I’m Still Here, The Lost Year of Joaquin Phoenix de Casey Affleck
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Sortie le 13 Juillet 2011
En 2008, Joaquin Phoenix annonçait qu’il quittait les plateaux de cinéma pour se lancer dans une carrière musicale, de chanteur de hip hop plus exactement. Cette annonce intervenait à l’apogée de la carrière de l’acteur deux fois nominés aux Oscars, et dont la filmographie est marquée par Walk the line de James Mangold ou encore Two Lovers de James Gray. Les médias s’affolent et la perplexité laisse place au scepticisme. Le canular est vite découvert grâce à des fuites provenant des proches du pseudo ex-acteur : il s’agit d’un faux « recyclage ». Casey Affleck pour son premier passage derrière la caméra1 filme Joaquin Phoenix alias J.P dans sa reconversion douteuse en rappeur looser. I’m Still Here, un faux documentaire sur une fausse reconversion. Un fake de film, une imposture qui laisse perplexe.
En 2008, l’acteur Joaquin Phoenix annonce qu’il prend sa retraite du métier et tente sa chance comme chanteur hip-hop. Durant un an, Casey Affleck, armé de sa caméra, documentera au jour le jour sa dépression, son dégoût de la célébrité et ses nombreux revers. Parallèlement, l’ex-acteur à l’apparence négligée entame la tournée de promotion du film Two Lovers de James Gray, durant laquelle il crache son fiel contre le show-business et tient des propos incohérents devant les caméras de télévision. Entre les sauteries avec ses amis et ses prestations de rappeur, Joaquin Phoenix, devenu la risée de tout Hollywood, crie son désespoir. Phoenix va t-il renaître de ses cendres ? (C’était trop tentant).
Un début plutôt intriguant : une vidéo amateur montrant un jeune Joaquin Phoenix hésitant à sauter d’une falaise, celle de son panama natal, que l’on revoit une fois la quarantaine atteinte tel un retour aux sources, la boucle bouclée d’une fin de film.
Un Joaquin Phoenix insupportable pendant (presque) deux longues heures… Un « rôle » qui parvient à rendre l’acteur détestable. Bien joué. Une performance d’acteur, certes. On finit presque par douter du fait qu’il y ait une « mise en scène », pourtant effective. Il y en a dans la tête de ce mec, et dans son pantalon. Et on est obligé de l’admettre bien que son ego sur-dimensionné nous tape sur le système.
La toile de fond de ce film serait les dessous de la célébrité, l’ascension au plus haut « comme une goutte d’eau en haut de la montagne qui descend ensuite dans la vallée avant de rejoindre la mer et les milliards d’autres gouttes d’eau. » La star qui se mêle à la masse d’anonymes une fois la déchéance amorcée. Dixit un énième personnage qui se solde par un énième « lui-même » au générique2.
Ce film est plutôt une belle critique de Hollywood qui nous permet à nous, les milliards de goutte d’eau salées, d’observer les rapports entre les stars dans le showbiz et d’apprécier leurs multiples caprices. La rencontre d’egos démesurés, l’orgueil en prime. Coups de fils interposés via agents, « équilibre de l’attente » comprendre chez les célébrités par « je ne t’attendrai pas plus que ce que tu m’as fait attendre sinon ça voudrait dire que je me plie à tes exigences… » Comment sont leurs relations ? Joaquin Phoenix, acteur mondialement reconnu, vs P.Diddy, rappeur américain. Milieu du cinéma vs celui de la musique. Sean Combs (P. Diddy) est il complice or not complice de cette mascarade absurdement absurde ? Qui est le dindon de la farce ? Même question mais moins évidente en ce qui concerne David Letterman.
Un film, un documentaire ? Les premiers pas de Casey Affleck derrière la caméra restent singuliers et surprenants. Pourquoi ? Pourquoi ce film, ce rôle ? Un rôle de composition, un coup de main au beau-frère3, un coup de génie, une blague visuelle ? C’est la question à 1million de dollars.
I’m Still Here de Casey Affleck | Scénario de Casey Affleck et Joaquin Phoenix | Photographie de Magdanela Gorka | Musique de Marty Fogg | Avec Joachin Phoenix, Casey Affleck, Anthony Langdon, Sean Combs, Edward James Olmos | États Unis | 2011 | 108 minutes | Documentaire, drame | Distribué par CTV International | Crédit photographique : CTV International
- Beau frère de Joaquin Phoenix. [↩]
- Ben Stiller, P. Diddy, Jack Nicholson, Robin Wright Penn… entre autres. [↩]
- Par ailleurs excellent dans Gone Baby Gone de son propre frère [↩]












































