Cadavres à la Pelle de John Landis
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Sortie le 31 août 2011
Cadavres à la Pelle (Burke and Hare en version originale, beaucoup moins parlant pour le public français) marque le vingt-deuxième long métrage de John Landis, connu outre ses films, pour avoir dirigé des clips mythiques de Michael Jackson tels Thriller ou Black or White. Il n’avait plus tourné depuis de longues années (onze pour être précis), étant quelque peu déçu par la direction choisie par les studios américains et les projets proposés alors. On ne peut qu’abonder dans son sens, surtout au regard de son dernier bébé, tant il est vrai qu’il y souffle comme un certain parfum de nostalgie. Non pas vis-à -vis de l’histoire, mais plutôt vis-à -vis de la mise en scène. Cette dernière semble d’un autre temps. Et c’est peut-être cela qui fait le plus son charme. Avec le reste…
Écosse. Dans les années 1820. Pauvres et vivant d’arnaques, deux compères William Burke (Simon Pegg) et William Hare (Andy Serkis) découvrent par hasard qu’un cadavre frais peut leur rapporter beaucoup d’argent. A cette époque, Édimbourg est un haut lieu de la médecine en Europe et les chirurgiens cherchent désespérément des cadavres humains pour pratiquer leurs dissections et faire ainsi avancer leur science.
La demande en produits frais ne manque pas. Elle augmente. Appâtés par l’argent et désireux avant tout d’assouvir les envies matérielles de leur bien aimées, Burke et Hare ne vont pas tarder à orchestrer des « accidents » pour obtenir toujours plus de cadavres frais pour la Science. Mais cela va inévitablement leur attirer quelques problèmes…
Cadavres à la Pelle – Bande annonce VOST – 2011
Sur un scénario de Piers Ashworth et Nick Moorcroft qui ont écrit le remake de St Trinian’s – Pensionnat pour jeunes filles rebelles, Cadavres à la Pelle s’inspire de l’histoire vraie de Burke et Hare, qui avaient trouvé le moyen de se faire de l’argent en devenant, par défaut, des serial killers, pour fournir des cadavres tout frais à un médecin qui souhaitait faire avancer la science. L’histoire a fait grand bruit au Royaume-Uni à l’époque et c’est logiquement, de par son aspect morbide, que des scénaristes et producteurs se sont intéressés à cette dernière. Landis y trouve donc aussi le moyen de se refaire une santé, en ayant un peu plus les coudés franches qu’outre-atlantique. Disposant d’un duo assez hétéroclite, Simon Pegg et Andy Serkis (plus connus pour ses rôles en tant que model-capture dans Le Seigneur des anneaux), il déroule, de manière sympathique (si le terme peut être employé), une histoire tragi-comique.
Cadavres à la Pelle a les défauts de ses qualités. En effet, par une mise en scène que l’on pourrait qualifier de « classique » et par sa narration, il nous permet de renouer avec l’esprit des années 80 et 90.  Mais il y a peu de chances donc que le jeune public actuel puisse accrocher aux effets de mise en scène qui nous renvoient à une autre période, à commencer par un personnage qui parle directement à la caméra pour nous raconter l’histoire de Burke et Hare. Sans compter que rien dans ce film n’est fait pour séduire le jeune public gavé de production Bay et Abrams avec du 36000 images à la seconde (cela valant plus pour le premier que pour le second, néanmoins).
Pourtant, si la narration est linéaire, Cadavres à la Pelle se tient. Et se regarde avec plaisir. Les personnages y évoluant sont des anti-Oliver Twist et n’aspirent la sympathie du public que parce que l’histoire ici présentée est plus que romancée, avec une grande importance pour les personnages féminins, interprétés par Isla Fisher et Jessica Hynes. Ce sont elles qui seraient le moteur de l’ambition de Burke et Hayes et donnent à ce duo macabre une sympathie qui n’aurait pas lieu si l’histoire avait suivi platement les faits. Mais le cinéma est aussi fait pour cela, donner une interprétation des événements. C’est d’ailleurs écrit dès le début du film : d’après une histoire vraie, sauf ce qui ne l’est pas. Plongé directement dans l’ambiance, le spectateur suit donc avec délectation les pérégrinations des voyous. En même temps que celle de la médecine.
Cette dernière est en arrière plan, toujours présente. Avec délectation, Landis nous dépeint ces hommes qui ne reculent devant rien pour faire avancer la médecine. Et cette galerie de personnage, doublée de celle du policier chargé de l’enquête, est un petit plaisir pour les yeux. Toujours bien sûr, si on a la nostalgie de ces films du passé.
Ainsi donc est Cadavres à la Pelle : un film qui sent bon ce que savent faire de mieux les anglais dans un genre qu’ils affectionnent. Les amateurs adoreront. Les autres attendront peut-être une sortie à la télévision. Mais toujours est-il qu’il est bon de voir encore fleurir ce genre de productions aujourd’hui…
Cadavres à la Pelle (Burke and Hare) de John Landis | Scénario de Piers Ashworth et Nick Moorcroft | Photographie de John Mathieson | Musique de Joby Talbot | Avec Simon Pegg, Andy Serkis, Isla Fisher, Jessica Hynes, Tom Wilkinson, Tim Curry, Christopher Lee, Hugh Bonneville, Jenny Agutter, Stephen Merchant | Grande-Bretagne | 2010 | 91 min. | Comédie | Distribué par La Fabrique 2 | Crédit photographique : La Fabrique 2














































