Conan de Marcus Nispel

2
Posted 2 septembre 2011 by Guilhem in Action

Rating

Réalisation
50%


Casting
45%


Scénario
40%


Photo
40%


Musique
40%


Intérêt
30%


Total Score
41%


Genre: , ,
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , ,
 
 
Scénario: , , , , ,
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 112 minutes
 
Titre original: Conan the Barbarian
 
Crédit photographique: Metropolitan FilmExport
 
by Guilhem
Full Article

Plus un reboot qu’un remake, ce nouveau Conan est comment dire… foiré ? Nul ? Insipide ?  Navet ? Nanar ? A prendre au second degré ? Sans charme ? Réalisé par-dessus la jambe ? Avec des acteurs nullissimes ? Rempli d’humour malgré lui ? Toutes ces questions que le spectateur est légitimement en droit de se poser, le rédacteur de cet article a tenté, tout au long de la très ennuyeuse vision de ce que l’on appelle communément film mais ici plutôt farce, de se les poser (et d’y apporter une réponse…). Il est donc possible de se demander pourquoi, après Solomon Kane, ce pauvre Howard, qui n’a pas bien pu profiter du succès de ses personnages de son vivant (il s’est suicidé relativement tôt), voit, quatre vingt ans plus tard, ses personnages se faire délicatement (mais surement) massacrés par des réalisateurs sans aucune créativité ni inventivité… Dur est le monde actuel de « l’entertainement » où miser sur une franchise est plus simple que d’y apporter un semblant d’orignalité.

Il est dur de ne pas faire un parallèle entre ce Conan et celui de John Milius. Ce dernier en pleine époque Reaganienne, avait donné à son Conan un esprit « réac » de bon aloi, plus prompt à péter les fesses à des hippies qu’à faire l’éloge de l’amour et de la paix entre les hommes. Ce dernier avait permis à Schwarzy de développer un peu son jeu monolithique mais surtout ses muscles dans une savoureuse épopée qui a, pour certains, manifestement vieilli. Toujours est-il qu’il avait posé des codes de l’heroic fantasy balbutiante au cinéma à l’époque, en plantant le décor d’une époque très noire où tout se réglait à coup de lame et finissait à la taverne du coin. La scène d’introduction du massacre du village de Conan a d’ailleurs servi de base à bon nombre de films du même genre. Et d’ailleurs, il reste toujours un petit quelque chose de cela. On peut citer la musique, qui a bercé les soirées de nombreux rôlistes, en mal à l’époque de compositions dignes de ce nom sensé capter ce genre si particulier. On peut citer l’aspect brute de décoffrage, le méchant à la tête de serpent, le trio que Conan formait avec deux voleurs, un homme et une femme et les quelques tours de magies du film.

Mais surtout, à l’instar du 13e guerrier, il y avait une très bonne idée de scénario. En effet, dans le film de John McTiernan, l’arabe, pour apprendre à parler Viking, devait les écouter. Si bien entendu, cela n’est pas très crédible dans la vie réelle, force est d’admettre que cela faisait mouche sur le spectateur. C’était la même chose pour le Conan de l’époque. Le jeune Conan, pour acquérir sa musculature, doit pousser une roue. Il le fit pendant des années, symbolisé très joliment en quelques plans. L’un des personnages préféré des cours d’école d’époque était né. Et bien né. C’était le temps où les effets spéciaux n’étaient pas légion, mais comme la rareté est précieuse, ils étaient d’autant plus marquants…


Conan – Bande annonce – 2011

Alors que dire de ce Conan de Niespel. Le réalisateur, abonné aux remakes1, après celui, sans inventivité mais bien tenu de Vendredi 13, s’est attaqué à celui donc du célèbre barbare, dont les aventures sont contées en livres, mais aussi (et peut-être surtout, vu le succès chez un public très masculin et adolescent) en bandes dessinées (avec des auteurs d’ailleurs assez prestigieux). C’est effectivement un barbare, un vrai. Il parle peu, tranche beaucoup. Bref, une icône réac assez intéressante dans ce brave monde de gentils. Et il a un sens de l’honneur, bien entendu, comme tout guerrier qui se respecte.

On aurait donc pu attendre une certaine magie de ce film, avec des moyens colossaux par rapport aux années 80. Mais nous nous trouvons en face d’un épisode d’Hercule des grands jours, la célèbre série pleine d’humour et surtout de décontraction2. Nous aurions pu penser d’ailleurs, que le fond avait été touché avec King Rising, l’une des bouses de Uwe Boll et pourtant Niespel nous prouve le contraire.

Car son film, si ce terme peut convenir ici, n’est qu’un pauvre prétexte à nous présenter des gens se faire découper en rondelle par une succession de séquences sans queue ni tête, avec un découpage très série télé (enfin, les actuelles). Ceci nous fait penser que le cahier des charges des producteurs était de balancer à outrance de l’hémoglobine numérique (les maquilleurs, ça coute cher de nos jours) pour donner au spectateur son pesant de sensation forte. Il est bon d’être producteur aujourd’hui et de pouvoir, à coup d’argent, se payer le luxe de massacrer d’une manière aussi méthodique un personnage qui a pourtant, malgré son aspect très caricatural, un fond assez intéressant. Mais cela, les producteurs, français de surcroit (ce sont eux qui ont lancé Tarantino il y a… 20 ans ? Une paille), ont perdu tout leur flair ici.

Ce pauvre Conan enfile tous les clichés de l’heroic fantasy avec un bonheur quasi palpable :
- La scène du village massacré, un classique du genre depuis le premier Conan donc.
la voix off qui nous explique des choses qu’on aurait pu découvrir gentiment tout au long du film si on avait embauché un scénariste (enfin, un vrai).
- La gentille prêtresse (ou vierge, ou princesse, etc) qui est évidemment une bonnasse et que le héros va se taper assez rapidement (Willow avait, par exemple, quelque peu innové en permettant à l’un des personnages principaux de se taper une bad girl…)
- Les méchants à l’aspect gothique (la palme de la plus mauvaise actrice revient d’ailleurs à la gamine de 12 ans qui essaye tant bien que mal de jouer une gothique sorcière sans une once de crédibilité… la pauvre… )
- La scène capillotractée du temple (ou de la grotte, il peut y avoir des variantes) qui DOIT évidemment s’écrouler lorsque le sortilège ou le rite n’a pas fonctionné.
- La cité des voleurs. Comment ne pas parler de ce classique du genre où il existe une cité remplie de voleurs qui doivent se voler entre eux pour survivre…
- Des Combats à la Braveheart (merci Mel Gibson d’avoir donné du grain à moudre pour une kyrielle de tâcherons réalisateurs plus prompts à pomper tes scènes de flèches qui tombent et la fureur que tu avais mise dans les combats au corps au corps plutôt que d’essayer un brin, mais alors un brin, de faire quelque chose de différent…)

La liste pourrait s’allonger à l’infini. C’est tout cela que Conan propose. On se demande encore comme Said Taghmaoui a pu tomber dans cette galère, même si depuis quelques années, il prend un malin plaisir à enchaîner les bouses « blockbusterienne », comme GI Joe il y a deux ans. Le grand acteur de la Haine et des Rois du désert a décidément perdu la flamme. A moins que son compte en banque a besoin urgent d’être bien rempli.

Que dire de plus de Conan qui aurait dû sortir directement en vidéo pour égayer les soirées d’hiver de quelques jeunes en mal de sensations fortes ? Pas grand-chose, sauf peut-être celui de présenter des décors (forcément numériques) assez jolis, entrecoupés de  naturels. C’est l’une des rares trouvailles de ce film. Pour le reste, il y a des passages très drôles au second degré. Même les acteurs, à certains moments, à force de cabotiner, arrivent à être drôles aussi. Mais nous ne pensons pas pourtant que c’était l’effet recherché. Ce n’est pas avec ce Conan que l’on aura une image plus intéressante d’un des aspects de l’heroic fantasy, qui n’est pas celui, très cul cul la praline, de Tolkien, mais celui d’Howard et un peu de Moorcock (d’ailleurs, si un réalisateur ou un scénariste passe par là, ça serait bien qu’il pense à faire une adaptation d’Elric de Melniboné, ça pourrait nous changer un peu des Hobbits et autres Potter…). A bon entendeur, salut. L’auteur de ses lignes va retrouver son vrai Conan et l’époque des années 80. La seule finalement, qui avait présenté une vision intéressante de l’heroic fantasy, à travers des Willow et autres Conan le Barbare. On a l’époque qu’on mérite… et c’est bien dommage…

  1. ou reboots donc, on ne sait plus à force quel terme marketing il faut utiliser pour qualifier le manque d’imagination et d’inspiration des films de genre américains… []
  2. ce qui serait donc presque un point positif si le film avait été tourné dans le même ton, mais le doute est plus que permis… []

Le Rédacteur

Guilhem
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Directeur de publication

2 Commentaires


  1. avatar
     

    Je suis totalement d’accord, ce film est raté, dommage, l’acteur avait une gueule et il rend bien en Khal Drogo dans « Game of Thrones », on pouvait espérer qu’il use de ce charisme là dans ce film, mais que dalle. Les acteurs sont effectivement mauvais, et surtout, le scénario est incohérent. Même les scènes d’actions sont mal exploitées.

    Poubelle.





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