Tous les soleils de Philippe Claudel
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Sortie le 30 mars 2011
Avec Tous les soleils, Philippe Claudel signe son deuxième long métrage, trois ans après Il y a longtemps que je t’aime, adapté de son propre roman. Tourné à Strasbourg, il nous fait partager le quotidien d’un prof de musique, de sa fille et son frère dans une tranche de vie douce amère. Cela permet d’ailleurs à la jeune Lisa Cipriani (alias Irina) de Demandez la permission aux enfants ! (2006) de se mettre un peu plus en valeur, tout comme à Stefano Accorsi (Je ne dis pas non, Nous trois et Encore un baiser) d’avoir un rôle un peu plus conséquent.
Alessandro est un professeur italien de musique baroque qui vit à Strasbourg avec Irina, sa fille de 15 ans, en pleine crise d’adolescence et son frère Crampone, un gentil fou anarchiste passant le plus clair de son temps en robe de chambre et qui ne cesse de demander le statut de réfugié politique depuis que Berlusconi est au pouvoir.
Parfois, Alessandro a l’impression d’avoir deux adolescents à élever, alors qu’il ne se rend même pas compte qu’il est lui-même démuni face à l’existence. Voulant être un père modèle, il en a oublié de reconstruire sa vie amoureuse, d’autant plus qu’il est entouré d’une bande de copains dont la fantaisie burlesque l’empêche de se sentir seul.
Mais au moment où sa fille découvre les premiers émois de l’amour, sans qu’il s’y attende, tout va basculer pour Alessandro…
Tous les soleils – Bande-annonce – 2011
Certains films débarquent au cinéma avec une petite musique. On aime ce genre de cinéma ou pas. Il arrive d’ailleurs fréquemment que l’on ne se déplace pas pour ce genre de film comme Tous les soleils. S’il est facile d’approche, avec des situations qui nous rappelleront forcément quelque chose à nous spectateur, le film de Claudel a une certaine culture, celle de la musique, de l’Italie, des rapports humains qui ne sont pas toujours facile d’accès, malgré l’aspect comique du film et symbolisé par l’oncle ou le frère, selon le point de vue, qui est un hippie des temps modernes, refusant la société de consommation et ayant fui l’Italie depuis que Berlusconi est au pouvoir.
En partant de ce postulat de départ, cette famille sans mère et femme, hormis la fille d’Alessandro, Tous les soleils surfe sur la vague familière des tranches de vie, des remises en question, d’avancer malgré les coups du sort et de savoir, surtout faire son deuil. Pour traiter le thème, le ton est léger, poétique, presque enfantin par moment et toujours avec une volonté de ne pas trop taper vite et fort. Si le ton est léger, les thèmes abordés sont pour le moins assez grave entre la mort d’une mère, celle également d’une dame âgée pour laquelle le personnage principal fait la lecture, incarné par Anouk Aimée que les plus de trente connaissent très bien.
Et puis les acteurs sont sympas. Les deux frères italiens s’amusent à passer du français à l’italien et vice-versa sans sourciller, tout comme d’ailleurs la petite Lisa Cipriani. Surfant sur la gravité, la poésie et le coté décalé, il s’amuse bien sous la direction d’un Claudel qui a su tirer parti de leur langue. On ne sait si le film a été tourné dans l’ordre chronologique mais la petite Lisa Cipriani mais on l’a senti de plus en plus à l’aise au fur et à mesure du film. Tous les soleils nous permet aussi de revoir Clotilde Courau, qui s’est remise au cinéma après quelques passages déci de-là à la télévision et dans les défilés de mode. Les rôles secondaires, la bande à Alessandro, bien qu’un peu clichés et pas toujours très bien fouillés, sont assez amusant.
Pourtant, on ne peut s’empêcher de se dire que Tous les soleils est calibré pour la télévision plus que pour le cinéma. Les situations, les dialogues et de manière générale, l’ambiance, font bien plus penser à un gros téléfilm très bien fait plutôt qu’à un film qui trouvera un large public dans les salles obscures. Mais en dépit de cela, on se laisse plus bercer par ce type de comédie française que par rapport à des plus gros machins bien gras et bien gros comme nous avons trop l’habitude de voir encore sur nos écrans. Mais ça reste quand même bien culcul la praline…
Tous les soleils de Philippe Claudel | Scénario de Philippe Claudel | Photographie de Denis Lenoir | Avec Stefano Accorsi, Neri Marcoré, Lisa Cipriani, Anouk Aimée, Clotilde Courau, Philippe Rebbot, Marie Seux, Margot Lefevre Chan, Jean-Marie Holterbach, Patricia Joly | France | 2010 | 105 min. | Comédie | Distribué par UGC Distribution | Crédit photographique : UGC











































La BA m’avait convaincue d’aller le voir : de l’italien + Berlusconi en cible à fléchettes. Parfait. C’est chose faite depuis hier et j’ai vraiment passer un bon moment en particulier grâce aux acteurs et à la musique, puis c’est plein de petits détails soignés. Points négatifs : des longueurs et presque tous les meilleurs passages sont montrés dans la BA…