Tron : L’Héritage de Joseph Kosinski

Posted 15 janvier 2011 by Q. in Science-fiction

Rating

Réalisation
65%


Casting
75%


Scénario
65%


Photo
80%


Musique
90%


Intérêt
70%


Total Score
74%


Genre:
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario: , , , , ,
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 125 minutes
 
Titre original: Tron - Legacy
 
Crédit photographique: Walt Disney Pictures
 
by Q.
Full Article

Ca aurait pu devenir un film culte. C’est sublime visuellement et scénaristiquement très creux. Pas de panique pour tous ceux qui n’ont pas vu le premier Tron sorti en 1982 et déjà réalisé par les studios Disney, j’ai vu le nouveau block-buster sans avoir vu le premier opus et j’ai absolument compris les subtilités de cette suite (et non remake).

Visuel des motards à l’intérieur de The Grid

J’ai été parmi les plus enthousiastes sur les effets visuels de Tron Legacy. Le film est super bien travaillé, les images sont belles malgré les lunettes noires de la 3D. Vous avez forcément vu certaines de ces images : ces personnages dans des costumes aux coutures fluorescentes. Ces lignes toutes symétriques et électriques qui forment un monde, une ville géante au look futuriste et véritablement superbe surtout pour nous les adeptes de films SF.

L’idée de Tron en 1982 était de donner vie, de personnifier des programmes informatiques, des données numériques créant un monde tout entier. Ensuite, les humains entreraient dans cet espace numérique (« The Grid », une sorte de matrice) et auraient des aventures. Cette idée de base est un peu compliquée mais une fois comprise elle présente un magnifique potentiel scénaristique. Imaginez un monde avec tant de subtilités, un monde qui se veut utopique et où la technologie est véritablement belle et intelligente. Sauf que Disney n’a pas du tout perçu le potentiel de cette suite. Les studios américains ont sans doute mis beaucoup d’argent sur la table pour donner ce niveau visuel au film. Mais le scénario et surtout les dialogues ne suivent pas du tout. Après avoir passé le fait d’être subjugué par les décors magnifiquement lissés on se rend compte qu’il n’y pas de jeu d’acteur, pas d’émotion, ni même d’effort pour rendre le film vivant et surprenant.

Affiche du premier film Tron de 1982

L’histoire tient en quelques lignes, et n’a pas grand intérêt même pour les fans qui sont vraiment attachés à Tron. Le personnage principal du premier opus se retrouve prisonnier de l’univers numérique qu’il a créé et son fils, en 2010 ou dans un futur proche, entre dans ce monde pour le retrouver. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous spoiler et vous laisser suivre le scénario. Et vous verrez qu’il tient en une phrase. Deux heures de péripéties auxquelles on s’attend tous et bam, c’est fini sans qu’on ai eu quoi que ce soit à se mettre sous la dent tout au long de l’histoire.

Quorra, un des programmes dans le monde alternatif

Je m’attarderais donc sur ce qui fait que ce film va s’intégrer dans nos conscients collectifs : d’abord il y a Daft Punk. La bande originale est signée par le duo français et ils jouent même leur propre rôle (dans la Grid bien sûr) et nous offrent une superbe illustration sonore… jusqu’à ce que les violons des studios de cinéma américain ne viennent chier sur la bande-son. Mais malheureusement depuis 1982 les studios Disney ont beaucoup changé : à l’époque les projets sur ordinateurs ne les préoccupaient pas et ils avaient pu laisser une grande liberté aux scénaristes. Maintenant il faut que les valeurs américaines (comme l’idée de retrouvailles père/fils ou l’utopie d’une mégalopole au look de Manhattan), puissent parler à un large public. C’est cette idéologie et ce scénario tellement linéaires qui plombent le film.

Prenez un petit exemple : les aventuriers doivent rejoindre un point de la ville de toute urgence. Parmi tous les vaisseaux futuristes dont ils disposent et qu’ils peuvent activer en lançant une manette dans les airs, et bien nos héros choisissent un funiculaire lent comme un siège remonte-escalier pour vieux. Tout cela pour quoi ? Pour nous servir des scènes de dialogues à la mort moi le nÅ“ud sur une passerelle avec le ciel au dessus et du vent dans les cheveux des personnages. Et en plus, ces personnages n’ont rien à se dire. Le réalisateur revendique que le film est basé sur la question de la perte du père pour un héros… et ça n’a aucun intérêt, c’est déjà vu et sirupeux.

Mais voilà, plus je vous décris ces défauts plus je repense à l’aspect visuel et sonore. Et je me dis que ça mérite vraiment le détour, c’est évident. Que ce soit la façon dont les uniformes s’enfilent, la façon dont les vaisseaux spatiaux sont designés tout en symétrie. Il y a aussi l’apparition des différents véhicules lorsque l’on lance les manettes de l’engin dans l’air. Pour détruire un de ces engins il faut créer un mur d’air à l’arrière de soi pour passer devant l’autre et le faire se crasher sur cette sorte de queue de comète. C’est sublime et magique avec la B.O. de Daft Punk. Et lorsque ça se passe dans les airs c’est encore plus tripant.

Enfin j’ai l’impression que c’est terriblement dans l’air du temps de montrer ce qu’il pourrait y avoir derrière les lignes de code de nos sites internet et de nos programmes informatiques. Créer un espace où l’imaginaire futuriste peut s’exprimer pleinement est vraiment jouissif. Pas besoin d’être un bobo parisien pour se dire que parfois Apple fait des design d’ordi vraiment top. De la même façon on est ébahi par l’idée d’une cité en réalité augmentée : où la 3D ou la 2D viennent se superposer à nous dans le réel. Tout cet aspect graphique et sensoriel du film est tout à fait intéressant et captivant.

Une conclusion : si vous ne voulez pas voir le film. Ecoutez quand même trois titres de Daft Punk issus de la B.O. et qui méritent le détour : The Son Of Flynn, Derezzed, et Solar Sailer. C’est sublime et entrainant. On se dit qu’on aurait pu en faire un truc vraiment bien de cette trame et de cette idée. Peut-être dans les suites de ce qui s’annonce comme une nouvelle licence pour Disney.



Le Rédacteur

Q.
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15 Commentaires


  1. avatar
     
    Dextarian

    Je vais quand même devoir me laisser tenter par l’aspect sublime du film.

    De toute façon, je suis un vieux et je connais le premier Tron :)




  2. avatar
     
    Djool

    Ben l’occurence le premier Tron est mieux.




  3. avatar
     

    J’ai revu Tron il y a peu pour me remettre dedans. J’ai acheté le jeu et la BO et j’adore les deux. Au fond le film devient presque un prétexte comme les dessins animés d’Hasbro dans les années 80, mais on s’en fiche, j’irais le voir aussi, j’aime ce qui est beau et lumineux.




  4. avatar
     
    Frieda M.

    J’ai la carte illimitée, je ne me priverai pas même si j’ai pas vu le premier (j’étais même pas née !).




  5. avatar
     
    Dimrost

    « Le premier Tron il était mieux »

    Ça tient ptet au fait qu’il avait un scénar…

    Bon, sinon, un aspect dont je trouve que Q. ne parle pas assez, c’est la risible inutilité de la 3D dans ce film.
    Déjà, même défaut qu’Avatar, mais en pire: la photo est super travaillée, dans le ton du premier Tron, et une fois que j’ai eu l’idée d’enlever mes lunettes une fois dans le film pour voir à quoi ça ressemblait sans, ben, c’est simple, j’ai pas arrêté de les ré-enlever du film, tellement on s’aperçoit à quel point c’est moche avec ces putain de lunettes.

    La 3D, c’est le mal.




  6. avatar
     
    Jun

    Ou ça un scénario dans le premier ?
    Le premier tron est juste un prétexte pour montrer les premières images en 3D du cinéma, chaque dialogue est encore une fois un prétexte pour caser du jargon informatique, jargon encore plus incompréhensible pour le grand publique en 1982 qu’aujourd’hui…

    Dans le premier c’était assumé, parce que les images de synthèse (rire étouffé) apportaient quelque chose de plus, de nouveaux.

    Après on retrouve ce vieux délire de cyberespace antropo-centré, qui ne pouvait pas être autre à cause des fondements judéo-chrétien-dysnéen de la production… Parce qu’un cyberespace qui n’est pas en image de synthèse kitch avec des mecs habillé en cuir dedans, ne peut pas être (CF: le cobaye, le cobaye 2, la scène finale de jhonny mnemonic, l’intérieur du colon de dimrost, …).

    Mais le fait que chaque programme soit personnifié, montre bien que tron, premier du nom, était un film de SF… Le programme de compta n’était pas juif…

    Tron legacy, porte bien son nom. Il doit porter le lourd héritage d’un film de 30 ans d’âge. Sur la grille on retrouve des jeux vieux de 30 ans, que même une partie de lightcycle sur ipad est kitch, sorte de wipeout en naze, mais aussi les vieux traqueur volant du premier film, composé de forme basique, alors qu’il aurait pu se tapper un délire de mécha à la japonaise bien plus bankable…

    Non sérieusement, la bande annonce de big tits zombie me donner bien plus la gaule…




  7. avatar
     
    Dextarian

    Oué, c’est un peu ce que j’allais dire : je me souvenais pas que le premier Tron, déjà, avait un scénario. Attaquer le second sur un non scénar en ayant aimé le premier qui n’en avait pas, c’est marrant ^^.




  8. avatar
     
    Dimrost

    Bah, le premier, le scénar tient sur un timbre-poste, mais ça fonctionne. « On se fait enfermer, on doit sortir, ya un méchant qui nous tient prisonnier ».
    Le déroulement du premier fait que ça marche. Dans le deuxième, c’est tellement mal foutu qu’on se fait chier.
    Un scénar, même petit, quand il fonctionne, c’est un bon scénar.

    Puis je confirme, l’intérieur de mon colon, c’est de la SF, mais je dirai pas comment ça s’fait que Jun est au courant.




  9. avatar
     
    Q.

    La 3D ne m’a pas choqué dans le film. Elle n’apporte rien, n’enlève rien. Certes l’image est encore plus sombre mais ça peut entrer dans l’esthétique du film.
    @Jun : je t’assure qu’il est assez facile (et profondément agréable) de se laisser porter par l’esthétique du film. C’est quasi sans faille (là où même Avatar était parfois brouillon et plein de détails foireux). Je maintiens, y’a de belles images. Qui bougent bien.




  10. avatar
     

    Assez d’accord avec Q. sur l’ensemble de l’article. À voir pour la claque visuelle et sonore, mais pas pour la 3D et le scénar.

    Seulement deux scènes d’action pour un film de 2 heures, dans cet univers, c’est dommage =/




  11. avatar
     
    Guilhem

    Un film très joli mais très creux (et très bavard aussi, paradoxalement).





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