War Games de Cosimo Alemà

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Posted 26 janvier 2012 by Guilhem in

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by Guilhem
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Sortie le 3 janvier 2012

Après Paintball, sorti en DVD en janvier 2010, voici donc le retour des sports de tir avec War Games : At the End of the Day, sobrement intitulé War Games pour la sortie DVD/Blu-Ray en France. Le titre n’a rien à voir avec le War Games cultissime de 1983 réalisé par John Badham. Et encore moins avec un hypothétique remake de ce dernier1. Toujours est-il qu’au contraire d’un Paint Ball cherchant autant à faire un bon slasher qu’à être au final un bon film de Série B (rendant hommage à Predator par certains cotés), ce War Games se révèle surtout être poussif, très clipesque et peu réaliste.

Un groupe d’amis se rend dans un parc national naturel pour passer la journée à jouer à l’air soft. Mais après la découverte d’un vieux bâtiment désaffecté, ils se rendent compte qu’ils ne sont plus seuls. À partir de ce moment là, ils sont traqués par trois ex-soldats. Vicieux, ces derniers, à coup de pièges autres traquenards, veulent les abattre un par un. Pour le groupe, le jeu de guerre est devenu une réalité, où ils seront forcés de se battre pour leur survie dans un cauchemar sanglant.

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War Games : At the End of the Day – Bande-annonce (VO) - 2010

Pour vendre un film, aujourd’hui et surtout dans la catégorie horreur, il devient indispensable d’indiquer qu’il est tiré d’une histoire vraie. Du bon vrai vécu pour appâter le chaland sur l’horreur des hommes dans toute leur splendeur et, en l’occurrence ici, de dangereux red necks qui s’en prendraient donc à une bande de jeune de la ville, venus sur un terrain abandonné s’adonner à une pratique de plus en plus en vogue aujourd’hui : l’air soft. Pour ceux qui ne connaîtraient pas et pour résumer, il s’agit ici d’un sport mêlant tactique, stratégie, armes de guerres répliquées à la perfection et immersion totale dans un environnement de combat. Le but est d’éliminer le joueur adverse à coup de billes en plastique et souvent d’atteindre un point, une destination. Une variante du GN et du Paintball donc, mais en faisant un peu moins mal que ce dernier.

War Games aurait pu être un film de genre nerveux, incisif et réaliste en diable. Au lieu de cela, nous avons droit à des acteurs pâles et à la limite du cabotinage permanent, à commencer par Stephanie Chapman-Baker qui fait passer son personnage pour une dangereuse cyclothymique, alternant période d’euphorie avec grand sourire et une profonde tristesse, sans que l’on ne sache toujours bien pourquoi. Le reste de l’équipe n’est pas mieux, avec des acteurs très mal dirigés. Même les dangereux psychopathes qui les pourchassent ne savent pas toujours comment se placer ni quoi dire. Pourtant, trois personnes ont écrit le scénario et le réalisateur italien a réalisé des dizaines et des dizaines de clips.

Mais cela ne suffit pas toujours pour faire le plongeon dans le monde du cinéma. À trop vouloir insister sur les émotions, le film en devient ridicule par moments. La tension n’est pas assez palpable, l’empathie avec les personnages principaux n’opère pas du tout. Et ce qui aurait pu être un bon message sur le factice et le réel, sur la fausse guerre pour une jeunesse en mal de sensations fortes et ceux qui la font pour de vrai ne fait aucunement écho. Le groupe supposé d’amis ne cherche ni à s’aider ni à jouer chacun pour soi. Nous sommes donc loin de ce que sait faire Neil Marshall à ce niveau avec The Descent ou encore Dog Soldiers. Nous sommes aussi loin de Severance qui jouait autant sur les codes de l’horreur que l’hommage au slasher pur jus2.

Dans War Games, nous avons surtout un réalisateur qui cherche à bosser de l’image au détriment de tous les codes du genre (et souvent, les bons). Si Paintball, avec un canevas similaire, jouait parfaitement son rôle en donnant quelques éléments intrigants3, le film de Cosimo Alemà se révèle surtout d’une banalité affligeante. La photographie trop léchée par moment, la musique en inadéquation totale avec l’esprit de l’époque (c’est censé se dérouler dans les années 1990 et on était loin d’écouter de la musique electro-lounge) et l’objet du film montrent  surtout une absence certaine de cinéphilie et d’expérience.

Ce qui est d’autant plus dommage car avec ce genre d’histoire, il est toujours possible de faire de bons films d’horreur. Ça sera peut-être pour une prochaine fois…

War Games (War Games : At the End of the Day) de Cosimo Alemà | Scénario de Cosimo Alemà, Romana Meggiolaro et Daniele Persica | Musique d’Anja Plaschg et Nico Vascellari | Photographie de Marco Bassano | Avec Stephanie Chapman-Baker, Sam Cohan, Valene Kane, Neil Linpow, Lutz Michael, Andrew Harwood Mills, Monika Mirga, Michael Schermi, Tom Stanley, Daniel Vivian | 2010 | Epouvante-Horreur et thriller | DVD et Blu-Ray Edité par Universal | Zone 2 | Audio : Anglais Dolby Digital 5.1 et Français Dolby Digital 5.1 | Vidéo : format 16/9 compatible 4/3, format cinéma respecté 1.85, format DVD-9, Film en Couleurs | Supplément : Commentaires audio de Cosimo Alemà  et Galerie de photos | Crédit photographique : Universal et KSM

  1. Même s’il en est prévu un en 2012, sous la houlette de l’acteur Seth Gordon. []
  2. On pourrait citer, dans ce créneau, Les Proies (El Rey de la Montaña en version originale) qui présentait aussi quelques originalités. []
  3. La scène finale avec les personnes qui assistent au massacre des jeunes joueurs était particulièrement marquante pour un film de ce calibre. []

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Guilhem
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