Le Cochon de Gaza de Sylvain Estibal – Quand le porc devient hallal

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Posted 26 octobre 2011 by Sophie in
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by Sophie
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Sortie le 21 septembre 2011

Le Cochon de Gaza est le premier film de Sylvain Estibal, journaliste et écrivain français. Il nous livre ici un conte pour adulte mélodramatique entre deux peuples opposés farouchement sur fond de guerre et de préceptes religieux. Résumer Le Cochon de Gaza est une âpre affaire quand on connaît un peu l’histoire de la bande de Gaza et son importance mondiale. Deux pays, Israël et Palestine, se revendiquent l’histoire d’un bout de terrain et se l’approprient avec les moyens que chacun possède. Ce film ne les réunit pas dans la joie et l’allégresse d’un conte moderne pour adultes mais extrait les bases de leurs religions distinctes pour les rapprocher.

Jafaar et Fatima sont les malchanceux propriétaires d’une maison située sur la frontière d’une colonie Israélite et n’ont pas d’autre choix que de cohabiter avec des soldats de l’autre camp sur leur toit. Jafaar, qui n’a plus pris les armes depuis la guerre des six jours de 1967, vit de sa maigre pêche. Fatima met en bocaux les fruits de l’olivier reçu en héritage de son père, qui se situe lui aussi à quelques centimètres de la frontière.

Rien ne semble dérouter leur misère quotidienne, pas même les allées et venues des soldats postés, qui viennent disposer de leurs toilettes jusqu’au jour où Jafaar remonte dans ses filets un porc du Viet Nam tombé d’on se sait où ! D’abord apeuré, il décide de se débarrasser de l’animal impur et se renseigne auprès du barbier du village afin de trouver la solution adéquate. Après une première tentative d’assassinat avorté, il apprend par hasard que les juifs en font le commerce et se renseigne auprès d’une juive russe, Yelena, qui lui achète à prix d’or la semence de son porc. Malheureusement, la nouvelle que l’un des leurs détient un animal interdit parvient aux oreilles du chef de la révolution locale, qui l’enrôle malgré lui dans son mouvement et lui impose de commettre un attentat dans le camp juif via son cochon.

Le Cochon de Gaza n’est pas un film à polémique et ne prône aucune religion plutôt que l’autre. Il met en avant les ignorances des uns et des autres sur leur croyance. Il n’y a qu’à se délecter de la curiosité du barbier qui, n’ayant eu jamais eu la possibilité de voir un porc « pour de vrai » demande, amusé, de l’approcher, ou même de la réaction du peuple arabe opprimé derrière les frontières imposées par Israël, qui acclame Jafaar après sa tentative d’attentat et demande des autographes à son martyr raté ainsi que l’impossible réunification entre les deux armées pour traquer l’animal impur sur leurS terresS sur fond de dialogues cocasses ! Le Cochon de Gaza est un conte qui, comme on enseigne aux enfants la tolérance et le racisme par des films tels que Kirikou et Ratatouille, enseigne aux adultes que deux peuples pourtant opposés depuis des décennies peuvent se trouver des similitudes aux abords de leur croyances, faire commerce de leur opposition et finalement les rendre proches, solidaires lors de conflits. Ce film tend à démontrer que des différences peuvent naître la curiosité, l’échange et, in fine, le soutien.

Pour un premier film, Sylvain Estibal ne s’oriente pas vers la facilité et aborde avec le recul nécessaire un conflit pas forcément aisé à comprendre. Il a eu la sagesse infinie d’unir deux peuples et deux croyances différentes sur le même ton : la dérision subtile qui rend sympathique. L’humour employé n’est pas lourd, il est fin et juste. Il ne verse jamais dans le ridicule et les situations abordées, y compris les plus délicates — car s’attaquant à la politique ou à l’ONU —, ne sont pas mises à mal. Bien sûr, les événements décrits sont réalistes : le peuple souffre malheureusement bel et bien de cette situation politique des deux côtés du mur. Et si la solution venait d’un être impur, qui n’est pas le bienvenu sur les terres ancestrales de ces deux peuples ? Plutôt que de fustiger nos différences, pourquoi ne pas en faire une richesse, pour apprendre à se connaître et s’entraider ? Voilà un conte moderne, drôle, avec une petite morale pleine de tendresse. Voilà de l’espoir. C’est tout ce qu’il nous faut.

Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal | Scénario de Sylvain Estibal | Photographie de Romain Winding | Musique de Aqualactica et Boogie Balagan | Avec Sasson Gabai, Baya Belal, Khalifa Natour et Ulrich Tukur | France / Belgique / Allemagne | 2011 | 99 min. | Comédie | Distribué par StudioCanal | Crédit photographique : StudioCanal


Le Rédacteur

Sophie
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Rédactrice spectacles I'm the most gorgeous, cute, smart and beautiful woman in the world.. But you won't fuck me. • Réalisateurs préférés : Luis Bunuel, Federico Fellini, David Fincher, David Lynch, Tim Burton, Jean-Marie Bigard • Films préférés : Le Baltringue, Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, Conan le barbare, Duel, Saturday night fever • Auteurs préférés : Houellebecq, Petit ours brun • Livres préférés : Le Rouge et le Noir (best book ever), L'écume des jours (best book ever), Les oiseaux se cachent pour mourir • Chanson préférée : La tendresse • Groupes, chanteurs, chanteuses préferées : Zazie, Nostromo, Pitbull in the nursery, Lady Gaga, Marc Lavoine, Serge Gainsbourg (ever and ever)

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