Le syndrome de la roue de secours
J’ai été il y a peu comparée à Carrie Bradshaw. Sur le coup, j’ai rien dit, mais dans mon cÅ“ur il y a eu une sensation absolument abominable : en lisant ça, j’ai eu l’impression de voir un panier de chatons de 3 semaines se faire pulvériser au lance-flamme.
Alors je dis pas que si Vogue, Glamour ou même Jalouse, enfin tout ces magazines de putafranges/ fashionistas mes couilles/ néo bobo hipstasses, me proposaient de me payer pour écrire des chroniques, je refuserais pour le principe… ben ouais, je suis au chômage donc forcément j’y réfléchirais à 2 fois avant de leur dire de s’enfiler un tube de rouge à lèvre Chanel dans le rectum.
Mais nous nous éloignons terriblement du sujet : je voulais parler du syndrome de la roue de secours, également connu sous l’appellation « appétence du bouche trou ». Avouons-le, nous avons tous été la roue de secours, la personne de remplacement de dernière minute utilisée par dépit de celui ou celle qui faisait appel à nous (pour des faveurs sexuello-sentimentales j’entends, pas pour venir aider à réparer des toilettes). Mais soyons tout aussi honnêtes, nous avons tous à un moment donné, sous l’impulsion d’un infâme râteau, ou par cause d’un plan foireux qui avait l’air pourtant sans accroc fait appel au « plan de rechange », histoire de ne point se retrouver dépourvu, quand la bise fut venue (et que par conséquent, la baise, elle, ne le fut pas).
A ce moment là de la lecture vous pouvez vous dire 4 choses :
- Ben non, je suis pas comme ça, j’ai jamais mis de plan à quelqu’un, quand je me tiens à un truc, je change pas d’avis (bravo, vous êtes un(e) putain de saint(e), vous avez le droit à un point auréole, et pas seulement parce que vous transpirez beaucoup) .
- Carrément, tout le temps, mais c’est à cause d’un concours entre potes où on gagne des points en fonction de la nana qu’on se tape, du coup si une nana plus bonne que celle avec qui on avait RDV se libère, obligé on annule la première (je vous jure ça existe, Paul, je te fais un gros bisou). Le point Paul donc, même si ça n’a rien à voir avec la boulangerie.
- Ouiiiiinnnn snif snif (bruit de morve), mais ça m’arrive tout le temps! et après avoir fait l’amour, la personne ne fait que parler de son ex/sa cible. C’est pas que vous êtes naïfs, c’est que vous êtes un peu con, vous avez donc gagné un point bonne poire.
- Oh là non, je suis un 4,5 sur l’échelle Chantal Sébire, il est impossible que je sois un plan de rechange (ben détrompez vous, aussi bonne que vous soyez, il se peut tout à fait que quelqu’un se serve justement de votre physique avantageux pour oublier quelqu’un de moins joli, mais plus intelligent/intéressant). C’est le point connasse (valable pour les hommes également).
Si vous êtes dans la situation du bourreau : soyez raisonnable, ayez un cÅ“ur, ne vous comportez pas comme ces types qui finissent dans Faites Entrer L’Accusé, Youporn existe pour assouvir vos plus sombres envies, ne vous servez pas de quelqu’un qui risque de souffrir à cause de votre esprit maléfique.
Si vous êtes une victime, qu’à l’école on vous prenait en dernier lorsqu’il fallait faire des équipes pour des sports collectifs, que vous vous faisiez raquetter votre goûter à la sortie de la piscine, que vous acceptiez qu’on copie sur vous lors d’un contrôle surprise pour un paquet de chewing-gums, vous êtes un peu habitué à jouer la bonne poire. De deux choses l’une : soit vous êtes maso et vous acceptez, soit vous voulez rompre ce cercle vicieux afin de retrouver un tant soit peut d’amour propre, et vous envoyez la personne qui vous pense à sa disposition aller profondément se faire foutre, au risque de perdre toute possibilité de rapport sexuel pour les 6 mois à venir (la fierté, ça n’a pas de prix.)
Je passe de plus en plus pour une donneuse de leçons, façon Doc, dans Doc & Difool, mais si à 30 ans, je fais pas ça, je fais quoi? Des enfants? Ha ha ha. Certainement pas (désolée maman).


































J’ai fait le bourreau pendant trois mois, là j’arrête mes conneries, mais la peinture est un exutoire plus efficace que youporn. Ou alors à la limite du pornochic en fond sonore ou en visuel sourd quand je dessine des corps féminins. Mais c’est vrai que parler de mes Exs ou de mes ex-cibles après l’amour, ça c’était systématique. J’y ai même fait référence dans la pièce que j’ai commencé à écrire « je ne parle des femmes que j’aime qu’avec les femmes avec qui je couche ».
Ceci étant j’ai peur que la raison n’y soit pour rien… Perdre mes illusions était censés me rendre plus fort. On s’est foutu de ma gueule tellement de foi quand j’étais totalement dévoué à une seule femme (inaccessible), que je refusais les autres, qu’on me prenait pour le serial fucker que je n’avais jamais été, qu’une fois la grosse claque prise en pleine gueule j’ai fait comme tous les accusés à tort qui ne peuvent pas laver leur réputation : quitte à passer pour un SF autant en être un.
A ceci prêt que je parlerais plutôt de ballons que de roues de secours. Pourquoi ? Parce qu’en fait de roues ce sont bel et bien des ballons qui m’ont emmenés là où le ciel était plus bleu, là où l’air était plus frais. De beaux ballons colorés, doux, avec des dessins psychédéliques dessus. On s’y attache aux ballons, on a pas envie de redescendre.
Je pense avoir été dans la catégorie victime mais qui s’en rend pas compte et qui s’en fout un peu. Bourreau j’ai toujours évité, quand t’es une fille hyper sentimentale, sensible et romantique comme moi, c’est impossible de partager les plaisirs de la chair avec quelqu’un d’autre que l’être tant désiré.
Djool ? Djool tu vas bien ?
Mais oui. Tu me trouves un peu trop brute de décoffrage? C’est une carapace tsé, pour me protéger, genre.
Justement non, je te trouve très ouverte, sensible, voir touchante.