Rhum Express de Bruce Robinson

4
Posted 6 décembre 2011 by Laymore in Aventures

Rating

Réalisation
75%


Casting
100%


Scénario
85%


Photo
85%


Musique
85%


Intérêt
90%


Total Score
87%


Genre: , ,
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario: ,
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 120 minutes
 
Titre original: The Rum Diary
 
Crédit photographique: Metropolitan FilmExport
 
by Laymore
Full Article

Paul Kemp (Johnny Depp) est un alcoolique qui émerge difficilement de sa nuit, les yeux déchirés par l’alcool. Accessoirement journaliste, il vient postuler au San Juan Star, petit journal agonisant sur l’île de Porto Rico. Au fil des verres de rhum, il va se retrouver plongé dans la moiteur portoricaine, sa corruption, sa société vendue, ses personnages à la fois sordides et attachants pour finir par trouver ses propres réponses au milieu du chaos des autres.


Rhum Express, inspiré de la vie du journaliste Hunter S. Thompson1, se regarde doucement, comme une carte postale des années 60, un monde asymétrique, une île possédée par les américains mais qui n’est pas américaine, réduite à l’état de défouloir pour la middleclass et de terrain de jeu pour les entrepreneurs verreux. Kemp débarque ici, lui-même ambigu quoi que sympathique. On le sait alcoolique, mais lucide et, contrairement aux autres, il a en lui un peu d’espoir, de l’éthique (fut-il éthylique), et une limite avec laquelle il flirte souvent.

C’est le parcours d’un homme imbibé mais qui ne va jamais trop loin et qui regarde les plus alcooliques que lui comme des étrangetés. Le rhum est là, omniprésent, dans les couleurs comme sur les tables, l’alcool est plus généralement un fil conducteur passant de scène en scène, mais il ne s’agit pas d’une descente en enfer, juste d’une suite de petites rechutes mettant en exergue les moments de sobriété. L’alcool n’a pourtant rien d’un ennemi, d’une fatalité ou d’une drogue destructrice dans ce film. L’un des personnages secondaires, Moburg (incarné par Giovanni Ribisi, bluffant), incarne l’extrême de l’alcoolisme, un être qui ne se respecte plus physiquement, qui ne ressemble à rien, qui ne vit pas sans alcool, sale, repoussant, aux mœurs écoeurantes, qui aime à se détendre en écoutant les discours d’Hitler… Pourtant cette parodie d’être humain incarne une honnêteté et une loyauté qu’ignorent tous les autres.

D’aucuns vous diront que la trame du scénario est soit téléphonée, soit trop mince, certainement parce que l’essentiel du film ne repose pas sur cette trame-ci, mais sur l’évolution de Kemp au fil des évènements. À la façon dont il les perçoit et dont il y réagit. Trop vite on le classe comme perdu, détruit, parce qu’alcoolique. Mais au détour de séquences vues et revues, il prend des décisions que personne ne prendrait et, au final, ce sont les échecs des autres qui viennent à lui nuire, mais pas à entailler ses propres résolutions.

Enchaînant les images d’Epinal mêlées à un discours cru sur l’exploitation de Porto Rico, l’ensemble du film est pourtant traité sur un ton léger donnant lieu aux péripéties de ce que l’on pourrait appeler une bande de losers à la fois attachants et disgracieux, oscillant toujours, comme l’île et tous les personnages, entre la richesse et la gloire, la pauvreté et l’infamie.

Une touche de lumière traverse cependant en la personne de Chenault. Non, ça n’est pas une voiture française, c’est une femme, une superbe femme, qui devrait être interdite par la convention de Genève. Incarnée par Amber Heard, ce personnage semble tout droit sortie d’un film des années soixante, starlette fofolle et fragile s’ennuyant dans une vie sans contrainte au côté d’un entrepreneur qui la possède autant que sa Chevrolet. Chenault est l’archétype de la femme-enfant, fatale, à la fois pure et impure, rejoignant elle aussi le long défilé des personnages ambigus, sortant de la bienséance et pourtant profondément bons de ce film.

L’évolution de Kemp, ou plutôt la révélation de ce qu’il est vraiment prenant le dessus sur l’a priori évident que l’on a de lui au premier regard, s’étire avec parfois une certaine lenteur, une certaine nonchalance, on s’étonne parfois, on rit souvent. Il faut voir Rhum Express avec l’esprit vierge de présupposés. C’est un film simple, touchant et amusant, nuancé comme un rayon de soleil crépusculaire au travers d’un verre de Rhum-Piment.

  1. Connu comme l’inventeur du « journalisme gonzo », qui consiste en une enquête ultra subjective faite de récits à la première personne, de rencontres et de prise de drogues, cela combiné à une plume féroce et à un fort engagement politique. Las Vegas Parano fera d’ailleurs connaitre cet auteur à un large public. []

Le Rédacteur

Laymore
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4 Commentaires


  1. avatar
     

    Pas un seul com !

    personne n’est allé voir ce film ou quoi ?




  2. avatar
     

    Ben j’ai plus le droit d’aller voir des films avec Amber Heard :(

    Alors je vais attendre bien sagement la sortie DVD (sans compter que dans mon petit patelin actuel, il n’est déjà presque plus à l’affiche).




  3. avatar
     

    Idem … je voulais aller le voir y a une semaine, mais il n’est pas resté à l’affiche assez longtemps. J’ai de la sympathie pour le bouquin même si ce n’est pas non plus ce que Thompson ait fait de plus mémorable et ça fait des années qu’on entendait parler de ce projet même avec Benicio Del Toro aux commandes et tout … apparemment ça s’est pas mal embourbé, ce qui n’est jamais très bon signe. Mais bon hâte de le voir en DVD.





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