Le Ciel d’Icare de Fabrice De Martino
Les Plus:
Un premier roman prometteur.Les Moins:
Des illustrations qui ne sont franchement pas à la hauteur du texte.
Bien davantage qu’au cinéma, le genre littéraire science-fiction fait l’objet d’un culte des lecteurs. La France n’y coupe pas et si nous restons, en termes de production et de notoriété, loin derrière nos confrères anglais — Aldous Huxley, Arthur C. Clarke, Neil Gaiman ou Terry Pratchett — ou américains — Frank Herbert, Philip K. Dick, Dean Koontz, George R. R. Martin et l’inévitable Stephen King — la qualité de nos Å“uvres est bien souvent au rendez-vous. Venu grossir les rangs des Pierre Bordage, Serge Brussolo et autres René Barjavel, Fabrice De Martino publie en octobre 2011 Le Ciel d’Icare, mélange de science-fiction et de fantasy.
Cela fait trente ans qu’Elia vit en exil, seule et recluse sur une planète inhabitée. Loin de la Sainte Fédération, un empire colonisateur anéantissant tout sur son passage ; loin de sa planète natale, Viryan, un monde où le temps s’est arrêté, où le soleil et la nuit sont constants sur chaque hémisphère, et où les combats font rage entre la Sainte Fédération et les Sylphiens rebelles. Mais la guerre l’a rattrapée. Affublée de quatre officiers inconscients, Elia doit revenir sur Viryan pour y retrouver le Tambour de Guerre. Car si cette relique est utilisée par l’ennemi au sommet du Mont Hurlant, le Tambour mettra fin au conflit en purgeant toute la planète.
Construit un peu à la façon d’un Seigneur des Anneaux, le livre de Fabrice De Martino ne manque pas d’ambition. Véritable parcours initiatique lors duquel le personnage principal, Elia Melhyborée, se définit tout autant qu’elle définit ses coéquipiers, Le Ciel d’Icare creuse profond et va puiser des influences tant dans la littérature que dans la musique, la télévision ou le cinéma. Car Fabrice De Martino, avant de se destiner à l’écriture de romans ou, plutôt, en parallèle à son travail de romancier, se dirigeait vers le cinéma. En résulte une capacité indéniable à varier les points de vue, à créer un univers complet plutôt qu’une simple histoire. D’autant que l’univers de Viryan est riche, plein de promesses.
Fabrice De Martino, en grand admirateur de sagas telles que Star Wars, définit toutefois un monde plus tangible, plus réaliste, à l’image d’une série telle que Battlestar Galactica revisitée. Ses batailles spatiales se font en silence, sa planète, Viryan, est décrite en rotation synchrone avec son soleil, ce qui explique qu’une seule de ses faces soit éclairée — comme notre Lune par rapport à la Terre1. Une planète dont la capitale évoque le Los Angeles de Blade Runner : sombre, sale, surpeuplée, massive. Ou le Libria d’Equilibrium pour l’austérité de ses façades, la rigueur de sa politique religieuse. L’auteur embrasse ses influences, les assume totalement et en propose un très correct syncrétisme, tout en les enrichissant de réflexions sur la guerre, la religion, la solitude, l’amour, l’environnement — préoccupation centrale de ce premier tome.
Bien sûr, première Å“uvre oblige, Le Ciel d’Icare n’est pas exempt de défauts. L’écriture est encore parfois incertaine, hésitante, confuse. Quelques maladresses subsistent, mais ne parviennent jamais véritablement à perturber un récit d’une grande richesse et d’une grande profondeur. Le Ciel d’Icare possède les défauts de ses qualités : peut-être trop ambitieux, trop vaste pour un premier ouvrage. Fabrice De Martino ne se contente pas d’un échauffement et, même s’il semble se perdre parfois dans son propre univers, prend son sujet en frontal, impose un style qui, bien qu’imparfait, a au moins le mérite d’exister. Un style que nous retrouverons avec plaisir et une certaine impatience dans les deux prochains tomes du livre.
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- Nous n’entrerons pas dans le débat visant à savoir si une telle planète serait habitable [↩]





































c’est marrant parce que quand j’ai vu la couverture du livre j’ai cru que c’etait un livre « jeunesse » et j’ai à peine jeté un oeil à l’article.
j’ai commencé par lire en diagonal l’interview et mon oeil a bien entendu (pour ceux qui me connaissent) été arrêté par le parallèle avec Ellen Ripley. (pas Helen d’ailleurs !).
l’univers de ce livre parait bcp plus noir et riche que la couv’ le laisse penser.
si ré edition, peut être à re penser ?