et l’idée n’est pas mauvaise.
On regrettera aussi quelques incohérences par rapport à l’année où est censée se produire le film : 1996. Téléphones GSM bien réduits pour l’époque, looks pas assez pourris, le médecin qui parle d’Internet comme si tout le monde l’avait chez lui (heu mais attendez les mecs, en 96, Internet dans les foyers, c’était pas encore trop ça!) coupes de cheveux bien trop actuelles… le fait d’établir le film dans les années 1996 n’a pas été assez travaillé, et c’est bien dommage parce que ça avait un bon potentiel pour rendre le film bien meilleur. Et au final, les 5 dernières minutes qui dégoulinent de bons sentiments au point que ça en devient écÅ“urant viennent complètement détruire l’avis positif que j’ai eu pendant tout le film. Ok, la fin était prévisible, mais nous refaire le coup de la course poursuite pour crier son « je t’aime » devant tout le monde. Non. Trop vu. Stop.
Love, et autres drogues (Love and Other Drugs) d’Edward Zwick | Scénario de Charles Randolph, Edward Zwick et Marshall Herskovitz D’après l’oeuvre de Jamie Reidy | Photographie de Steven Fierberg | Musique de James Newton Howard | Avec Jake Gyllenhaal, Anne Hathaway, Oliver Platt, Hank Azaria, Josh Gad, Gabriel Macht, Judy Greer, George Segal, Jill Clayburgh, Kate Jennings Grant | Etats-Unis | 2010 | 110 min. | Comédie romantique | Distribué par Twentieth Century Fox France | Crédit photographique : Twentieth Century Fox France










































En même temps c’est une comédie romantique. Attendre une fin originale c’est un peu comme aller voir les Transformers et s’attendre à ce que les Decepticons gagnent à la fin ^^
Oui, une comédie romantique qui se finit mal, ça s’appelle un mélo et c’est un sous genre. D’ailleurs, en lisant le pitch de ce film, ça me faisait penser à Sweet November. Allez savoir pourquoi.
Ouais, j’ai pensé à Sweet November aussi Mais c’est franchement pas pareil, Keanu Reeves est cynique et sans cÅ“ur au début, et Charlize l’humanise…
Jake/Jamie, on sent le mec cool un peu bâtard avec les meufs, mais il reste smooth et charmant. Et c’est lui qui vient « chercher » Anne Maggie. Dans SN, Charlize Theron avait affaire à un mec froid qui voulait pas trop se laisser approcher.
Ah oui mais j’ai pas dit que c’était pareil, ça se voit dans ton article de toute façon, juste que le pitch m’y faisait penser. Après, il faudrait que je liste les comédies romantiques qui s’y rapprochent fortement…
pas de zombies ? pas de monstre de l’espace ? pas de vengeance d’outre tombe ?
*passe son chemin*
Bon, j’ai bien aimé. Le tandem est bon, les seconds rôles, bien que convenus dans ce type de comédie, assez marrant.
Anne Hathaway est beaucoup moins insupportable ici que dans les meilleures ennemies et le thème de Parkinson est assez bien traité. Y a effectivement un parfum de nostalgie et les GSM sont bien respectés : il me semble avoir reconnu le Startac de Motorola, le téléphone que je voulais avoir à ce moment là .
Après il est clair que la scène finale, dans cet endroit, on l’a déjà vu quoi, 100 fois.
Mais bon, c’était logique que ça finisse comme ça. Un niqueur né se fait toujours avoir, à un moment ou un autre…