Jewish Connection de Kevin Asch
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Sortie le 16 février 2011
Premier long métrage de Kevin Asch, Jewish Connection s’inspire de faits réels, à savoir l’acheminement et la revente d’exta par des Juifs Orthodoxe d’Amsterdam à New York. L’idée de l’adaptation est venue de Danny A. Abeckaser, le producteur du film et l’interprète de Jackie Salomon et ils ont pu compter sur le soutien den Jesse Eisenberg, jeune acteur très demandé depuis Bienvenue à Zombieland et The Social Network, qui a été emballée par le rôle. Le titre français du film fait bien évidement écho à French Connection, du maître William Friedkin en 1971, bien loin du titre originale « Holy Rollers » qui désigne les chrétiens évangéliques les religieux qui, lorsqu’ils prient, effectuent ces grands mouvements comme s’ils roulaient sur eux-mêmes (« rolling »). Le titre est donc plus religieux et fais moins film de mafia.
Entre 1998 et 1999, un million de pilules d’ecstasy ont été acheminées d’Amsterdam à New York par des Juifs orthodoxes recrutés à leur insu. Sam Gold (Jesse Eisenberg), 20 ans, est l’un d’entre eux. Refusant peu à peu la voie stricte et balisée que sa famille lui a tracée, il accepte sans hésiter quand son voisin Yosef lui propose de faire passer des « médicaments » contre rémunération. Mais Sam comprend vite la vraie nature du trafic et se laisse happer par le gain de l’argent facile, embarquer dans la spirale des nuits sans fin de Manhattan à Amsterdam et envoûter par Rachel, la petite amie de son patron.
Devenu l’un des dealers les plus en vue de Brooklyn mais renié par son père et sa communauté, Sam est rattrapé par la culpabilité. Déchiré par sa double vie, il va prendre une décision qui risque de tout faire échouer et pourrait lui être fatale.
Jewish Connection – Bande-annonce – 2010
Kevin Asch s’est inspiré du cinéma-vérité et du néo-réalisme italien pour l’esthétique du film, jouant ici sur des lumières et une photographie très naturelle, voir naturaliste. Il a d’ailleurs donne une texte très années 1970 à son film, en mettant en avant l’authenticité ou l’absence de vernis. Grand passionné de films, il s’est d’ailleurs inspiré, pour son générique du film de Sydney Lumet, Un après-midi de chien, qui a su dépeindre New York avec une grande véracité émotionnelle. De même que la scène du night-club entre deux personnages est fortement inspirée de Mean Streets de Martin Scorsese.
Jewish Connection est donc un film de passionnés et de gens qui s’y connaissent dans le cinéma. Mais cela n’en fait pas pour autant un film qui restera gravé dans le marbre. En effet, le milieu dépeint, la religion et le coté mafia de l’entreprise, clivage du départ et qui restera tout au long de l’œuvre en question, sont des scènes déjà vu, mieux faites, mieux travaillées et plus accentuées. Il est vrai de toute façon que passer après Scorsese est quelque chose de difficile, sans compter aussi que le traitement est finalement assez classique 1.
Le casting n’aidant d’ailleurs pas. Jesse Eisenberg joue encore une fois un jeune homme de 20 ans alors qu’il en a juste 25. Il joue encore une fois une être candide, perdu dans son monde et un peu rêveur (comme dans Bienvenue à Zombieland, Avendtureland, The Social Network dans une certaine mesure ou même encore Solitary Man). Ce n’est donc pas une surprise ici de le revoir encore une fois jouer le mec paumé qui participe finalement à ce trafic de pilule. Son jeu d’acteur, amélioré depuis The Social Network qui lui a permis de parler encore plus vite, permet aux personnages du film de se couper un peu la parole et de jouer sur une certaine dynamique.
Mais comme Staten Island, c’est-à -dire les films newyorkais qui se veulent un tantinet sérieux et réaliste, Jewish Connection s’empêtre dans son récit dont on connaît l’issue par avance. L’histoire en elle-même n’est pas très percutante et ne reste plus au final, que le sentiment d’assister à une quête de foi et de spiritualité du protagoniste qu’à quelqu’un qui cherche désespérément de s’en sortir. Le titre anglais est donc bien plus approprié que le titre anglais pour la France (forcément). Si le film n’est finalement pas mauvais du point de vue technique, on ne peut s’empêcher de se demander « A quoi bon ? » tant l’histoire décrite n’est finalement qu’un petit fait divers dans le milieu de la drogue et très marqué dans le temps.
Jewish Connection (Holy Rollers) de Kevin Asch | Scénario d’Antonio Macia | Photographie de Ben Kutchins | Musique de Mj Mynarski | Avec Jesse Eisenberg, Justin Bartha, Ari Graynor, Danny A. Abeckaser, Mark Ivanir, Elizabeth Marvel, Jason Fuchs, Hallie Kate Eisenberg, Q-Tip | Etats-Unis | 89 min. | 2010 | Comédie dramatique | Distribué par Pyramide Distribution | Crédit photographique : Pyramide Distribution
- On est également loin de qu’avait pu faire Guy Ritchie avec des rabins dans Snatch, même si le film n’est pas vraiment fait pour se moquer, même gentiment, de la religion. [↩]










































Chuis assez d’accord avec ton article, même si pour moi, Jesse Eisenberg est loin d’être le souci principal du film. Le problème c’est pas qu’il a 25 ans au lieu de 20, parce qu’il passe très bien pour un mec de 20 ans, le problème c’est que ça fait un peu trois même rôles de suite.
Le problème, c’est encore une fois le scénar, ce film on l’a déjà vu vingt fois.
Je suis très d’accord pour la comparaison avec Mean Street aussi.