Les Femmes du 6e étage de Philippe Le Guay

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Posted 20 février 2011 by Dextarian in

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by Dextarian
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Sortie le 16 février 2011

C’est aussi la troisième collaboration entre Philippe Le Guay et Fabrice Luchini puisque le comédien avait déjà joué dans le deuxième film au cinéma du réalisateur, L’ Année Juliette, avant de le retrouver en 2003 dans Le Coût de la vie, film choral sur l’influence de l’argent sur les individus. Dans Les Femmes du 6e étage, alors que le rôle devait être incarné à l’origine par un adolescent, il est apparu plus judicieux pour le réalisateur de le confier en un adulte. Avec un titre assez séduisant, on se replonge encore une fois dans les méandres d’une certaine époque qui trouve peut-être encore un écho aujourd’hui.


Paris, années 60. Jean-Louis Joubert, agent de change rigoureux et père de famille « coincé », découvre qu’une joyeuse cohorte de bonnes espagnoles vit… au sixième étage de son immeuble bourgeois.

Maria, la jeune femme qui travaille sous son toit, lui fait découvrir un univers exubérant et folklorique à l’opposé des manières et de l’austérité de son milieu. Touché par ces femmes pleines de vie, il se laisse aller et goûte avec émotion aux plaisirs simples pour la première fois. Mais peut-on vraiment changer de vie à 45 ans ?


Les Femmes du 6e étage - Bande annonce – 2011

Ce qui est bien avec Les Femmes du 6e étage, c’est que l’on est assurément dans une comédie française. Tout le film de Philippe Le Guay nous rappelle le savoir faire français, la mise en scène française, la culture française… J’en fais un peu trop ? Certes, certes. Car le film est à l’image de ce que l’on trouve comme téléfilm dans le cinéma français. Une bonne comédie bien tranquille et sage dans un univers encore une fois d’une France d’un autre temps, où certains problèmes étaient plus simples à régler, comme ceux rencontrés dans le film.

Pourtant, Franco est évoqué, la guerre civile aussi. Il y a de la matière à en dire mais le genre, la comédie, fait souvent que tout ceci passe au second plan pour nous livrer une sucrerie qui sent bon le caramel mou d’autre fois, d’un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître, comme la personne qui écrit ces lignes. Mais ces femmes espagnoles donnent un petit coté « fou » à cette histoire, à travers leur fierté et leur courage, comme il est dit dans le film et confère donc à ce dernier un parfum de modernité.

Car il faut bien le dire, ce sont ces actrices espagnoles qui donnent au film un autre ton, à commencer par la très jolie Natalia Verbeke, déjà vu dans GAL et La Méthode, qui est resplendissante, n’ayant pas peur des mots, dans ce rôle de « maid », comme on les appelle en Angleterre mais surtout aux Etats-Unis1. Il faut dire que s’il y a un genre dans lequel la France excelle, c’est bien celui dans lequel est dépeint n bourgeois, sa femme et sa bonne. On ne peut pas dire ici que nous ne sommes pas dans les clous puisque c’est exactement le sujet.

La délicieuse Natalia Verbeke

Les Femmes du 6e étage essaye d’insuffler un petit coté hippie à des bourgeois, des « monsieur » et des « madame » , leur apprendre qu’il existe autre chose que des conventions et une certaine idée de la mort à travers un emploi du temps calibré pour faire oublier le temps. Sujet ô combien éculé dans le cinéma, même outre-atlantique puisque l’on prend toujours plaisir à dépeindre ceux qui ont de l’argent comme atteint de tous les maux. Si l’on comprend que le réalisateur a bâti une histoire à travers la sienne, on se demande si finalement, ce genre de situation, comme souvent, peut exister dans le film. On parle ici évidemment de la fin, où le mari plaque tout pour retrouver sa bonniche espagnole, atteint d’une furieuse envie de vivre passé 45 ans.

Alors Les Femmes du 6e étage est un film qui est un peu inutile en soi d’aller voir au cinéma. Le film est surtout destiné à une partie de public assez âgé, connaissant bien l’époque et la situation. Seul celui-là y trouvera son compte., à n’en pas douter. Mais la charmante Natalia Verbeke est pourtant à voir sur grand écran. C’est finalement à travers ce type de rôles que l’on voit mieux une actrice discrète au cinéma, puisqu’elle tourne beaucoup pour la télévision espagnole. C’est bien dommage mais c’est ainsi.

Les Femmes du 6e étage de Philippe Le Guay | Scénario de Philippe Le Guay et Jérôme Tonnerre | Photographie de Jean-Claude Larrieu | Musique de Jorge Arriagada | Avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Natalia Verbeke, Carmen Maura, Lola Dueñas, Berta Ojea, Nuria Solé, Muriel Solvay, Concha Galán, Audrey Fleurot | France | 2011 | 106 min. | Comédie | Distribué par SND | Crédit photographique : SND

  1. Les French maid ayant toujours une certaine côte auprès dans les phantasmes masculins []

Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

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