Blue Valentine de Derek Cianfrance
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Sortie le 15 juin 2011
Certains films mettent du temps à se faire. C’est le cas du second film de Derek Cianfrance, un parfait inconnu dans notre contrée et sûrement aussi aux États-Unis. Mais il est rare, vraiment rare de faire des films d’amour adultes sans en forcer le trait et permettre de se plonger dans une histoire de couple. C’est le cas de Blue Valentine, une plongée dans une histoire d’amour et de romance de haute voltige, mais aussi sur le quotidien de deux êtres ordinaires. Une vraie belle histoire triste et remplie d’une grande maturité au niveau de l’écriture. Assurément un des coups de cÅ“ur de cette année moribonde.
A travers une galerie d’instants volés, passés ou présents, Blue Valentine narre l’histoire d’un amour que l’on pensait avoir trouvé, et qui pourtant s’échappe au gré d’un quotidien usant… Dean (Ryan Gosling) et Cindy ( Michelle Williams) se sont rencontrés. Se sont aimés à la folie. Et essayent maintenant de se donner encore une chance, le temps d’une nuit, pour sauver leur mariage vacillant pendant qu’ils se remémorent leur rencontre et leur coup de foudre.
Blue Valentine - Bande annonce (VOST) – 2011
Blue Valentine permet de saluer encore une nouvelle fois la performance de Ryan Gosseling et cela va être sûrement l’année de l’acteur puisqu’on le reverra dans Drive de Nicolas Winding Refn1 prévu pour le mois d’octobre en salle. Cet acteur qui adore faire des performances, comme tant d’autres avant lui, est clairement ici au service du film. En doux rêveur, artiste dans l’âme et doté d’une grande intelligence, il est devenu un personnage aigri qui cherche la petite bête par tous les moyens, à la manière d’un Johnny, incarné par Daniel Thewlis dans Naked. Gosseling, qui se sentait à la base trop jeune pour incarner la version mature du personnage, parvient à lui donner une énorme crédibilité. On sent tellement la souffrance et la résignation chez lui qu’on ne peut s’empêcher de s’identifier à lui…
Le deuxième personnage n’est pas en reste, c’est-à -dire l’actrice qui a su se faire une place dans le cinéma qui compte, à savoir Michelle Williams, après avoir tourné dans la série pour adolescents, Dawson.  Cette dernière commence à se faire une place dans le Septième Art, après son rôle dans Shutter Island sorti l’année dernière. Nominée aux Oscar pour ce rôle en 2011, elle ne pouvait pas lutter contre la Portman Mania qui a soufflé dans cette cérémonie. C’est d’autant plus dommage que son rôle est bien plus marquant que celui de Portman dans son Black Swan. Marquant et réel. Furieusement réel.
En effet, c’est surtout la façon de raconter cette histoire d’amour déçu qui marque le spectateur. En effet, celle de Blue Valentine est pleine de maturité. Entre les flashbacks sur la rencontre des deux protagonistes et le déroulement de la fin de cette dernière, il y a clairement une grosse maturité dans l’écriture et dans le découpage des scènes. En mettant en valeur les moments passés remplis de charme avec un présent rempli de rien, Cianfrance parvient à mettre le spectateur en réel témoin de cette histoire d’amour et faire partager le quotidien fait de sempiternels heurts, de points de vue divergents qui se creusent de plus en plus et d’une certaine résignation de l’homme vis-à -vis de la pétillance de la femme.
Si on pouvait craindre le pire avec Blue Valentine, qui sentait bon le film faussement indé et « performance d’acteur inside », on se retrouve submergé par un flot d’émotion à la fin, quand tout se termine, quand le joli générique final apparaît ((il est de la même teneur que l’affiche du film.)). On est déçu, triste et il reste comme un mauvais goût dans la bouche pour cette histoire d’amour qui se veut une histoire de vie à deux, lorsque les affres d’une vie trop simple assomment et fatiguent, quand les espérances et les charmes d’un amour naissant prennent le pas sur l’aridité d’un travail sans gloire et d’une vie sans grand éclat.
Entre une mise en scène simple mais pas simpliste, un découpage clair, une photographie réelle mais aussi emprunte d’une certaine poésie. Les décors made in Pennsylvania, État boisé et agricole, qui font office d’une cachette pour le couple ayant fuit la ville lumineuse (et de tous les possibles) pour des raisons personnelles, ressemblent à un enterrement de première classe. Le réalisateur réussi son pari.
Un gros de cÅ“ur pour BlueValentine, qui mettra sûrement le spectateur un peu mal à l’aise vis-à -vis d’un couple et de ses espoirs brisés, où l’absence de happy end se justifie d’autant plus que la vie n’est pas toujours un long et joli chemin que l’on emprunte à deux et qu’il ne suffit pas de s’investir pleinement mais maladroitement, pour trouver un semblant de bonheur.
Blue Valentine de Derek Cianfrance | Scénario de Cami Delavigne, Derek Cianfrance et Joey Curtis | Photographie d’Andrij Parekh | Musique de Grizzly Bear | Avec Ryan Gosling, Michelle Williams, Faith Wladyka, John Doman, Mike Vogel, Marshall Johnson, Jen Jones, Maryann Plunkett, James Benatti, Barbara Troy | États-Unis | 2010 | 114 min. | Romance et drame | Distribué par Films sans Frontières | Crédit photo : Films sans Frontières
- Le réalisateur de la Trilogie Pusher, Bronson et Valhalla Rising pour mémoire. [↩]











































oué ben pas le moment pour moi d’aller voir ce film quoi.
Faut être assez en forme, oui
Année moribonde ? Que dire de 2010 dans ce cas ?