Habemus Papam de Nanni Moretti

1
Posted 2 novembre 2011 by Cédric Le Men in Comédie

Rating

Réalisation
70%


Casting
85%


Scénario
80%


Photo
70%


Musique
65%


Intérêt
80%


Total Score
75%


Genre: ,
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , ,
 
 
Scénario: , ,
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays: ,
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 102 minutes
 
Crédit photographique: Le Pacte
 

Les Plus:

Un scénario très bien mené, Piccoli bluffant dans un film très tendre.
 

Les Moins:

Quelques petites longueurs...
 
by Cédric Le Men
Full Article

Les inconditionnels du festival de Cannes connaissent bien Nanni Moretti. Et pour cause : ce producteur, réalisateur et interprète italien, responsable de pas moins de onze longs-métrages depuis 1976, y a été récompensé à deux reprises. En 1994, il reçoit le Prix de la mise en scène pour Journal Intime. En 2001, il est définitivement intronisé avec La Chambre du Fils, qui lui vaut une Palme d’Or. Dix ans plus tard et après un film passé relativement inaperçu, Le Caïman en 2006, il sort, là encore discrètement, Habemus Papam.

Michel Piccoli y campe un Cardinal, élu bien malgré lui Pape, en proie au doute, au questionnement, à l’introspection. Alors que tout Rome est en émoi, il refuse d’assumer ses nouvelles fonctions, les rejette en bloc, nie son « droit divin », préfère se cloîtrer dans ses craintes, refusant d’accepter des responsabilités qui le dépassent. Autour de lui, c’est la confusion la plus totale au Vatican. Le porte-parole papal fait tout pour comprendre ce qui pose problème au Pape nouvellement élu, lui offre soutien, assistance, va jusqu’à inviter – ou plutôt, prendre en otage – un psychanalyste quelque peu loufoque afin de mieux cerner l’origine de telles angoisses. En vain. Rien n’y fait : le Pape ne veut rien entendre.

Avec ce film, Nanni Moretti explore un des aspects de l’humain les moins évidents à mettre en scène : le doute, la non-action. Le Pape, confronté à la foule des fidèles, ne sait plus, ne se sent pas capable, évite. Un sentiment bien évidemment partagé par l’ensemble des Cardinaux, même s’ils se cachent bien de le prononcer en public – comme Moretti le souligne d’admirable façon dans une scène d’introduction parfaitement construite : alors que les votes sont décomptés, on entend les pensées des Cardinaux. « Pas moi ! », pensent-ils tous.

Lors d’une sortie supervisée par le porte-parole et la garde du Vatican, le Pape parvient à s’échapper. Il va dès lors errer dans les rue d’une Rome toute aussi emplie d’espoir qu’indifférente. De places bondées en théâtres vides, il se confronte à ses fidèles, les observe, inconnu parmi la foule. Et ce n’est qu’au contact d’une troupe de théâtre qu’il prendra conscience du seul dénouement possible à cette folle affaire. Alors qu’il est lui-même pétrifié par le trac, alors qu’il est en pleine représentation de lui-même, ce n’est que face à des acteurs qu’il parvient à prendre l’entière mesure du rôle qui lui a été confié.

Nanni Moretti dirige un film profond, intelligent et très largement auto-critique dans lequel il redéfinit la place de l’acteur. Son audace le pousse à choisir le Vatican, sacro-sainte terre du catholicisme, comme théâtre de cette farce humaniste. Car c’est bien de cela qu’il s’agit au final : resituer les choses, aussi importantes qu’elles soient, dans un contexte définitivement, résolument humain. Une façon pleine d’humour de signaler que tout investi d’une mission divine qu’il soit, le Pape est et restera avant tout un Homme, avec ses peurs, ses doutes, ses manques, ses faiblesses, au détour d’une pièce de théâtre, d’une balade en bus ou d’un tournoi improvisé de volley-ball.

Grandiose, Michel Piccoli est troublant de justesse et donne un véritable sens au parcours initiatique auquel est soumis son personnage. La mise en scène de Nanni Moretti, toute en simplicité, parvient à capter à la perfection la finesse de son jeu, ses inflexions et l’inégalable aura dont il se pare. Une performance qu’il convient de saluer, puisqu’intégralement – et logiquement – en italien. On saluera de la même façon la lumière ultra réaliste du chef opérateur Alessandro Pesci, qui souligne à merveille de caractère parfaitement sur-réaliste de la situation.

Les inconditionnels du festival de Cannes connaissent bien Nanni Moretti, un réalisateur possédant un véritable sens comique et une finesse rares, surtout dans le cinéma italien. Les autres le connaissent moins et c’est bien dommage, tant ce Habemus Papam, discret malgré une participation officielle au dernier festival de Cannes, est un film tendre, drôle. Sans aucun doute un des films incontournables de cette année.


Le Rédacteur

Cédric Le Men
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Rédacteur en chef du magazine When you have to shoot, shoot, don't talk.

Un Commentaire


  1. avatar
     

    Encore un film que je loupe cette année au ciné. Curieux de voir Piccoli en Pape.





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