The Company Men de John Wells
Sortie le 30 mars 2011
Ne pas perdre espoir et surmonter les échecs pour construire quelque chose de vrai et durable. Cela pourrait être le sous-titre de The Compagny Men et surtout du celui réalisateur, John Wells, qui a enfin réussi à faire son premier film après plus de dix-sept ans. En effet, il a avait écrit le scénario dans les années 1990 après la récession économique en s’inspirant de l’expérience de ses amis, des membres de sa famille et un peu de la sienne. Après plusieurs tentatives pour monter le film, il a du renoncer et se réfugier à la télévision où il a dirigé notamment plusieurs épisodes d’Urgences. La crise de 2008 lui a permis de trouver des financements et surtout de monter ce film avec des acteurs qui ont eu aussi connu un gros creux, comme Kevin Costner et Ben Affleck, toute proportion gardée, bien entendu.
Bobby Walker (Ben Afleck) est l’incarnation même du rêve américain : il a un très bon job, une merveilleuse famille, il joue au golf et une Porsche toute neuve dans son garage. Mais lorsque la société qui l’emploie réduit ses effectifs, Bobby se retrouve au chômage, tout comme plus tard ses collègues Phil Woodward (Chris Cooper) et Gene McClary (Tommy Lee Jones. Les trois hommes sont alors confrontés à une profonde remise en cause de leur vie d’hommes, de maris et de pères de famille.
Bien loin de ses talents de cadre supérieur, Bobby se retrouve obligé d’accepter un emploi dans le bâtiment pour le compte de son beau-frère (Kevin Costner) pour surmonter ses nombreuses dettes. Cette expérience va le pousser à découvrir qu’il y a peut-être plus important dans l’existence que de courir après la réussite…
The Company Men – Bande annonce – 2011
The Compagny Men est centré autant sur l’histoire de Bobby Walker que de l’entreprise qui l’a licencié. Le lien entre les actionnaires et le petit peuple, celui qui travaille est évidemment manifeste. On perd le sens des réalités en montant les échelons d’une entreprise et on se retrouve finalement complètement déconnecté. Le réalisateur suit donc plusieurs personnages, le jeune battant qui a fait de brillantes études, le vieux de la vieille et ami du boss de la boite et celui qui a gravit tous les échelons, un par un avant d’accéder au sommet. Tous ont perdu leur emploi et tous se retrouvent donc à le vivre différemment.
On peut trouver le film très didactique et il l’est assurement. Ceux qui sont à l’intérieur du circuit professionnel, qui ont connu des hauts et des bas se reconnaitront aisément dans cette histoire et n’apprendront rien de nouveau. Car finalement il n’a rien de nouveau dans les crises économiques. Si ce ne sont pas toujours les mêmes causes, elles produisent toujours les mêmes effets. On notera tout de même ce souci de coller au plus prêt dans la réalité, notamment avec le personnage de Costner, brave petit artisan, qui perd ou qui gagne de l’argent selon les chantiers et qui un certain parfum de vrai. Tout comme celui au dent longue qui est obligé de se remettre en question ou encore la femme aimant de celui-ci qui finalement le préfère à la maison. On sait que ce n’est pas toujours comme cela que se passe dans la réalité, mais ça fait du bien de le croire. Le personnage de Chris Cooper est là pour nous dire qu’il faut soigner les apparences et nous porte à croire que finalement, l’auteur réalisateur a fait le tour de la question.
Car son message est on ne plus clair : à quoi sert de transférer par mail des chiffres, si on ne sait pas ce qui se cache derrière. Ou du moins, si on a oublié cela. En prenant le point de vue du charpentier qui bâti sa maison ou celui d’un constructeur de bateau, un ouvrier sur les chantiers, qui sait ce qu’il a fait et en est fier, les personnages de Costner et Jones nous ouvrent une voie que l’on ne connaît que trop bien. Il est juste étonnant que ce film a des relents d’humanisme avéré dans une société où marcher sur les autres restent quand même une prérogatives essentielles.
Avec une jolie photographie et une mise en scène sobre qui ne cherche pas à faire dans le larmoyant ou le cliquant, The Company Men se regarde sans déplaisir, malgré la gravité du sujet. Il fera écho à tous ceux qui ont vécu la même situation, le fameux licenciement qui nous fait soit bouger notre cul, soit tout remettre en cause, soit terminer notre vie. Le fait d’avoir plusieurs personnages ici permet d’avoir toute une palette de comportement différent et on voit ici que le travail de Wells à la télévision et notamment dans les séries TV lui a servi. Et on ne peut s’empêcher malgré tout, de faire des parallèles sur la quête du vrai de Costner et Affleck puisqu’après avoir été des stars de cinéma, ils sont redescendus sur terre pour prôner les choses vraies et pures. Après The Town, Ben Afleck poursuit ce travail de rédemption cinématographique après s’être perdu dans des films assez pourris. Même chose pour Costner, même si ce dernier a surtout fait de très mauvais choix en tant que réalisateur autant qu’acteur, même s’il a toujours prôné ces valeurs.
Film sérieux, The Company Men enfoncera des portes ouvertes pour certains. Pour d’autres, il ne fait juste que le constat de ce qui se passe aux Etats-Unis. Sans avoir la force des modèles du genre, il ne cherche pas à séduire le chaland plus que cela. C’est déjà un bon point. Et puis, les acteurs sont bons, les actrices également (Maria Bello et Rosemarie DeWitt en tête, que l’on connaît peu).
The Company Men de John Wells | Scénario de John Wells | Photographie de Roger Deakins | Musique d’Aaron Zigman | Avec Tommy Lee Jones, Ben Affleck, Chris Cooper, Maria Bello, Rosemarie DeWitt, Kevin Costner, Craig T. Nelson, Eamonn Walker, Tom Kemp, Nancy Villone | Etats-Unis | 2010 | 112 min. | Drame | Distribué par Gaumont Distribution | Crédit photographique : Gaumont








































