Tucker & Dale Fightent le Mal d’Eli Craig
Les Plus:
Drôle, très divertissantLes Moins:
Allergiques au gore second degré s'abstenirDeux amis rednecks partent en vacances, dans leur cabane pourrie au fond des bois pour pêcher et profiter des joies simples de la vie. Malheureusement, ils sont pris à tort pour des péquenauds psychopathes façon Massacre à la Tronçonneuse par un groupe d’étudiants partis camper dans la forêt pendant le spring-break. Coproduction canado-américaine et premier film du réalisateur Eli Craig, malgré une adaptation épouvantable du titre (le titre original étant Tucker and Dale vs. Evil), ce renouvellement de la comédie d’horreur à l’humour avoisinant celui d’un Shaun of the Dead ou Dog House vaut le détour en  jouant avec les clichés des films d’horreurs classés série B…
Alan Tudyk et Tyler Labine, pour les cinéphiles, sont loins d’être des inconnus. Le premier s’est illustré dans la série Firefly et sa suite au cinéma Serenity, mais aussi I, Robot d’Alex Proyas, 3h10 pour Yuma de James Mangold, Transformers 3 de Michael Bay ou Dodgeball de Rawson Marshall Thurber. Le second, quant à lui, est apparu dans quelques épisodes de séries telles qu’X-Files et Dark Angel avant de rejoindre le casting de Boston Justice et Invasion. Au cinéma, il joue dans Get Carter de Stephen Kay, Antitrust de Peter Howitt, Zack & Miri tournent un porno de Kevin Smith ou La Planète des singes : Les Origines de Rupert Wyatt. Souvent cantonnés à d’honnêtes seconds rôles, les deux acteurs ne sont néanmoins pas franchement bankable, mais nous offrent pourtant une performance plus qu’honorable dans Tucker & Dale Fightent le Mal. Les stars de Firefly et de le Diable et Moi sont restées en arrière-plan pendant bien des années mais reviennent ici dans une comédie d’horreur intelligente, drôle et bien gaulée, qui amusera à n’en point douter les amateurs du genre.
C’est presque surprenant que ce type de scénario n’ait pas été exploité au cinéma avant, le genre de films à la Cabin Fever ou Détour Mortel qui jouent sur les peurs urbaines des rednecks vivant dans les bois dans une cabane insalubre, avec toujours ce running-gag des étudiants superficiels qui prennent le mauvais chemin et se retrouvent coincés dans un trou paumé des Etats-Unis. Sauf qu’ici, les jeunes prennent sciemment le chemin menant aux bois de tous les dangers. Tucker and Dale Fightent le Mal joue totalement sur ces archétypes, à savoir le rapport rat des villes/rat des champs et la sempiternelle peur des ados américains « civilisés » à l’égard des ploucs à surchemise bucheron vivant dans une cabane et pêchant sur une barque décrépite. Bien sûr, la plupart des gens vivant dans la forêt (car il en existe pas mal aux Etats-Unis) ne sont pas des tueurs psychopathes façon Jean-Paul Treiber malgré bon nombre de légendes urbaines qui fleurissent outre-Atlantique. En fait, Tucker et Dale sont des bons garçons simplets certes, mais gentils et normaux.
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Tucker & Dale Fightent le Mal – Bande-annonce
Le quiproquo qui met le feu aux poudres se déclenche lors d’une partie de pêche nocturne durant laquelle le duo de choc croise Allison (Katrina Bowden, remarquée dans 30 Rocks) en train de plonger dans le lac. Elle se cogne et manque de se noyer mais est secourue par Dale, à qui elle plait beaucoup. Il la ramène dans la cabane, laquelle, fraîchement achetée en l’état, n’a été ni rangée ni dépossédée des objets suspects et coupures de journaux flippants du précédent propriétaire, sans doute un tueur, laissant ainsi penser que les deux compères ne sont pas clairs.
S’en suit une série d’accidents mortels qui enfoncent un peu plus nos deux benêts. Si vous n’êtes pas amateurs du genre gore saupoudré d’humour intentionnel, ce film n’est pas pour vous. Si le ton employé rappelle celui des anglais Simon Pegg et Nick Frost (Shaun of the Dead, Hot Fuzz) ou de Jack Brooks : Monster Slayer de Jon Knautz, les références prennent leurs sources dans des films tels que Cabin Fever d’Eli Roth et autres sympathiques séries B telles que Butcher – La Légende de Victor Crowley de Adam Green. La force de Tucker & Dale Fightent le Mal réside dans l’amusement qu’il procure : on ne s’ennuie pas une seule seconde car les scènes s’enchaînent, plus improbables les unes que les autres, avec un petit côté Destination finale dans l’absurdité des suites de morts accidentelles, traitées avec tellement d’humour que ça n’en rend ce club des losers que plus attachant. Par conséquent, on se situe bien plus dans la comédie que dans le film d’horreur gore.
On peut penser que ce  film ne va pas forcément rencontrer le succès qu’il mérite dans les salles de cinéma1 mais trouvera potentiellement une seconde vie dans une DVDthèque, ce qui n’aurait pas forcément été le cas avec des acteurs plus populaires. Même si vous ne connaissez pas ce nouveau duo comique, Tucker & Dale Fightent le Mal reste tout de même un bon divertissement et se laisse regarder avec plaisir.
- La sortie en France est tardive, 4 mois après la sortie US, car le film est passé à deux doigts du « direct-to-dvd » [↩]
























































Je veux voir ce film !
Mobil risque de bien kiffer les références et autres clins d’oeil!
Et moi donc
Vu. Film sympathique. Manque un peu de rythme par moment. C’est bien dommage que le réalisateur ne s’amuse pas plus à reprendre des plans de films d’horreur pour bien appuyer sur l’inversement des rôles. Tucker et Dale est un peu moins abouti que Shaun of the Dead. Mais c’est effectivement pas mal chargé de références et d’humour.
Tucker & Dale Fightent le mal a cumulé plus de 120 386 entrées en France depuis sa sortie. Vu son nombre limité de copies et la concurrence, c’est vraiment pas mal.