Melancholia de Lars Von Trier
Sortie le 10 août 2011
Dès le prologue la musique de Richard Wagner prend aux tripes et est en synchronisation avec les premiers plans fixes. Des plans fixes qui avancent au ralenti et ressemblent à des tableaux d’art qui sont en fait un aperçu du déroulement de l’histoire : le mariage de Justine, la dépression de Justine et la fin du monde parfaitement inévitable. Lars Von Trier réalise une ode subjuguante à la mélancolie.
PREMIÈRE PARTIE : Justine (Kirsten Dunst) a tout pour être heureuse : Michael, un mari très séduisant (Alexander SkarsgÃ¥rd aka Eric Northman), Claire, une soeur à ses petits soins qui lui offre une magnifique soirée pour son mariage, un métier qui rapporte avec une promotion au poste d’assistante artistique. Mais pourtant… tandis que la planète Melancholia s’approche de plus en plus de la Terre, Justine souffre de dépression et ne parvient pas à profiter pleinement du bonheur. Un mariage qui devient vite… raté.
La capacité des autres à attendre beaucoup de Justine sans trop lui demander son avis la détruit et l’entraine davantage dans le gouffre de la mélancolie. Melancholia n’est donc pas seulement un film apocalyptique, mais un film philosophique sur les caractéristiques de l’humanité.  Une humanité qui dégoute totalement Justine qui va se retrouver complètement détachée du monde qui l’entoure. De quoi rendre perceptible la sensation de nausée qui se dégage dans Melancholia. Dans cette première partie, la dépression de Justine reste légère : la planète s’approche petit à petit de la Terre et plus le soleil noir est proche de la Terre, plus Justine sombre dans la dépression. Comme si Melancholia était la cause d’une épidémie de mélancolie touchant tous les terriens. Justine va accepter la fin du monde qui s’approche : les hommes n’ont que ce qu’ils méritent et il n’y a pas de vie ailleurs, les hommes sont seuls dans l’univers, personne ne viendra les sauver, la destruction de l’humanité sera totale.
DEUXIÈME PARTIE : Claire (Charlotte Gainsbourg) est la soeur de Justine. Claire appréhende la fin du monde à tel point qu’elle en fait des crises d’angoisse. Son mari, John (Kiefer Sutherland), essaye tant bien que mal de la rassurer : il lui répète constamment que Melancholia ne va pas heurter la Terre tout comme elle ne l’a pas fait avec Vénus et Mars. Mais Claire sait que son mari lui ment d’autant que l’atmosphère terrestre s’affaiblit au fur et à mesure que Melancholia s’approche. Quand sa soeur est dans le plus bas de la dépression, Claire va rester à ses petits soins. La peur de Claire va l’entrainer dans des pensées inavouables : l’idée d’empoisonner sa famille avant la collision lui traverse plusieurs fois l’esprit. Le suspens renforce l’idée de la peur, de quoi faire prendre au jeu : et si Claire empoisonnait sa famille mais que la collision n’avait pas finalement lieu?
Le paradoxe entre la volonté de Claire de s’accrocher à la vie et la capacité de Justine à accepter la mort, deux personnalités opposées à l’image de la collision entre la Terre (la vie) et Melancholia (la mort), rend le réalisme d’autant plus poignant à travers une juxtaposition de contraires métaphoriques. C’est ce qui va marquer tout le long du film : ce réalisme déconcertant accentué par une photographie très naturelle et lumineuse ainsi que par un jeu d’acteur très authentique, le tout saupoudré par une musique symphonique déchirante. Différents messages subliminaux sont très probablement cachés dans Melancholia. Par exemple : pourquoi peut-on observer à un moment 19 trous dans le terrain de golf de John alors qu’il répète fièrement que son terrain en a 18?
Melancholia est une véritable Å“uvre d’art qui rend complètement groggy : les dernières secondes coupent littéralement le souffle. Plusieurs jours après, Melancholia reste ancré dans la mémoire et marque les esprits. Délicieusement dévastateur.
Melancholia de Lars von Trier | Scénario de Lars von Trier | Photographie de Manuel Alberto Claro | Musique de Kristian Eidnes Andersen (arrangements) | Avec John Hurt, Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland, Charlotte Rampling, Stellan Skarsgard, Alexander Skarsgård, Udo Kier, Brady Corbet, James Cagnard, Jesper Christensen | Danemark, Suède, Allemagne et France | 2011 | 136 min. | Science fiction et drame | Distribué par Les Films du Losange | Crédit photographique : Les Films du Losange















































Toujours pas vu Melancholia. Et je crois que je suis bon pour me rattraper avec le DVD.