La Colline aux coqueliquots de Goro Miyazaki

2
Posted 4 janvier 2012 by Cédric Le Men in Animation

Rating

Réalisation
70%


Casting
60%


Scénario
70%


Photo
50%


Musique
50%


Intérêt
65%


Total Score
61%


Genre: , ,
 
Réalisation:
 
 
Avec Les Voix De: , , , ,
 
Scénario: , , ,
 
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 91 minutes
 
Titre original: Kokuriko-zaka kara
 
Crédit photographique: The Walt Disney Company France
 

Les Plus:

Un très beau design, une jolie mise en scène.
 

Les Moins:

Des personnages agaçants, un scénario beaucoup trop convenu.
 
by Cédric Le Men
Full Article

Créés en 1985 par et pour les besoins d’Hayao Miyazaki ainsi que son compère Isao Takahata après la sortie et le succès du premier long métrage d’animation de Miyazaki, Nausicaä de la vallée du vent en 1984, les studios Ghibli sont rapidement passés maîtres dans la production de longs métrages d’animation au Japon, grâce notamment aux succès du Château dans le ciel et, surtout, Mon Voisin Totoro — toujours de Miyazaki — et Le Tombeau des lucioles d’Isao Takahata. 26 ans et quelques chef-d’œuvres plus tard, c’est Gorō Miyazaki, le fils d’Hayao Miyazaki, qui vient poser une nouvelle pierre à l’édifice avec La Colline aux coqueliquots.

Ce film nous raconte l’histoire d’Umi, une lycéenne de Yokohama dont le père a disparu en mer quelques années plus tôt, et de Shun, camarade de lycée d’Umi et responsable du club de journalisme, impliqué dans une révolte étudiante à l’échelle de son établissement visant à protéger la vieille bâtisse qui abrite leur foyer étudiant. Une rencontre qui va bouleverser la vie des deux amis et révéler un sombre passé commun, qui pourrait bien les empêcher de vivre leur romance.

Si la réalisation est impeccable malgré quelques menus défauts, c’est du côté du scénario que le bât blesse. Surprenant quand on sait qu’Hayao Miyazaki lui-même est impliqué dans l’écriture du film. Car si la reconstitution historique de La Colline aux coquelicots — qui se déroule en 1963, juste avant les jeux olympiques de Tōkyō — est intéressante, notamment via les rituels journaliers, axés essentiellement autour des repas, ou encore la révolte étudiante de Shun et ses camarades, l’histoire en elle-même est d’une pauvreté à faire pâlir, malgré la volonté évidente de Gorō Miyazaki de l’enrichir de thématiques sociales et morales fortes.

Les productions Ghibli nous ont habitués à beaucoup de poésie, de magie, de tendresse et parfois, de cruauté et de violence. La Colline aux coquelicots manque cruellement de tous ces ingrédients et propose un scénario convenu, beaucoup trop prévisible. D’un côté, Miyazaki fils soutient un discours volontaire, social, mature et intelligent : les écoliers ne subissent pas, ils se battent pour conserver leur vieux foyer, que le principal veut détruire et remplacer, suivant les ordres du conseil de direction de l’école, mené par un homme d’affaire tokyoïte. Les personnages sont hauts en couleur, drôles, donnant lieu à ses situations souvent cocasses. Par ailleurs, Umi, responsabilisée très tôt par la disparition de son père, assume les tâches de la pension qu’elle dirige en l’absence de sa mère. On sent, sur elle, le poids de son devoir de jeune femme, le respect dont elle fait preuve à l’égard de sa grand-mère, ainsi que, parallèlement à ça, les réminiscences de son enfance, via la connexion qu’elle entretient avec son défunt père par l’utilisation des signaux maritimes.

De l’autre côté, le réalisateur nous embarrasse d’une romance dont les rebondissements sont terriblement prévisibles et calculés. On se doute systématiquement de l’issue des problèmes qui sont fait part aux spectateurs, en ce qui concerne les deux jeunes amoureux. Le ton du film n’étant pas enclin au drame, contrairement à d’autres production Ghibli telles que Le Tombeau des lucioles, on imagine sans mal que nos deux héros seront finalement réunis et qu’ils pourront vivre leur histoire d’amour sans peine. Malheureusement, le scénario, plutôt que de nous offrir une véritable intrigue, se contente d’un décevant deus ex machina. De la même façon, la problématique posée autour du foyer scolaire, bien que moins naïve, est elle aussi rapidement expédiée.

La Colline aux coqueliquots reste, malgré ces gros défauts, un film agréable à voir, surtout en famille. Le design du film est très beau, la mise en scène est juste et soignée, et la musique de Satoshi Takebe est, chose rare, fort agréable. Seuls les amateurs Ghibli pourront sans doute faire la fine bouche et regretteront cette magie, ce charme des précédentes productions qui fait cette fois-ci définitivement défaut. Espérons donc que le vétéran Isao Takahata redressera le cap avec Le Conte du coupeur de bambou à venir.


Le Rédacteur

Cédric Le Men
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Rédacteur en chef du magazine When you have to shoot, shoot, don't talk.

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