Je n’ai rien oublié de Bruno Chiche

0
Posted 9 avril 2011 by Dextarian in

Rating

Réalisation
0%


Casting
0%


Scénario
0%


Photo
0%


Musique
0%


Intérêt
0%


Total Score
0%


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
by Dextarian
Full Article

Sortie le 30 mars 2011

 

Un petit parfum de Claude Chabrol flotte sur Je n’ai rien oublié, le nouveau film du réalisateur Bruno Chiche, à qui l’on doit notamment Hell et Barnie et ses petites contrariétés. Adaptation du roman Small World de Martin Suter, il mélange autant un aspect réel avec maladie connue, Alzheimer, qu’insistant sur un drame familial avec un petit coté thriller. Faisant la part belle aux acteurs, qu’ils se nomment Depardieu, Baye, Arestrup, Renier (Yannick) et l’actrice Alexandra Maria Lara, il possède certains qualités esthétiques même si l’on sent que l’adaptation n’a pas dû tout être évidente.

 


Depuis des années, Conrad Lang (Gérard Depardieu) vit aux crochets de la riche famille Senn. D’abord camarade d’enfance de Thomas (Niels Arestrup), puis gardien de leur maison de vacances à Biarritz, ils l’utilisent comme bon leur semble et lui se satisfait de son sort.

Mais lorsque son état de santé se dégrade, lorsqu’il se met à raconter à Simone (Alexandra Maria Lara) – la jeune épouse de l’héritier Senn – des souvenirs d’enfance qui ne collent pas tout à fait à l’histoire officielle de la famille, Elvira (Françoise Fabian), la matriarche, se montre étrangement menacée. Comme si ce vieux fou inoffensif portait en lui les moyens de la détruire.

C’est alors qu’entre Conrad et Simone va naître une amitié étrange, amenant la jeune femme à faire face, pour lui, à une Elvira bien plus dangereuse qu’il n’y paraît.


Je n’ai rien oublié – Bande annonce – 2010

Alexandra Maria Lara, actrice roumaine révélée par La Chute et Control, incarne dans Je n’ai rien oublié, une jeune femme qui fait la connaissance de sa belle-famille après son mariage. Le coté étrangère dans une famille n’a pas dû être trop difficile à jouer puisque cela a été son cas en Allemagne, où elle a commencé sa carrière avant d’avoir une renommée internationale. Sa relation avec le personnage joué par Depardieu, qui est en train de perdre progressivement les peu de souvenirs qu’il lui reste, apparaît donc clairement. A la manière d’un Cortex, qui traitait aussi de maladie d’Alzheimer dans un polar, Je n’ai rien oublié nous fait remonter dans les souvenirs de Conrad pour découvrir ce qui pourrait bien se cacher comme secret ébranlant cette petite famille (même si ce pan de l’histoire n’est que survolé).

Cette histoire de famille rappellerait donc par certains égards un pan de l’œuvre de Chabrol, ne serait-ce que par l’univers traités, cette espèce d’enfermement propre à des personnages de province, riches souvent et gardant en même temps certains secrets. Si le cinéaste décédé récemment avait l’habitude dépeindre avec une certaine férocité ses personnages, c’est beaucoup moins le cas ici puisque le Chiche joue plus sur la coté sensible, nostalgique voire romantique, avec l’histoire qui se noue entre Conrad et Simone, qui n’aime pas son prénom.

 

 

Si Je n’ai rien oublié a très peu de chances de séduire un public jeune, de part le sujet et ses acteurs qui sont implantés dans notre paysages cinématographiques depuis tellement de temps qu’on oublie encore qu’ils peuvent toucher, il a pourtant quelques petites qualités, comme son introduction lorsque Conrad mets le fin à la maison de campagne familiale. La maladie est évoquée par touches successives, à travers des pertes de mémoire récurrentes, qui ponctuent l’action et le drame qui se joue. Depardieu, comme souvent dans ce type de rôles, touche juste en incarnant des personnages enfantins. On l’avait vu récemment pour La Tête en friche et on peut également citer Le Colonel Chabert dans un autre registre, celui du dénouement.

Il est regrettable que Je n’ai rien oublié ne s’appuie pas assez sur l’histoire de fratrie alors que c’est pourtant mis en avant sur l’affiche du film. On peut aussi regretter que le film s’enlise un peu à un moment et que l’intrigue perde de son intérêt et de son sens. L’œuvre de Martin Suter a dû être difficile à transposer correctement.

 

 

Sans être un très grand film mémorable, Je n’ai rien oublié, en faisant la part belle à ses acteurs, joue la carte de l’histoire au détriment d’une mise en scène et des interactions entre les personnages sortant un peu de l’ordinaire. C’est un peu dommage parce qu’on comprend assez rapidement ce qui se passe et qu’il aurait été peut être plus intéressant d’aller au plus près des personnages.

Je n’ai rien oublié de Bruno Chiche | Scénario de Bruno Chiche d’après le roman de Martin Suter | Photographie de Thomas Hardmeier | Musique de Klaus Badelt et Jean-Michel Bernard | Avec Gérard Depardieu, Alexandra Maria Lara, Niels Arestrup, Françoise Fabian, Yannick Renier, Nathalie Baye, Féodor Atkine, Olivier Claverie, Pascale Arbillot | France | 2010 | 93 min. | Drame | Distribué par Studio 37 et Rezo Films


Le Rédacteur

Dextarian
avatar

Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

0 Commentaire



Be the first to comment!


Poster une réponse

(required)


Notifiez-moi des commentaires à venir via email. Vous pouvez aussi vous abonner sans commenter.

Derniers articles publiés
 
  • cb747a4e7dee0
  • 6ma2-c987d
  • Sur la route - vignette
  • 70%
    The WHATTS ABCD bandeau
  • 94%
    74019611
  • 90%
    937604_moonrise-kingdom
  • DP_Complainte7_light
  • 81%
    nickfury
  • 83%
    Huis clos - vignette
  • 80%
    La Guerre est déclarée - vignette