Le Chaperon Rouge de Catherine Hardwicke

6
Posted 22 avril 2011 by Dextarian in Drame

Rating

Réalisation
55%


Casting
70%


Scénario
70%


Photo
50%


Musique
50%


Intérêt
60%


Total Score
59%


Genre: , ,
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario:
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 100 minutes
 
Titre original: Red Riding Hood
 
Crédit photographique: Warner Bros. France
 
by Dextarian
Full Article

Sacré Warner Bros. Ayant loupé le succès Twilight, la celèbre compagnie a vite chercher à se rattraper en confiant à Catherine Hardwicke, la réalisatrice du premier volet, une adaptation gothique du Chaperon rouge. Ce n’est évidemment pas la première fois où ce dernier est adapté et on peut citer par exemple la très sombre adaptation faite par Hiroyuki Okiura avec le film d’animation Jin-Roh, la brigade des loups (qui est plus une inspiration qu’une adaptation à proprement parler), Freeway1 ou encore plus récemment, La Véritable histoire du petit chaperon rouge, parodie de contes se rapprochant de Tex Avery, avec un poil d’irréverence. Mais point de celle-ci dans cette nouvelle adaptation, qui se veut une vision effrayante et plus mûre du petit chaperon rouge2. Sauf que, sauf que, c’est plus une marmelade gothico-émo-twilightesque- cheapesque sans charme et sans imagination qu’une réelle Å“uvre impregnée d’une substance clairement subversive, malgré quelques tentatives dans le film…

Dans une histoire inspirée d’un célèbre conte de fées, une adolescente se retrouve en grand danger quand son village décide de chasser les loups-garous qui terrorisent la population à chaque pleine lune. Dans un endroit où tout le monde a un secret et est suspect, notre héroïne doit apprendre à suivre son cœur et trouver en qui elle peut avoir confiance. Tout un programme donc.

Catherine Hardwicke a toujours été fascinée par le monde des ados et le passage à l’âge adulte et cela dès son premier film, Thristeen. Elle a poursuivie cette voie avec La Nativité où une jeune fille vivait ses dernières moments de son adolescence, avant d’exploiter le filon Twlight, lui aussi clairement destiné à ce plus ou moins douloureux passage. Il n’en fallait donc pas plus pour qu’elle s’empare, avec sa fidèle équipe, du Chaperon Rouge en y ajoutant ce qu’il faut de fantastique et d’imagerie gothique, mis au gout du jour par Tim Burton depuis des années maintenant (pour ne pas dire des lustres).

Si esthétiquement, ce choix en vaut bien un autre, il semble pourtant que le film n’avait pas un budget pharaonique, au regard des décors peu à même, sans compter la lenteur des plans. Ces derniers semblent être clairement la marque de fabrique de la réalisatrice. Ce qui donne finalement un rendu assez peu glorieux et très proche de ce que l’on pouvait trouver dans des films comme Willow ou Conan le barbare, qui avaient eu le mérite de ne pas être retouchés par ordinateur et d’avoir un rendu un peu plus humains. Ce qui n’est pas le cas dans ce village du Chaperon Rouge où tout semble être en toc.

Ca ne serait pas le pire des défauts si l’on ne retrouvait pas une actrice née en 1985, Amanda Seyfreid donc, pour jouer une adolescente3. Il est clair qu’elle est beaucoup trop vieille pour ce rôle, malgré son visage de poupon à peine sortie de l’adolescence. Autant une Kristen Stewart, en dépit de son jeu d’actrice assez limitée, était parfait dans Twilight, autant Seyfried incarne déjà plus la petite amie adulte (ou même la petite amie maléfique) dans les prochaines comédies plus ou moins romantiques. Si le film traite un peu de rejet des uns et des autres, on comprend aisément qu’elle puisse être rejetée vu son âge. Mais ce n’est pas tout, question casting, car on retrouve notre bon vieux Gary Oldman nous cabotinant un rôle de méchant monsieur dont il a le secret quand il s’agit pour lui de payer ses factures. Il est clairement ici dans un rôle à la limite de la parodie et du jeu décalé. A croire qu’il a dû le faire un peu exprès. Du moins est-ce l’impression que cela donne.

Mais le problème principal du Chaperon Rouge est sa pseudo histoire sombre. On se souvient que le conte est fait de telle manière que ce passage de l’enfance à l’adolescence ou de l’adolescence à l’âge adulte se manifeste d’une façon assez subtile par les choix que fait la jeune fille. Véritable symbolique d’un passage, il est clairement ici balayé ou presque au détriment d’une espèce de loup garou assez ridicule, comme s’il fallait que tout aujourd’hui soit plus fort, plus vite plus lourd pour attirer le pékin moyen dans une salle de cinéma. Le propos présenté ici est donc fait à la truelle, en insistant bien comme il faut le trait.

Et c’est tout le problème avec l’aspect gothique. On peut vite virer dans le ridicule, ce que ne manque pas d’être Le Chaperon Rouge au final. Un peu à la manière d’un Wolfman, finalement. C’est un sous-genre qu’il faut savoir maitriser pour susciter un brin d’émotion ou de poésie, comme a su si bien le faire Tim Burton en son temps. Ici malheureusement, en imaginant un triangle amoureux composé d’adolescents dans un village hanté par un loup-garou à l’époque médiévale, le scénariste et la réalisatrice se perdent complètement dans des sous intrigues assez clairement improbables pour un si petit village. Quant au coté « rebelle », en laissant à Seyfried faire ses propres choix, c’est un peu mou du genou pour qu’on y accorde un intérêt.

Le Chaperon Rouge, clairement destiné un public ciblé, manque d’un peu de tout et surtout de charme dans l’horreur ou de l’horreur dans du charme. Un peu comme Sucker Punch qui semble plus destiné à un public féminin que masculin, le film d’Hardwicke ne parvient pas à décoller et reste complètement en surface. On est quand même assez loin d’une Helen Ripley dans la trilogie Alien4 qui passe par tous les stades dans son affrontement avec la bête. La faute à un casting assez improbable, la direction d’acteurs assez foireuse, des décors en carton pate, une intrigue qui se veut à tiroir mais  quiest surtout à ennui et enfin, une impression que le gothisme est vraiment devenu un genre cinématographique tarte à la crème.

  1. de Matthew Bright avec Reese Witherspoon et qui avait connu son petit moment de gloire à l’époque parce qu’il était produit par Oliver Stone. []
  2. Comme c’était le cas à l’origine pour ce conte. []
  3. Même si c’est devenu une sale habitude récurrente depuis des années de faire jouer des adolescents par des acteurs qui ont 25/26 ans, surtout dans les films d’horreur. []
  4. Le quatrième volet n’existe pas. []

Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

6 Commentaires


  1. avatar
     

    J’ai pas encore lu, je le ferai une fois le film vu je pense.
    Par contre je suis surpris de lire partout les autres films adaptés du conte, sans voir « Freeway » qui est pourtant THE adaptation en thriller ^^

    (Et en plus c’est un bon film mais c’est un autre débat, bref je vous conseille Freeway)




  2. avatar
     
    Dextarian

    Ah oui, Freeway, c’est vrai. Tiens, je l’ai rajouté. C’est vrai qu’à l’époque, il avait fait du bruit parce qu’il avait été produit par Stone qui avait décidé de changer sa façon de filmer depuis Natural Born Killer et dont le réalisateur du film en question s’était pas inspiré aussi.

    Maintenant, je sais plus ce qu’il vaut aujourd’hui…




  3. avatar
     

    Au regard de la bande annonce on se croirait dans le jeu de rôles « le loup garou ».




  4. avatar
     
    kjgihy

    c qui le loup garou dans le film




  5. avatar
     
    Dextarian

    Je veux bien le dévoiler mais ça « spoile » un peu le film, pour ceux qui passent par là et qui ne l’ont pas vu.





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