My Violent Ego: Reconquête
Ce n’est pas souvent que ça arrive. Dans les Chronicles of the Gaze, on parle souvent de groupes qui ont scintillé le temps d’un ou deux albums puis qui se sont éteints sans faire de vagues, mais en laissant du bruit pour longtemps dans les oreilles de ceux qui ont eu la chance de les écouter. En silence, ou presque, depuis 2005, My Violent Ego revient avec One Day You’ll Laugh At The Sad Saga That Was, une compil’ d’à peu près tout ce qu’ils ont sorti entre 2001 et 2005. Pourquoi ce retour? pourquoi cette « intégrale »? Le guitariste de My Violent Ego, Paolo Miceli répond à ces quelques questions pour Ça Dépend Des Jours.
Peux-tu nous dire comment Christy, une écossaise, et toi, un italien, en êtes venus à former My Violent Ego?
Paolo: Il y a une eternité, je suis tombé sur le profil de Christy, sur mp3.com, la vieille version. Elle avait un projet solo qui s’appellait Kizzy, je me souviens que je suis tombé sur sa page en cherchant les groupes qui citaient les Cranes comme influence, un groupe que nous aimons tout les deux. On a échangé quelques mails, puis, quand j’ai eu envie de faire quelque chose d’autre, de différent que ce que j’avais enregistré seul en tant que Ruth Veln Kiss, je lui ai demandé si ça lui dirait de faire quelques chansons avec moi. Elle a accepté, et on a enregistré pas mal de chansons avant même qu’on se rencontre, quelques années plus tard.
My Violent Ego – Plam
Vos influences sont multiples et de plein de genres différents. Comment tu définirais le son de My Violent Ego?
Paolo: J’aime dire que c’est de la dreampop, de la musique bliss, dans les frontières du shoegaze.
A propos de One Day You’ll Laugh At The Sad Saga That Was, pourquoi Christy et toi avez décidé de ressortir d’anciennes chansons?
Paolo: Parce qu’il était temps qu’on le fasse! Il y a quelques années, on a sorti les démos de Clicks & Hisses sur notre site, en téléchargement libre, et un groupe ridicule qui s’appelle velvet cacoon, nous les ont volées et sorties sous leur nom sur le net, jusqu’à ce que les gens voient la supercherie. C’est regrettable, non? Donc, il était temps qu’on se les réapproprie, officiellement. En plus de ça, on avait encore des morceaux qu’on n’avait pas sortis, et nos disques étaient des éditions limitées, à l’origine.
Dans One Day You’ll Laugh at the Sad Saga That Was, on peut entendre l’évolution de votre son entre 2001 et 2005, tu peux nous dire à quoi votre prochain album va ressembler, et quand il sortira?
Paolo: On a commencé à enregistré il y a deux ans, toujours avec la même formule, chacun de nous deux est dans son monde, on échange nos travaux et notre musique par le net… Le nouvel album sortira en automne prochain. On trouve pas tellement de fuzz dans Carried Along By Fate et dans One Day… , mais le prochain album sera plus bruyant, marqué par de la distorsion et un tempo plus rapide.
Vous citez Blonde Redhead comme une de vos influences, et on retrouve une certaine ressemblance dans certaines chansons, guitaristiquement, est-ce que ça a à voir avec le fait que toi comme les frères Pace (le guitariste et le bassiste de Blonde Redhead) êtes italiens?
Paolo: J’adore Blonde Redhead, même si je ne suis pas fan de leur dernier album, pour être franc (ndr: nous non plus!). En tout cas, j’adore leur sensibilité pop, très Gainsbourg. Christy et moi sommes fans de Gainsbourg aussi, et peut-être que ça ressort d’une certaine manière dans quelques-uns de nos morceaux, je pense à Plam, Là C’est la Voix, ou French Feeling of a Tragic Song…
My Violent Ego - Trail of Light (stellar version)
Vous avez tout les deux des projets en-dehors de My Violent Ego, Violet’s Revenge, un duo dreamfolk pour Christy (avec sa soeur) et Sea Dweller, un groupe de shoegaze assez électrique, pour toi. My Violent Ego, c’est un compromis entre ces deux tendances?
Paolo: On a démarré My Violent Ego avant que je ne rejoigne Sea Dweller, et avant que Christy ne rejoigne sa soeur, Kaye (une fille très talentueuse, du groupe Electroluvs) pour faire Violet’s Revenge, donc, au contraire (en français dans le texte, NDLR), je crois que c’est plutôt dans chacun de ces groupes qu’il y a une partie de My Violent Ego.
Enfin, est-ce que vous partirez en tournée pour le nouvel album?
Paolo: Seulement si on nous couvre d’or.
One Day You’ll Laugh at the Sad Saga That Was permettra donc surtout à ceux qui ne connaissaient pas My Violent Ego de les découvrir, et à faire patienter ceux qui connaissaient en attendant le nouvel album.
Cette quasi-intégrale nous permet de voir la richesse du son du groupe, un son qui relève surtout de la dreampop côté Cocteau Twins ou Slowdive, toujours porté par la voix angélique de Christy et les arpèges de Paolo, mélange de folk, de post-punk désélectrisé et de pop.
My Violent Ego – Swoonow
En plus du Clicks & Hisses dont le vol rocambolesque nous a été conté par Paolo plus haut, on retrouve aussi des EP et des démos sortis très confidentiellement à l’époque, ce qui nous permet d’entendre de petits chefs-d’oeuvres, comme le très aérien Trail of Light, ou le shoegazien Loop Yr Self, qui seraient sûrement restés dans l’oubli sans cette initiative de ressortie.
En attendant, donc, le nouvel album, voici une belle vue générale de ce groupe aérien et atypique, qui, en reconquérant ses chansons, montre qu’il ne faut pas aller chercher si loin que les années 90 pour trouver de la bonne dreampop.
One Day You’ll Laugh at the Sad Saga That Was, par My Violent Ego est sorti conjointement par trois labels italiens:
Sometimes Records, White Birch Records et Handwriting Records, vous pouvez acheter l’album ici en digital ou dans un très beau digipack
Voici le site officiel du groupe, et pour ceux qui voudraient jeter une oreille plus lointaine, voici le site de Violet’s Revenge, le groupe de dreamfolk de Christy (qui sort chez Ocean Music, un label français), et le site de Sea Dweller, un groupe de shoegaze 100% italien dans lequel Paolo officie en tant que guitariste.




































