Scream 4 de Wes Craven

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Posted 23 avril 2011 by Dextarian in

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by Dextarian
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Sortie le 13 avril 2011

La série des Scream a toujours été un peu à part dans le paysage de l’horreur-épouvante. Jouant autant sur l’horreur pure dans l’un des sous genres, le slasher1 autant que sur celui de la « dernière survivante »2, il s’amuse aussi avec les codes du genre en en relevant les grosses ficèles. Destiné aux amateurs, qui y voient autant une série d’hommages à tous les films d’horreurs qui ont compté depuis maintenant 40 ans, qu’à un public plus large, puisqu’il y a aussi une véritable histoire premier degré, la série a tenue bon pendant trois épisodes avant de sombrer corps et âme dans l’oubli, après avoir été bien parodié dans la série des Scary movies. Seulement voilà, comme les années 2000 ont été propices à des reboots en tout genre des grosses franchises des tueurs masqués, surtout à la fin de la décennie, il n’en fallait pas plus pour qu’un Scream 4 pointe le bout de son nez, avec toujours Wes Craven aux manettes. Et autant dire que les fans des trois premiers seront autant ravis que les autres en auront toujours rien à faire…

 


Dix années se sont écoulées depuis les terribles meurtres commis par Ghostface dans la petite ville de Woodsboro. Sidney Prescott (Neve Campbell) est parvenue à tourner la page mais c’est tout de même avec appréhension qu’elle retourne à Woodsboro pour le lancement de son premier roman.

Ses retrouvailles avec sa cousine Jill (Emma Stone), qu’elle connaît peu, ainsi qu’avec le duo de choc Dewey (David Arquette) et Gale (Courteney Cox) seront de courtes durées : Ghostface est de retour mais cette fois-ci les règles vont changer.


Scream 4 – bande-annonce – 2011

Internet est arrivé. Les vieux réalisateurs de films d’horreur l’ont découvert assez récemment, à commencer par Romero qui nous avait pondu un poussif Diary of The Dead, pointant une critique assez incroyablement réac de ce nouveau média. C’est au tour de Craven de jouer cette carte puisque cette nouvelle génération est sensée tout filmer, exploiter chacune des minutes de leur vie pour la mettre sur le net, pour disposer enfin de leur « quart d’heure de gloire » selon la prophétie d’Andy Warhol. Si Kick-Ass (par exemple) de Matthew Vaughn, ou encore le très méconnu Cry Wolf3 avait su bien mettre cela en valeur, Wes Craven se loupe un peu à ce niveau. Il faut dire que justement, ce qui dans le film se veut innovant, c’est-à-dire mettre des meurtres en ligne, ne l’est pas réellement dans le genre4.

En effet, à commencer déjà par Halloween resurrection en 2002, filmer des meurtres était déjà une petite spécialité, même si cela été plus destiné à la téléréalité. On peut quand même citer Intraçable, sorti en juin 2008, qui était ouvertement une charge contre internet et tous les dangereux dingues qui y sont évidemment présent. Ce nouveau média étant à la mode, représenté d’ailleurs par Facebook, qui a supplanté Myspace autant chez les internautes que chez les cinéastes5 et permet d’avoir des fans plus que des amis.

 

 

On sent donc pointer autant la critique d’une société, comme dans les épisodes précédents, sans en retrouver le parfum acerbe. L’époque a changé et il est toujours assez incroyable de penser que tous les internautes sont une espèce uniformisée où chacun souhaite faire la même chose que son voisin. C’est donc l’idée sous jacente de Scream 4 et ce qui nous amène donc à disposer d’un nouveau épisode, permettant à Craven de se refaire la cerise après le très mal monté et agencé (mais qui présente quand même des qualités) My Soul To Take.

Tous les ingrédients de la série Scream sont donc ici réunis. Comme souvent, il y a un film dans le film. Comme les autres, on nous explique les motivations du tueur. Ici, bien sûr, il s’agit de remake ou de reboot, comme cela a déjà été le cas pour Halloween ou encore Vendredi 13. Et on ne déconne pas avec l’original. Alors on ne déconne pas avec Stab, le film dans le film dans Scream. Si cette franchise plait, c’est justement parce qu’elle se paye toujours le luxe de démonter les codes des films d’horreur tout en faisant exactement la même chose dans ce qu’elle appelle « la vie réelle » (alors que l’on se situe toujours au cinéma, bien entendu).

 

 

Très marqué par Le Voyeur de Michael Powell6, Wes Craven l’indiquant même dans la bouche de l’un de ces protagonistes, Scream 4 se veut donc une parodie et une petite critique actuelle d’un système voyeuriste. En mettant en avant les trois protagonistes des précédents volets, Neve Campbell, David Arquette7 et Courteney Cox, face à une nouvelle génération (Emma Roberts, Hayden Panettiere, Anthony Anderson, Alison Brie, Adam Brody et Rory Culkin), le réalisateur nous confronte deux générations, la précédente et la next, en prenant un malin plaisir à nous montrer que cette nouvelle, plus sûre d’elle, plus égocentrique, ne vaut pas mieux que la précédente.

Alors Scream 4, comme les autres, est souvent en roue libre. On sait exactement ce qui va se passer, puisqu’on tourne un remake, on sait donc qu’il y aura des pseudo rebondissements, comme toujours, tout en suivant un protocole de meutre très établi. Il est quand même à noter que les meutres sont ici un peu plus gores que dans les épisodes précédents. Il y a plus de trippes qui sortent, comme un peu plus de sang, bien entendu. Il y a toujours des films cités, comme Saw8 ou des clins d’œil assez sympathiques, comme le fait que ça soit Robert Rodriguez qui réalise la série des Stab. On notera qu’au niveau casting, confier un rôle majeur à la jolie et jeune Emma Roberts, plus habituée à tourner dans des films pour chiens9 ou prêter sa voix pour des dessins animés était une bonne idée10. Moins bonne que celle de confier un rôle à Hayden Panettiere qui cabotine pas mal ici. On retrouvera avec plaisir Neve Campbell, qui n’avait plus tourné depuis 2007 (et encore des petits films) même si le temps à fait son œuvre11.

 

 

Scream 4 n’est donc pas une surprise, il est fait surtout pour les fans des trois premiers volets. La grammaire du cinéma d’horreur y est toujours très bien exploitée, comme les autres épisodes. Les scènes d’introduction toujours aussi sympathiques. On peut simplement trouver le temps un peu plus long que lors des premiers volets et que l’humour y est finalement un peu moins présent. Il faut dire que l’on manque encore un peu de temps pour analyser vraiment le phénomène internet et qu’il est d’ailleurs beaucoup moins simple que celui de la télé réalité. Le film de Craven reste un film balisé, codifié et ne se détache pas finalement de ceux qu’il veut parodier12.

Scream 4 de Wes Craven | Scénario de Kevin Williamson | Photographie de Peter Deming | Musique de Marco Beltrami | Avec Neve Campbell, David Arquette, Courteney Cox, Emma Roberts, Hayden Panettiere, Anthony Anderson, Alison Brie, Adam Brody, Rory Culkin, Marielle Jaffe | Etats-Unis | 2011 | Epouvante-horreur, thriller et comédie | Distribué par SND | Crédit photographique : SND

  1. Genre mettant en scène les meurtres d’un tueur psychopathe, généralement masqué, qui élimine méthodiquement un groupe d’individus, souvent jeunes, à l’arme blanche. []
  2. dont l’exemple le plus parlant est évidemment celui d’Helen Ripley dans Alien et ses suites. []
  3. Complètement boudé par les distributeurs français pour une sortie en salle, c’était la contraction d’un Scream associé à internet. Des étudiants créent un serial killer de toute pièce, vétu d’un bonnet orange et d’un couteau, en propageant une légende sur internet. Ce dernier se révèle être réel… On était en 2005. []
  4. On peut rappeler que deux conceptions s’affrontent au sujet du web et de la médiatisation, ceux qui sont effectivement dans une optique de reconnaissance « médiatique » à travers Facebook et Twitter, entre autre et ceux qui pensent que l’anonymat est la meilleure chose qui soit, symbolisé par le site 4chan. Chacun son camp, chacun ses adeptes. []
  5. Souvent dans les films d’horreur et de « djeuns, comme Une virée en enfer 2, Myspace était plus évoqué que ce désormais très célèbre site. []
  6. Datant de 1960, autant dire une éternité. []
  7. A noter qu’Arquette a réalisé un slasher assez original en 2006, The Tripper, mettant en scène un serial killer vêtu d’un masque de Reagan qui massacre des gens au cours d’une rave perdu dans la forêt. Images psychédéliques et ton assez dur pour ce film. []
  8. Et tous les films qui ont marqué le cinéma d’horreur aux Etats-Unis. []
  9. Palace pour Chiens []
  10. On peut aussi noter son rôle dans le très confidentiel, malgré un casting assez calibré, Twelve. []
  11. Que dire de Cox qui a l’air d’être une grand-mère, retouches comprises. []
  12. Nous aurions tellement aimé que l’héroïne succombe à la fin, pour faire un joli pied de nez au genre… []

Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

2 Commentaires


  1. avatar
     

    J’ai eu mal aux lèvres quand j’ai vu le visage figé de la pauvre Courteney Cox qui fait peine à voir toute botoxée.




  2. avatar
     
    Dextarian

    Oui, elle a morflé, comme Campbell.





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