The Prodigies d’Antoine Charreyron

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Posted 14 juin 2011 by Guilhem in

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by Guilhem
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Sortie le 8 juin 2011

Ce film est la première réalisation d’Antoine Charreyron. Ce dernier s’est spécialisé dans la création de séquences cinématiques1 destinées aux jeux vidéo. Parmi ses réalisations, on peut citer notamment Tomb Raider 6, Terminator 3, Godzilla, Donjons et Dragons, 50 Cent Bulletproof et Bourne Identity. Il a aussi été réalisateur de seconde équipe sur Babylon A. D. de Mathieu Kassovitz. Il n’en fallait donc pas plus pour que lui et Alexandre de La Patellière sautent le pas et se consacrent à l’adaptation d’une Å“uvre qui a marqué son temps en France, La nuit des enfants rois, avec un mélange de motion capture et d’animation.

 


Aux États-Unis, une multinationale informatique charge un de ses informaticiens les plus doués, Jimbo Farrar, de mettre au point et de surveiller les résultats d’un programme destiné à découvrir des surdoués parmi de jeunes enfants et à leur proposer une bourse d’études dans quelques années. Étant lui-même surdoué, Jimbo est d’abord peu enthousiaste mais son intérêt s’aiguise quand il découvre que 5 enfants dispersés aux quatre coins du pays et ne se connaissant pas ont réussi à passer des niveaux d’un jeu vidéo complexe.

Jimbo part rencontrer chacun des cinq enfants et constate que chacun est doué d’une intelligence et d’une précocité hors du commun et que les enfants sont déjà conscients d’être « Ã  part ». Leur proposant une bourse d’études, il se rend compte que ces adolescents sont exhibés presque comme des monstres de foire au cours d’un jeu télévisé. Lors d’une sortie nocturne à Central Park, ils sont agressés et subissent des violences sexuelles. Les cinq s’enferment alors dans une spirale de folie meurtrière dont les premiers à pâtir seront les responsables de la multinationale informatique. Jimbo Farrar comprend tout de suite que les adolescents sont responsables de ces homicides mais les comprenant bien mieux que les adolescents l’imaginent, il hésite : doit-il être de leur côté ou les dénoncer ?
Jimbo se résout à mettre fin à leurs agissements, le groupe étant de plus en plus dominé par la folie de l’un d’eux.


The Prodigies – Bande-annonce – 2011

Avec des dessins de Humberto Ramos (un brin de Gen 13, DV8, Crimson, Out There, X-Men, Peter Parker : Spider Man …) et de Francisco Herrera (Spiderman 2°, Venom, Daniel Way …), The Prodigies a connu toute une série de problèmes pour être monté et conçu, entre la faillite d’une boite, le travail avec une équipe indienne peu au faits de l’imagerie et l’aspect comics que souhaitait le réalisateur. Sorti dans l’urgence, le film n’a donc pas trop bénéficié de promotions, hormis des affiches placardées un peu partout dans les grandes et moyennes villes de France. Autant dire que pour toucher un public large, il y a mieux.

The Prodigies a autant de qualités que de défauts. Le livre étant difficile à adapter puisqu’il faisait des allers retours entre le passé et le présent, à la manière d’un 20th Century Boys et les choix s’imposaient d’eux-même en situant l’action dans un avenir proche et en limitant le nombre d’enfants (ils étaient 7 dans le livre, 5 dans le film). Avec un parfum d’Akira qui plane dans l’air, les amateurs de comics reconnaitront la patte de Ramos dans le dessin des personnages puisque cette dernière se caractérise par une disproportion des pieds et des mains par rapport au reste du corps.

The Prodigies est un projet ambition et ça se voit à l’écran. La cinématique est bien faite et le graphisme, sans atteindre des sommets dans ce que propose les studio Pixar, colle parfaitement à l’ambiance. Nous ne sommes pas dans un film pour enfant et la violence qui se dégage ici trouve un réel écho dans notre société cruelle et bestiale. Ce que voient les enfants/ado lorsqu’ils se font agresser, des créatures bestiales et difformes sous fond blanc, est une très bonne idée.

 

 

Mais The Prodigies souffre de pas mal de défauts, à commencer par un montage qui manque clairement de percussion, sans compter des scènes manquant de justifications au niveau de l’histoire. Les personnages sont trop bruts et manquent un peu de finesse. Ils portent toujours les mêmes vêtements et leurs cheveux, par exemple, semblent collés sur leur cranes. Les ados n’ont pas une psychologie très fouillée puisque l’essentiel de l’histoire ne se concentre surtout que sur Jimbo alors que c’est aussi la leur.

Hormis cela, The Prodigies est non seulement regardable mais surtout s’adresse à un public complètement boudé par les distributeurs et décideurs du ciné, à savoir les ados, les vrais, pas ceux qui sont dans des niaiseries formatées comme Lol pour ne citer que le plus connu et symptomatique d’un cinéma français complètement dépassé et boursouflé.. Rien que pour ça et cette envie furieuse de s’adresser d’abord à eux, même si la majorité du public dans les salles était nettement plus vieille, le film de Charreyron constitue déjà une bonne surprise. Sans compter que si le film souffre d’un manque de finition et d’un budget plus conséquent, il a pour lui pas mal de qualités et une envie de proposer une vraie histoire contemporaine, entre violence, traumatisme lié à l’adolescence (avec bien entendu, le sentiment d’être incompris) et le sentiment d’être unique et de pouvoir changer les choses…

Aller voir The Prodigies, c’est donc donner un petit coup de pouce à une production française qui cherche à allier un message et une envie de présenter des histoires solides. Si tout n’est pas parfait, loin de là, il a le mérite, comme Renaissance en son temps, d’exister…

The Prodigies d’Antoine Charreyron | Scénario d’Alexandre de La Patellière et de Matthieu Delaporte d’après l’oeuvre de Bernard Lenteric « La nuit des enfants rois » | Musique de Klaus Badelt | Supervisation des effets spéciaux parKarim Keddache | Avec les voix et les mouvements de Jeffrey Evan Thomas, Mathieu Kassovitz, Jacob Rosenbaum, Dominic Gould, Moon Dailly Monira, Isabelle Van Waes, Laurence Carter, Jacob Rosenbaum, Dante Bacote, Sophie Chen, Nilton Martins | France, Grande-Bretagne, Belgique, Canada, Luxembourg, Inde | 2010 | 87 min. | Animation et Science-fiction | Distribué par Warner Bros. France | Crédit photographique : Warner Bros.

  1. Extraits en prises de vue réelles. []

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Guilhem
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