Le Dernier des Mohicans de Catmalou et Cromwell
« Librement adapté du roman de James Fenimore cooper« , voici ce qu’on peut lire sur la couverture de cette bande dessinée de Catmalou et Cromwell. Publié sous la collection Noctambule en 2010, cet ouvrage fait partie de ceux qui remettent en question l’univers classique de la bande dessinée.
Nous sommes en 1757, pendant la conquête du Nouveau Monde, au milieu de la bataille entre Anglais et Français. Deux jeunes filles tentent de rejoindre leur père (un colonel Anglais du nom de Munro) au Canada. Alice et Cora de leur petit nom, sont guidées par un Huron (Magua), elles se font piéger par celui-ci et tombent dans une embuscade. Uncas, jeune guerrier de la tribu des Mohicans, ennemis des Hurons, leur vient alors en aide avec son père, et Nathaniel, un européen élevé parmi les Mohicans.
L’histoire on la connaît, surtout grâce au film de Michael Mann sorti en 1991. Ce qui change dans cette bande dessinée, c’est qu’elle se défait des codes classiques d’un Tintin ou un Astérix. Les auteurs ne sont pas les premiers à faire le pas de dessiner hors des cases, de virer les gouttières, les phylactères et autres conventions, on peut en citer un grand nombre. Mais la particularité de ce livre, c’est qu’il est une peinture vivante. Cromwell ne fait pas une bande dessinée avec une ligne claire, des couleurs pâles, non. Il peint, comme il le ferait sur une toile.
Nous avons donc là un livre illustré plus qu’une bande dessinée. Et pourtant, subsistent quelques cases, parfois. Le texte joue aussi la rudesse  au niveau typographique, la facture est brute, expressive, Cromwell joue avec des contrastes lumineux qui ajoutent à la force des illustrations. On sent son geste, les couleurs, elles aussi nous mènent tantôt dans des décors de nuit profonds, tantôt dans des scènes de combat survoltées.
Trois actes principaux découpent le récit, les personnages ont une « couverture » qui les nomme et les « numérote », comme autant de chapitres. Il est ponctué par des citations d’Hugo Pratt, de John Steinbeck, Craig Johnson, ainsi que d’autres auteurs inspirant Cromwell et Catmalou au fil du livre. Ces quelques particularités associent Le Dernier des Mohicans à un roman classique : un découpage, des citations, une introduction, un prologue…
Si les illustrations servent admirablement le récit parleur force, le livre oscille entre des genres différents et nous invite à ne plus considérer les codes pré-établis d’un livre de bande dessinée comme étant une « règle d’or » à ne pas transgresser. Ici, aucun détail n’est laissé au hasard, et c’est ce qui va nous embarquer dans une histoire forte et mouvementée.






































J’aime beaucoup les dessins. Il faudra que je jette un oeil à l’occasion.