21 grammes d’Alejandro Gonzales Inarritu

6
Posted 16 juillet 2007 by Dextarian in Drame

Rating

Réalisation
90%


Casting
90%


Scénario
90%


Photo
90%


Musique
90%


Intérêt
90%


Total Score
90%


Genre:
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario:
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 124 minutes
 
Titre original: 21 Grams
 
Crédit photographique: ARP Sélection
 
by Dextarian
Full Article

Certains films touchent plus que d’autres et ce film en est un bien bel exemple. Dès le titre, le ton est donné: 21 Grammes, le poids de l’âme. Voilà, un sujet excitant qui aurait pu produire les fantasmes les plus fous sur la plupart des spectateurs. En effet, un film traitant de ce genre de « mythe » fait immanquablement penser à une histoire fantastique, crédité d’effets spéciaux en tout genre. Et pourtant, il n’en est rien. C’est même tout le contraire. C’est une histoire simple, je dirais même banale. Une histoire simple mais tragique, portée par le regard désenchanté d’un cinéaste en vogue Alejandro Gonzalés Inarritu (à qui l’on doit entre autre Amours Chiennes et une séquence du film 11’09 »01).


L’histoire tourne autour de trois personnes dont on suit les destins qui tendent à s’entremêler. L’un est un professeur de mathématique (Sean Penn) marié à une immigrée anglaise ( jouée par Charlotte Gainsbourg, que l’on retrouve dans un rôle un peu « vache »). Ce professeur attend d’ailleurs une greffe de cœur pour continuer à vivre (sans cela, ses espoirs de vie sont réduits à un mois, maximum). L’autre est une femme au foyer (la très belle Naomi Watts) qui mène une vie tranquille auprès de son mari aimant et de ses ravissantes petites filles. Le dernier est un ancien détenu repenti (Benicio Del Toro) qui a retrouvé la foi grâce à Dieu et qui réussi à se reconstruire petit à petit et à mener une existence un peu plus calme et sereine qu’auparavant Mais tout ce petit monde va voler en éclat. Un accident va les rapprocher soudain et en va bouleverser les édifices (qui semblent bien fragiles si l’on regarde de plus près), qu’ils avaient réussi à ériger. A partir de là, tout va basculer. Les uns et les autres vont se rencontrer, s’aimer, se haïr, se tuer et vivre, revivre.

21 grammes est bouleversant. Le réalisateur, encore peu connu, malgré Amours chiennes, mexicain, qui a un don, comme Chris Nolan, comme Quentin Tarantino pour la réalisation et la déconstruction d’un film (l’un a réalisé Memento et l’autre Pulp Fiction). En effet, ce film a la particularité de n’être pas linéaire. Tout est déconstruit. On passe d’une chambre d’hôpital à un terrain vague, on passe d’une scène de joie à une scène de tristesse à une scène d’amour. Les 20 premières minutes du film, on est complètement perdu, on cherche son histoire, on cherche son chemin à travers les plans et le grain « réaliste » qu’utilise le metteur en scène pour tenir le spectateur en haleine.

Toujours très difficile de dire pourquoi un film vous marque ce film m’a marqué. Mais dans 21 grammes , c’est bon de voir des acteurs qui jouent juste, que c’est bon une histoire simple portée par tant d’émotion, que c’est bon de pleurer avec Naomi sur les malheurs qui lui arrive. Cette actrice est tout simplement une actrice, une vraie. Loin de la plupart de ses consœurs qui se cantonnent dans des rôles poussifs et sans saveur, sans charme. Cette fille a un talent incroyable, qui dépasse le l’entendement.

Et que dire de Sean Penn, dont la rencontre avec le réalisateur date du leurs collaborations sur le film documentaire du 11 septembre. Lui, si fougueux, si passionné, arrive à se contenir ici, pour nous servir une prestation magistrale, d’un homme simple qui aimerait mourir plutôt que de mal vivre (dont la greffe du cœur symbolise à mon avis ce paradoxe). Il est dans son élément ici, mi-désabusé, mi-mélancolique

Nous terminerons par Benicio Del Toro qui, comme les deux autres acteurs de ce drame, fait partie de cette race de comédiens qui jouent justes et qui arrivent à faire passer les émotions et les tourments du personnage. Sa tentative de rédemption et sa quête du « juste », sa croyance envers Dieu frise la folie, mais aussi et surtout le majestueux. On est en plein dans son cauchemar et on ressent comme lui, les souffrances. Le « Brad Pitt à cernes » a encore de beaux jours devant lui.


Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

6 Commentaires



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