Detachment de Tony Kaye

6
Posted 1 février 2012 by Djool in Drame

Rating

Réalisation
90%


Casting
95%


Scénario
90%


Photo
80%


Musique
85%


Intérêt
99%


Total Score
90%


Genre:
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario:
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 97 minutes
 
Crédit photographique: Pretty Pictures
 

Les Plus:

Très émouvant, Brody à son meilleur depuis Le Pianiste
 

Les Moins:

Rien à redire
 
by Djool
Full Article

Le réalisateur Tony Kaye (American History X, Lake of Fire) dépeint l’expérience difficile d’un professeur de remplacement dans un collège public américain. Le traitement du film, la force des acteurs et le réalisme des situations font de ce film un véritable pamphlet à l’encontre des responsables de la politique américaine en matière d’éducation.

Henry Barthes est un professeur totalement désillusionné qui, navigant entre ses problèmes personnels et ceux des autres, en oublie de vivre sa propre vie. Detachment relate des faits se déroulant dans un collège public qui part complètement en vrille et dont la principale est sur le point d’être déboutée tant les résultats sont médiocres ; car il faut bien le dire, rares sont les élèves qui s’intéressent un tant soit peu à ce que leurs professeurs, démissionnaires pour la plupart, tentent de leur inculquer. Chacun sa méthode pour ne pas sombrer dans la dépression : certains profs prennent des cachets… Henry lui, choisit de mettre un mur entre ses émotions et ses élèves, mais la tâche s’avère bien plus difficile qu’il n’y parait.

Pourtant cela paye, certains cas qui semblaient désespérés réagissent positivement à l’attitude stoïque d’Henry, en particulier une élève : Meredith1, une jeune fille ronde et fragile qui fait preuve de talent pour la photo en développant des clichés qui finissent en montages morbides. Seulement, non-content de se jeter corps et âme dans l’enseignement, Henry doit aussi s’occuper de son grand-père dément et d’une prostituée adolescente complètement livrée à elle-même qu’il rencontre dans la rue, et qu’il décide de prendre sous son aile.

Cela fait bien un demi-siècle que certains films dénoncent le système éducatif public (en particulier celui des Etats-Unis), qui ne fait qu’empirer de décennie en décennie. De The Blackboard à Esprits Rebelles en passant par The Substitute ou 187 Code meurtre, bon nombre de réalisateurs expriment leur exaspération à travers des longs-métrages plus ou moins aboutis. Même en France, François Begaudeau avait rencontré un vif succès avec Entre Les Murs, primé à Cannes en 2008. Ici, Detachment se concentre aussi bien sur le malaise ressenti par les professeurs que sur le mal-être de certains élèves.

Comme d’habitude le cinéaste engagé Tony Kaye injecte des effets de style aussi bien visuels — flashbacks sépia de l’enfance d’Henry — que dans la narration du personnage. On est d’ailleurs dans un mélange fiction/réalité puisque le film démarre sur des interviews réelles de professeurs décrivant leur expérience dans le public. L’autre point fort du film réside dans les interactions entre les élèves et les professeurs, violentes, exaspérantes, choquantes.

Adrien Brody livre ici sa meilleure performance depuis Le Pianiste, mais les seconds rôles ne sont pas en reste avec un James Caan en vieux prof désabusé à qui on ne la fait plus, Christina Hendricks qui a un coup de cœur pour Henry, Lucy Liu en conseillère d’orientation et Tim Blake Nelson en prof dépressif sur le point de péter un câble. Les rôles tenus par les plus jeunes membres du casting sont également de haute volée, les spectateurs les plus sensibles risquent même d’y laisser quelques larmes. Les détracteurs accuseront certainement Tony Kaye de faire dans le sensationnalisme, mais rares sont les réalisateurs qui arrivent à secouer le public comme il le fait, et c’est là la grande réussite de Detachment.

  1. Interprétée par Betty Kaye, la fille du réalisateur. []

Le Rédacteur

Djool
avatar

Rédactrice Cinéma et DVD Je cherche encore une citation à mi-chemin entre Emmanuel Kant et Didier Gustin. • Bio : Née dans le 91, a grandi dans le 94, habite désormais dans le 93, parce que Paris ça pue le hispter et la pute à frange (que j'ai été, mais c'est parce que j'y habitais). Ancienne martyr moche à l'école/collège/lycée, j'ai commencé à être bonne à la fac, mais bizarrement, c'est à partir de ce moment que mes notes ont commencé à baisser. • Réalisateurs préférés : Paul Verhoven, Alfred Hitchcock, Les frères Coen, David Cronenberg, David Lynch, Stanley Kubrick, Michel Gondry, Alain Resnais, Michael Haneke, Nicolas Winding Refn • Films préférés : La Nuit Du Chasseur, Psychose, Funny Games, Vertigo, The Eternal Sunshine Of The Spotless Mind, Blindness, Drive, Tetro, Precious, Le Père Noël Est Une Ordure, Smoking/ No Smoking. • Musique préférée : Electro - Rock - Indie - Slam Ghanéen.

6 Commentaires


  1. avatar
     
    Guilhem

    Hum, ce film n’est pas projetté par chez moi… Ce qui est évidemment, étonnant… C’est beaucoup mieux La vérité si je mens 3.




  2. avatar
     

    il est trop classe l’adrian brody en costard !




  3. avatar
     

    Petite précision : Bryan Cranston est annoncé au casting comme étant un second rôle, pour ma part je préciserais qu’il n’apparait que quelques secondes dans le film.

    Marrant de voir que Kaye mette Christina Hendricks et Bryan Cranston déjà présents dans Drive de Refn, comme si annoncer ces stars de Mad Men et Breaking Bad rendait le film plus bankable.




  4. avatar
     
    _lila*

    Ça m’a l’air très intéressant, j’aime bien ce genre de film à la base je crois.
    Puis Adrien Brody dans ce genre de rôle, ça doit être sympa.
    Il ne passe pas non plus dans les gros cinémas de chez moi, mais plutôt dans les cinémas d’art et d’essais par contre.




  5. avatar
     
    wax

    Vu cet aprem … j’étais partie à l’un des deux cinés « art et essais » de Nice pour Sport de fille. Précision, je n’aime pas les chevaux ni Balasko qui parle allemand, mais Bruno Ganz… mon ange préféré.
    Enfin bon, pour avoir raté la séance du matin pour cause de neige je devais attendre 15h50 et quoi de mieux que de voir un film avec le très beau Adrien Brody, dont j’avais vu la bande-annonce tout juste hier. Me voila donc embarquée pour ce film sans trop d’infos (ce qui est rare) et en bonus, en VO.
    J’ai découvert avec plaisir tous les seconds rôles au générique, pendant les témoignages de mes collègues. (eh, oui, je suis instit)
    J’ai retrouvé la subtilité, la finesse, la fragilité et la beauté d’Adrien Brody (comment ça, pas partiale, moi ? ;)
    J’ai découvert une folie, une force, presque une violence que je ne l’aurais pas senti pouvoir jouer. Et pourtant, si, ça marche. Il m’a mm fait peur.
    J’ai ressenti … plein de choses, comme AHX : on prend en plein le thème de société (surtout moi, aux premières loges) mais ce qui scotche, ce sont les histoires individuelles, qui se découvrent petit à petit.
    Mes larmes ont coulé, peu, mais à de nombreuses reprises. Et ça ne m’a pas dérangée : les scènes difficiles n’étaient pas là, artificiellement, avec le violon pour faire pleurer dans les chaumières. Elles illustraient naturellement le propos : la difficulté de faire un métier « basé sur l’humain » en restant soi-même humain. Les situations sont assez convenues, voire prévisibles, mais je trouve qu’en cela, ce film est vraiment fidèle à la vie.
    Pour moi, ce ne devraient pas être « les plus sensibles » à qui échappent une larme, mais j’espère que beaucoup seront touchés et je verrai en cela le signe d’une empathie, souvent perdue. A trop regarder « la vérité si je mens » ? ;)
    A noter que l’artiste du film, Mérédith, est la fille du réal. Et qu’elle et son opposée féminin, Erica, me semblent promises à un bel avenir…

    Bref, j’ai beaucoup aimé ce film. :) Ca faisait longtemps…c’était bon.





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