Au bistro du coin de Charles Nemes

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Posted 18 mars 2011 by Dextarian in Comédie

Rating

Réalisation
50%


Casting
80%


Scénario
65%


Photo
50%


Musique
60%


Intérêt
49%


Total Score
59%


Genre:
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario: , ,
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 82 minutes
 
Crédit photographique: EuropaCorp Distribution
 
by Dextarian
Full Article

On peut raisonnablement se demander comment certains « films » arrivent encore à sortir au cinéma en ces temps d’embouteillage visuel. N’en déplaise à Fred Testot1 et Charles Nemes (réalisateur d’œuvres assez disparates comme Le Carton, Le Séminaire, La Tour Montparnasse infernale mais aussi de la série H) mais Au bistro du coin (Bistro sans « t ») ne mérite pas vraiment que l’on s’y attarde pas plus  qu’une sit-com d’AB production ou un Louis La Brocante. L’exercice de style, de nous dépeindre une vie de quartier autour d’un bar sans trop s’appesantir sur chacun des habitants n’est finalement pas nouveau puisque c’était même une spécialité française de nous faire partager une tranche de vie. Tout comme le film en lui-même, qui ressemble à un funeste et oublié Grève Party. On ne se demande plus trop, malgré un gros casting estampillé made in canal +2, pourquoi Europa va mal. On en a la confirmation maintenant.


Dans un élan de solidarité et de générosité, les habitants d’un quartier se mobilisent et décident de monter un spectacle à la mémoire d’un sans-abri, Jean Valjean, mort dans la rue. Tout le quartier défile alors au bistro du coin pour les préparatifs, au grand dam de Manu ( Fred Testo) : Bertrand (Guy Lecluyse) le patron du pressing, Fanny la crêpière (Frédérique Bel) et Jules (Vincent Lacoste) le tout jeune musicien !

Derrière les bons sentiments se cache souvent la mauvaise foi. C’est l’occasion de joyeuses engueulades, mais aussi d’amitiés improbables et de discussions passionnées (c’est beau les intentions)… Il faut dire qu’il n’est pas simple de s’entendre, même pour une bonne cause, avec de telles personnalités (tous les anonymes ont de fortes personnalités, c’est bien connu).


Au bistro du coin – bande-annonce – 2011

Aider les SDF, en voilà une bonne idée. Un esprit cynique et manichéen aurait peut-être pensé qu’il aurait été plus simple de donner directement l’argent aux « habitants de la rue » plutôt que de tourner Au bistro du coin, mais ne soyons pas plus méchant que cela. En effet, le film de Charles Nemes tente le pari de nous faire participer à la vie autour d’un café, en s’attardant à peine sur chacun des résidents  et en tentant surtout de varier le ton à travers quelques moments supposés intéressants.

Mais la sauce ne prend pas. On préférait presque voir les clients du Mistral, bar désormais connu dans toute la France  télévisuelle depuis le succès de Plus Belle la vie. Le patron du bar est gentil, certes. Son cuistot aussi, interprété par Vincent Desagnat qui essaye de nous jouer un gentil utopiste complexé par la vie. Tous ces clients ont un petit grain de folie. Ou devait l’avoir sur le papier. Mais aucun n’arrive à autre chose que de nous ennuyer profondément. Pourtant il y avait de quoi faire. Mais pas de brèves de comptoir, pas d’envolée, pas de clashes manifeste entre les personnages. On se demande bien ce que l’on regarde et, malgré la durée du film3.

Et pourtant une pléiade d’acteurs plus ou moins connus sont présents dans le film. Comme si faire du name droping à travers quelques apparitions, pas toujours très bien amenées d’ailleurs, pourrait faire un film. Les rôles d’Eric & Ramzy sont au mieux inutile, au pire totalement foirés dans l’hôpital. Frédérique Bel fait de l’actor studio, à la manière de Kad Mérad qui se la racontait mafioso dans L’Immortel. Guy Lecluyse reste fidèle à lui-même et Fred Testot porte le film sur ces épaules. Ou du moins il essaye. Mais on sent que ce n’est pas encore ça et qu’il faut véritablement un sidekick, pour reprendre une expression à la mode, pour contrebalancer et ce n’est pas Desagnat, qui n’arrive pas toujours à le faire avec son comparse Michael Youn, qui peut jouer ce rôle ici et donner la pleine mesure d’un véritable tandem. Nader Boussandel, que l’on connait mieux depuis Les Barons, est peut-être celui qui sauve un peu le film, en jouant sur un autre registre.

Alors certes, les intentions sont louables. L’idée de départ est bonne. Evolquer l’ambiance d’un bar de quartier à l’heure où les petits djeuns bien urbains ne se rendent plus que dans leur nouvelle église, les Starbucks, pour boire les cafés les plus chers au monde, avait presque un petit coté rebelle. Certes, c’est toujours sympathique de voir une foule d’acteurs que l’on aime bien. Mais ça ne fait pas un film. Et ce n’est pas le truc de filer à bouffer à des SDF qui permet de donner plus de sympathie que cela à l’histoire. Pas que ce n’est pas du déjà vu mais c’est surtout tellement mal amené, entre tentative de comédie acide et véritable esprit de fronde loupé, ce pauvre Au bistro du coin ne sait vraiment pas où se placer… c’est dur de faire un film, n’empêche…

  1. A l’origine de l’histoire, il a co-écrit le scénario. []
  2. Fred Testot d’Omar & Fred et leur SAV, Eric et Ramzy de la série H, Frédérique Bel de  La Minute Blonde. []
  3. 82 minutes, générique du début sans action compris et avec une générique final de plus de cinq minutes, on arrive à sortir de la salle en moins d’une heure et quart, il faut le faire. []

Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

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