Et soudain tout le monde me manque de Jennifer Devoldere
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Sortie le 20 avril 2011
Après Jusqu’à toi sorti en 2009, Jennifer Devoldere nous présente Et soudain tout le monde me manque, son deuxième long-métrage, dans lequel elle dirige son actrice fétiche et désormais amie, Mélanie Laurent qui tient ici le rôle principal. Le casting s’enrichi de Michel Blanc dans le rôle du père et d’une réjouissante floppé de seconds rôles : Manu Payet, Géraldine Nakache, Guillaume Gouix1 et Florence Loiret-Caille. Et soudain tout le monde me manque ou un film sur la complexité des relations familiales, une comédie française comme il en sort par dizaines chaque année, un film gentillet, sans prétention et malheureusement sans intérêt.
Eli, bientôt 60 ans, attend un enfant de sa nouvelle femme. L’annonce de cette grossesse est particulièrement mal vécue par les deux filles d’Eli : Dom, qui cherche à adopter, et Justine, qui collectionne les conquêtes. Pour se rapprocher de Justine avec qui il n’a jamais pu s’entendre, Eli décide de se lier d’amitié avec tous ses ex, sans qu’elle le sache. Mais lorsque Justine tombe de nouveau amoureuse et qu’Eli s’apprête à tout gâcher, la famille est sur le point d’imploser.
Un film qui s’adapte à l’évolution des mÅ“urs sociétaires et fait mine de renouveler le non renouvelable. Famille recomposée, grossesse tardive, adoption… Juste une tartine de clichés.
Et soudain tout le monde me manque ce sont de jolies musiques2 de jolis acteurs et un titre bien trop long. Il est naïvement justifié (du moins il veut l’être) au cours d’une réplique de Michel Blanc : « moi, je suis loin de chez moi et soudain tout le monde me manque ». Bof. Je crois plutôt que c’est la mode, les titres à rallonges. Ça promet beaucoup ou du moins ça laisse envisager plus que ce qu’il en est réellement.
Les relations entre les différents personnages sont terriblement superficielles et pas assez approfondies pour être cohérentes. En clair, les 1h38 passées aux côtés de cette « famille » ne donnent lieu à aucune attache. On peut rire, on peut pleurer, les grosses ficelles sont là pour nous guider.
Petite remarque anodine concernant la pluie : plusieurs scènes rivalisent de niaiseries avec tous ces navets américains où pluie égale larme et c’est assez pénible de voir et revoir des gens tristes et stoïques sous la pluie, un couple se retrouver (toujours après une déchirante rupture) sous la pluie…
La vie professionnelle de Justine, radiologue, lui laisse le loisir d’exprimer sa créativité débordante et par un enchaînement de circonstances, ses Å“uvres vont être exposées dans la galerie d’une de ses patientes guérie d’un cancer du sein. On peut supposer que l’issue aurait été nettement moins drôle si la galeriste était décédée. Même si l’on est sceptique au début (pourquoi s’extasier sur un corps reconstitué en radiographies ?) le résultat du monde de Justine radiographié est plutôt réussi.
On sent le souhait de la réalisatrice de dépeindre la complexité des relations de parents à enfants aujourd’hui. On découvre évidemment qu’Eli était un bon père seulement un peu maladroit et pas trop expressif. Il est vrai que le scénario peut paraître original mais il s’avère vide. De ce fait le film semble vouloir se justifier à la fin.
La seule chose que l’on retient en sortant, c’est la chanson du générique de fin, sauf que ça n’a rien à voir avec le film et qu’il est décidément bien facile de mettre du Cat Stevens (valeur sûre) en BO pour enjoliver le tout. Excepté que dans le cas présent, il n’y a rien.
Et soudain tout le monde me manque de Jennifer Devoldere | Scénario de Jennifer Devoldere | Photographie de Laurent Tangy | Musique de Nathan Johnson | Avec Mélanie Laurent, Géraldine Nakache, Michel Blanc, Manu Payet, Claude Perron, Florence Loiret-Caille, Guillaume Gouix, Sébastien Castro, Karina Beuthe, Jean-Yves Roan, Romain Levy, Alexandre Steiger, Habibur Rahman, Assane Seck, Achille Ndari, Samir Deluca, Daniel Cohen | France | 2011 | 98 minutes | Comédie dramatique | Distribué par UGC Distribution | Crédit photographique : UGC Distribution
- Dont la carrière est définitivement lancée après Poupoupidou et Jimmy Rivière, il est à l’affiche de Midnight in Paris le nouveau Woody Allen. [↩]
- La majorité des titres sont signés Nathan Johnson mais on retrouve aussi Nina Simone et Cat Stevens entre autre. [↩]







































Et bien, j’ai trouvé Et Soudain tout le monde me manque pas si déguelasse que ça : des bons gros mouvements de caméra lors de la scène du repas, un souci d’esthétique lors de certaines séquences, certes clipesques à souhait, mais qui dénote par rapport à la production française ambiante particulièrement telefilmesque.
Une Mélanie Laurent qui nous cabotine pas trop, avec un ton de voix adéquat. Il semblerait qu’elle soit pas super à l’aise dans des rôles de tueuses, prostituées ou flics, où elle a tendance à mal placer sa voix. Ici, elle est bien dans le coté paumé, un peu d’ailleurs comme le précédent film de la réalisatrice.
Comme on part de loin en France avec notre cinéma actuel complètement moribond dans l’ensemble (du moins au niveau des grosses sorties nationales), j’ai envie d’être moins bien cassant, surtout que le sujet m’a évidemment un peu touché d’un point de vue perso.
par contre, le coup de fatboy slim comme si c’était dépassé : mais au secours.
Et oui, le titre du film qu’on balance comme ça tranquillement dans une ligne de dial est complètement artificiel…
Mais sinon, j’aime bien les titres à rallonge. C’est un peu la marque de fabrique du cinéma national et sans atteindre la longueur des titres des années 70/80, on peut dire que c’est toujours un peu amusant.
Justement y a peut-être un trop gros souci d’esthétique pour palier au vide du scnénario… qui partait d’une idée originale (pourtant) mais qui fini par rentrer dans le moule de la bonne vieille (connue et reconnue) comédie (romantique, dramatique)française. Après c’est sûr que chacun peut l’apprécier différemment selon son vécu, c’est clair.
Mélanie Laurent, depuis qu’elle s’est mise à chanter (grand mot) je la trouve pas tant exceptionnelle que ça, même si c’est vrai que ce rôle lui va plutôt bien (c’est pas non plus le rôle de sa vie).
Moi aussi d’habitude j’aime bien les titres à rallonges (de battre mon coeur s’est arrêté… cf. ton statut fb)des fois je vais même voir le film juste parce que le titre m’intrigue. Mais là je trouve ça HS. J’ai sans doute tort d’accorder trop d’importance au titre.
Je n’étais même pas au courant, jusqu’à récemment, qu’elle poussait la chansonnette (c’est bien le mot, vu le peu de voix qu’elle a).
Pour le rôle de sa vie, il faudrait un metteur en scène qui la pousse bien, surtout, histoire qu’elle se laisse pas vivre ^^
En fait, j’ai un peu l’impression que ce film est plutôt destiné aux mecs, après un petit sondage, bizarrement