We Need To Talk About Kevin de Lynne Ramsay

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Posted 7 octobre 2011 by Jérémy in
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by Jérémy
Full Article

Sorti le 28 Septembre 2011

Il semblerait que Lynne Ramsay commence à prendre goût à réaliser des drames sur l’enfance. En effet, après Ratcatcher (1999) et Morvern Callar (2003), cette jeune et discrète réalisatrice britannique s’attaque à un sujet lourd et sérieux : la naissance du mal – comme on a pu le découvrir en 2003 avec Elephant de Gus Van Sant – à travers les souvenirs de la relation conflictuelle qu’une mère entretenait avec son fils. Avec ses nominations au Festival de Cannes et de Toronto en 2011, ce film aura fait parler de lui. Tout comme le déclare le titre du film, nous avons besoin de parler de We Need To Talk About Kevin.

Adapté du roman du même nom de Lionel Shriver, We Need To Talk About Kevin raconte comment Eva (Tilda Swinton) culpabilise et vit dans l’ombre des actes irréparables de son fils Kevin (Ezra Miller) à travers des flashbacks remontant ainsi jusqu’à la rencontre de celui qui fut le père (John C. Reilly) de cet enfant diabolique.

 

Rouge. C’est la couleur qui est sans doute la plus présente dans le film. A travers le jus de tomate dans lequel baigne Eva, la confiture de fraise dont abuse Kevin. Le sang. Et la peinture rouge agressive contre laquelle cette mère dévastée se bat. Le rouge de l’amour comme celui de la haine : la définition même de la relation conflictuelle qu’ils entretenaient.

Si à notre plus grande surprise, We Need To Talk About Kevin n’est pas un film triste dans ses propos, il est cependant d’une violence impressionnante à en perturber plus d’un ! La scène troublante à l’hôpital, après l’accouchement, lorsque Eva reste complètement évasive et ne regarde pas un seul instant le nouveau-né ou encore l’horrible scène où elle arrête subitement sa promenade en poussette avec son jeune fils près d’un marteau-piqueur pour ne plus avoir à l’entendre pleurer.

L’actrice Tilda Swinton, avec son visage froid et ses allures strictes que l’on a pu apercevoir dans The Beach (1999), Burn After Reading (2008), entres autres ; incarne avec beauté et profondeur le personnage de cette mère qui, à première vue, n’aime pas et ne comprend pas son fils. Rongée par le remord de ne l’avoir sans doute pas assez aimé même s’il est évident que le problème ne vient pas de là : une mère, qu’importe la situation, aimera toujours son fils.

C’est dans ce sens que Lynne Ramsay nous laisse sur notre faim. On fait des suppositions : si, au plus profond d’elle-même, Eva aime son fils, quelles sont les raisons de la diabolisation de son fils Kevin ? Etait-il destiné à être un exclu de la société ? Une personne hors du commun ? Qu’est-ce qui nourrissait cette haine grandissante en lui ? Ou bien est-ce la présence invisible de cet amour en Eva qui poussait un peu plus chaque jour Kevin à se faire remarquer par de cruels et violents actes ?

Le jeune acteur Ezra Miller, déjà remarqué à Cannes en 2008 à travers le film Afterschool d’Antonio Campos, devrait s’habituer à ses rôles de psychopathes. Son regard noir et ses sourires sadiques accompagnaient parfaitement ses froides répliques et faisait de Kevin un jeune homme aux traits parfaitement dessinés. Comme inchangé, malgré les différents acteurs ayant interprété Kevin à plusieurs étapes de sa vie, il n’empêche qu’on ne peut que croire que le mal était en lui dès sa naissance.

On peut brièvement faire remarquer que la réalisatrice Lynne Ramsay, après avoir étudié dans une école de cinéma britannique, garde une forte passion pour la photographie. Tout comme ses précédents films, ses cadres et lumières semblent d’une simplicité mais révèlent un réel savoir-faire et une étude approfondie. Peut-on simplement dire qu’elle use un peu trop des symbolismes qui font anticiper le massacre réalisé par Kevin, perdant ainsi toute sa substance émotionnelle…

« Pourquoi ? » est la dernière question posée par Eva à son fils lors de sa visite en prison. On se retrouve alors soulagés que le silence soit enfin brisé, après des heures et des heures de face à face vide. Ainsi pourquoi ?

Nous resterons dans le doute. Dans la même incompréhension qu’Eva pendant tout le début de vie de son fils Kevin. S’il n’y a aucune réponse à cela, ce qui est certain, c’est que, par-dessus tout, l’amour d’une mère reste inchangé vis-à-vis de son enfant malgré des actes inimaginables. Une mère reste une mère, maternelle jusqu’à la fin, jusqu’à ce qu’Eva déclare approximativement : « Tu t’en es bien sorti, tu n’avais que 16 ans lors de tes actes. Patiente encore deux ans et retrouve-moi », en pensant à tous les efforts qu’elle a fait pour refaire à l’identique la chambre dans lequel son jeune garçon, son petit « monstre », a grandi.

 

We Need To Talk About Kevin de Lynne Ramsay | Scénario de Lynne Ramsay et Rory Kinnear d’après l’oeuvre de Lionel Shriver | Photographie de Seamus McGarvey | Musiques de Jonny Greenwood | Avec Tilda Swinton, John C. Reilly, Ezra Miller, Jasper Newell, Rock Duer, Ashley Gerasimovich, Alex Manette, Kenneth Franklin, Paul Diomede, Mark Elliot Wilson | Etats-Unis et Grande-Bretagne | 2011 | 110min | Thriller et drame | Distribué par Diaphana Distribution | Crédit photographique : Diaphana Distribution

 


Le Rédacteur

Jérémy
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Un Commentaire


  1. avatar
     

    We need to talk fait partie de ma liste des films à voir en 2011.





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