Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de David Fincher

6
Posted 24 janvier 2012 by Cédric Le Men in Policier

Rating

Réalisation
95%


Casting
95%


Scénario
85%


Photo
95%


Musique
80%


Intérêt
90%


Total Score
90%


Genre: ,
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , ,
 
 
Scénario: ,
 
Photographie:
 
Musique: ,
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 158 minutes
 
Titre original: The Girl with the Dragon Tattoo
 
Crédit photographique: Sony Pictures Releasing France
 

Les Plus:

Une image et un jeu d'acteurs remarquables.
 

Les Moins:

Quelques petites longueurs...
 
by Cédric Le Men
Full Article

En 2009, Niels Arden Oplev, réalisateur danois, tournait l’adaptation du phénomène littéraire du moment : la saga Millenium du regretté Stieg Larsson. Trois films pour trois livres, mais aussi une série TV tournée en même temps que les films, et un énorme succès public, malgré une très remarquable baisse de niveau pour les deux derniers films. Qui dit succès dit bien souvent remake — plus ou moins réussi — de nos amis les américains. Sauf que cette fois-ci, c’est quand même rien que moins que David Fincher qui s’y colle, ce qui garantit un film formellement intéressant, au moins.

Et formellement, cette nouvelle mouture de Millenium est absolument parfaite. Fincher y utilise les mêmes tons que sur son précédent film, l’excellent The Social Network, en agrémentant sa mise en scène de plans beaucoup plus étouffants, anxiogènes. On retrouve par moments l’ambiance d’un Se7en, pour le meilleur ! On sent que le réalisateur est très à l’aise avec son sujet, il parvient à se détacher complètement du film original pour imposer à la fois son style, mais aussi sa narration, ses personnages, en sublimant littéralement le sujet. De fait, les personnages sont plus profonds, mieux travaillés et, surtout, largement mieux interprétés.

De la même façon, Daniel Craig est infiniment plus juste que Michael Nyqvist et ses faux airs de Johnny Hallyday, notamment grâce à sa relation avec Erika Berger, plus poussée que dans le film de Niels Arden Oplev. Et il faut bien avouer que Craig est là aussi beaucoup plus convaincant en homme à femmes, séducteur malgré lui, et on accepte d’autant plus facilement la brève idylle qui se crée entre Lisbeth et lui. Problème linguistique peut-être1, le casting est globalement beaucoup plus homogène que sur les films originaux. Rooney Mara notamment, sÅ“ur cachée d’Elijah Wood et objet de désir du Zuckerberg de The Social Network, est la véritable révélation de ce film. Dirigée d’une main de maître par Fincher, elle n’hésite pas à se dévoiler, quitte à se montrer véritablement vulnérable, et propose une riche palette d’émotions en incarnant une Lisbeth Salander à la fois dure et tendre, cruelle et émouvante, et écrase sans trop de mal la performance de Noomi Rapace, pourtant déjà excellente.

Côté mise en scène, c’est une fois encore excellent. Les cadres sont soignés, l’ambiance est toujours présente, à la fois plus belle que celle du film original, qui était lui plus sale, plus maussade — à l’image des livres pour le coup —, mais aussi paradoxalement plus oppressante, plus angoissante, en favorisant des cadres serrés qui laissent énormément de place au hors-champ. La photographie de Jeff Cronenweth, déjà chef opérateur de Fincher sur The Social Network et Fight Club, ainsi que de Mark Romanek — rien que ça ! — sur Photo Obsession en 2002, est parfaitement maîtrisée, joue avec habileté sur le clair-obscur et propose une image contrastée, nette, précise. Mention spéciale, par ailleurs, au générique d’ouverture du film, absolument génial, si on parvient à en accepter l’esthétique volontairement clip, qui transcrit de façon très dure la psyché de l’héroïne : sensualité, violence, cybertechnologies…

La musique n’est à ce titre pas en reste puisqu’en plus du générique, reprise d’Immigrant Song de Led Zeppelin par Trent Reznor et Karen O — chanteuse des Yeah Yeah Yeahs —, Trent Reznor2 et son comparse Atticus Ross reprennent du service — après une première incursion de Reznor sur le générique de Se7en et la bande originale de The Social Network. Ils proposent une bande originale résolument orientée vers l’électro/indus, mélange de pianos vibrants et de sons grinçants, claviers et autres nappes discordants. Une fois de plus, il semblerait que ça soit la personnalité de Lisbeth qui ressorte, mélange parfait de grâce et de fureur.

On pouvait se demander ce qu’un réalisateur de la trempe de David Fincher allait bien pouvoir proposer avec le remake d’un film sorti à peine deux ans plus tôt. L’idée même était étonnante, quand on sait ce dont il est capable sur un matériau original. Toutefois, Fincher s’amuse manifestement à prendre tout son joli monde à contre-pied en proposant, plus qu’une redite, une véritable relecture d’un des plus grand best-sellers de la littérature policière. Et, mine de rien, c’est aussi ce que ce Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes risque d’être pour le thriller au cinéma : un incontournable.

  1. Les films originaux ayant été tournés en suédois, une langue fort peu avenante il faut bien l’avouer. []
  2. Chanteur et leader des groupes Nine Inch Nails et How To Destroy Angels. []

Le Rédacteur

Cédric Le Men
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Rédacteur en chef du magazine When you have to shoot, shoot, don't talk.

6 Commentaires


  1. avatar
     

    Changer du singulier au pluriel histoire de dire « bon quand même on change un truc, hein » ça me dépasse.




  2. avatar
     
    waxaca Flo

    La zik, oui, l’ambiance, double oui.
    Mais le reste, bof, vraiment bof.
    J’ai trouvé le rythme moins fluide et surtout les deux acteurs moins crédibles.
    Peut être parce que j’avais l’image des deux autres fortement ancrée, toujours est-il que j’ai trouvé …
    Craig : 1. pas beau (mais ça, c’est mon goût perso) 2. sans aucun charme(là, ça devient gênant pour son perso) 3. pas rassurant pour un sou (ce qui, dans mon idée, pouvait être ce que recherchait Lisbeth et que le précédent acteur avait)
    Rooney : pas charismatique, pas forte et juste crédible dans les scènes où on la sent faible.
    Après, j’avoue avoir eu du mal avec le fait de déjà connaître l’intrigue (surtout pour ce film) Je n’ai pas été stressée, à peine gênée.
    Je ne suis presque fait chier et sur les 3/4 des scènes, celles du film original me revenaient en comparaison …
    La déception de ce week-end… parce que j’aime Fincher, j’aimais l’original, j’aime Skarsgaard etc …




  3. avatar
     
    Guilhem

    Oui, c’est souvent le problème avec les remakes de films récents : on a souvent les images en tête et les comparaisons sont faciles.




  4. avatar
     
    Guilhem

    Okay vu. C’est un petit Fincher. Autant Zodiac était réellement impressionnant et on avait juste l’impression que le polar était renouvelé par un rythme de fou furieux et par une grande présence de l’acteur principal, autant son Millenium est juste passable.

    Effectivement, je rejoins pas mal Wax : Mara est moins intéressante que Rapace.
    J’avais des craintes à propos des scènes avec son contrôleur et effectivement, elles sont beaucoup moins impressionnantes que dans le film de 2009. On morflait pas mal avec Rapace et surtout, dans le premier, c’était une super héroine (autant qu’une survivante).

    J’ai surtout aussi beaucoup aimé l’ambiance froide et maussade du premier qu’on ne retrouve pas forcément ici. C’est un choix mais je crois pas que ça soit le bon.

    En fait, la chose qui m’a le plus surpris, c’est que Fincher ai fait le choix de mettre son action en Suède. Je pensais naïvement qu’il l’aurait transposé aux Etats-Unis où dans ce cas, son remake aurait peut-être bénéficier d’un éclairage, paradoxalement, plus original.

    Ah sinon, pourquoi autant de pub pour Mac ? Déjà, vu le prix des Mac par rapport aux PC, c’est cocasse. Et je pensais que tous les gros geeks et hacker de la terre se servaient de PC. On m’aurait donc menti :D




  5. avatar
     

    Vu également… Même sentiment que Dex et Wax : pour Mara, le subterfuge des sourcils décolorés ne fonctionne pas, impossible de surpasser la prestation de Naomi Rapace qui a une animalité que Rooney n’a pas.

    Surprise par le maintien du lieu… une histoire qui se passe en suède avec des suédois qui parlent anglais entre eux avec pluis ou moins l’accent scandinave, c’est du grand n’importe quoi. Quitte à faire un remake autant vraiment changer des choses (et pas que le titre). Certes c’est bien réalisé mais vraiment, ça n’apporte absolument rien à la version initiale. Du coup le fantôme qui exulte me semble bien exagéré.

    D’autant plus que comme déjà dit : les scènes de viol mettaient vraiment le malaise, la scène de vengeance aussi, là ça m’est passé au dessus, et c’est pas faute d’avoir pris un acteur très ressemblant. Le rendu est définitivement pas le même.




  6. avatar
     
    Guilhem

    Et en tout cas une chose est sûre, ça sera mieux, beaucoup mieux pour la suite de la trilogie étant donné les deux pauvres adaptation de téléfilms sortis sur grand écran pour surfer sur le succès du premier et de la saga.





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