Coup d’éclat de José Alcala
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Un polar sobre, efficace et sans enrobage
José Alcala (le film Alex) réalise avec Coup d’éclat un polar réaliste. Et le mot est faible au regard du film en question puisque nous sommes projetés dans le quotidien d’une capitaine de police de Province, plus exactement à Sète, ville quelque peu sinistrée depuis quelques années, malgré la mer et l’afflux de touriste. Un rôle assez fort pour Catherine Frot, dure, impassible et ne faisant guère de place à l’expression de ses sentiments. On l’avait connu plus légère, dans les films de Pascal Thomas (Mon petit doigt m’a dit ou Le Crime est notre affaire) ou encore dans l’affreux Imogène McCarthery.
A Sète, Fabienne Bourrier (Catherine Frot), capitaine de police, passe la majeure partie de son temps à traquer les sans-papiers et clandestins venant de tous horizons. Mais sa routine policière est perturbée par la mort d’Olga, une jeune prostituée, décédée dans des conditions étrangères malgré l’apparence d’un suicide apparemment.
Bourrier apprendra qu’Olga était traquée et avait un fils, Ilan. Animée par un sentiment de compassion qui la surprend elle-même, Fabienne part sur les traces de l’enfant disparu et va devoir s’immerger un peu plus profondément dans son métier de flic.
Coup d’éclat - Bande-annonce – 2010
Le principal et gros problème (mais qui fait aussi sa force, bien entendu) de Coup d’éclat tient surtout à la volonté très réaliste de planter le décor. La région de Sète, autrefois prospère y est dépeinte sans compassion, où les délocalisations ont bousillé le tissu social de la ville. Hormis les touristes, qui vont s’y rentre pour les fêtes célèbres de la ville, cette dernière semble totalement à l’abandon et le spectateur aura cette impression tout au long du film. Nous sommes ainsi bien loin de l’image d’Epinal que la ville véhicule.
Aussi, Coup d’éclat est une histoire banale d’un fonctionnaire qui décide de faire son métier autrement que pour faire du chiffre, gage d’une bonne notation vis-à -vis de sa hiérarchie, qui consiste donc à renvoyer des gens chez eux. A travers l’enquête sur la mort d’une fille de l’est, elle va peu à peu prendre conscience des sentiments qu’elle éprouve face aux autres et à commencer par sa mère. Frot joue admirablement bien la femme forte, blessée et tout le talent du scénario réside justement sur les non-dits, les à cotés, qui font la force de film brut et réaliste. Un peu trop d’ailleurs.
A tel point que l’on peut un peu se demander ce que l’on regarde, finalement. Il est en effet louable de ne pas tout nous raconter, de laisser des zones d’ombres pour bien marquer qu’il y a une vie avant que l’actrice n’apparaisse à l’écran et qu’il y en aura une après qu’elle disparaisse de ce dernier. Mais il aurait été aussi intéressant de nous laisser approcher cette femme flic d’un peu plus près que du simple objectif froid qui suit une femme dans son enquête et suivre des pistes comme elle retrouve un peu ce qui a fait d’elle une flic.
Et d’un autre coté, c’est le point intéressant de Coup d’éclat, qui dresse un portrait de personnages que la vie de tous les jours, le quotidien banal fait de hauts et de bas n’a pas vraiment ni épargné ni même envouté par des moments heureux gravés à jamais. Il est ici admirable que la caméra d’Alcala par des petits détails pose des réflexions sur les uns et sur les autres sans jamais s’appesantir outre mesure ni même appuyer lourdement le propos comme nous avons tellement l’habitude de le voir avec des comédies dites sociales ni même les films à messages comme le récent Ma part du gâteau.
Alors Coup d’éclat, avec des paysages très fin du monde, malgré la région ensoleillée, malgré la mer, est une œuvre qui dénote un peu. Sans être trop téléfilmesque, comme souvent, ni trop noir et grandiloquents comme les films de Marchal, il donne ici une photographie d’une France oubliée et que l’on oublie, sans crier gare, en donnant à des femmes des rôles de premier plan sans chercher pour autant à nous les faire aimer. Et dans ce petit monde un peu clos du cinéma, c’est presque une bouffée d’oxygène, malgré le coté un peu rebutant de cette mise en scène et situation (trop) réalistes.


















































